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La fin du calvaire pour une icône, Alberto Patishtán qui a été libéré
Publié: 01/11/2013
Source: Alain Figadere

alberto_patishtan_0Ce défenseur des pauvres et des analphabètes, défenseur également des peuples indigènes, professeur de l’ethnie Tzotzil, a été gracié jeudi 31 octobre et libéré sur le champ. Une information bien entendu reprise par toute la presse mexicaine.

El Universal revient sur son histoire. Condamné à 60 ans de prison en 2000 pour avoir tué sept policiers chargés d’escorter le maire de son village dans l’Etat du Chiapas, Alberto Patishtán était un membre très actif d’EZLN, l’armée zapatiste de libération nationale.

Lors de son procès, entaché d’irrégularités flagrantes, la cour avait refusé d’entendre des témoins qui confirmaient pourtant qu’Alberto Patishtán participait à une réunion publique à 50 kilomètres du lieu du crime au moment des faits. Finalement, après 13 ans de détention, il a pu retrouver les siens.

Cette icône a été graciée par le président mexicain. Enrique Peña Nieto a dû faire adopter par le Congrès une réforme du code pénal pour que le chef de l’Etat ait le droit de gracier n’importe quel délit, si la personne condamnée a subi des violations graves de ses droits humains. Alberto Patishtán a donc bénéficié de cette réforme. Mais cela ne signifie pas qu’il est innocent.

D’ailleurs, il n’y aura pas de procès en révision. C’est ce qu’explique El Excelsior dans son éditorial du jour. « Ce qui s’est passé ne doit pas cacher les erreurs de la justice de notre pays.[…] il existe tant d’exemples qui démontrent que notre justice est à même de condamner des innocents ».

Une justice qui condamne donc des innocents ou alors qui ne recherche pas les responsables, comme par exemple dans l’affaire de l’incendie de la crèche ABC. Quarante-neuf enfants sont morts brûlés et soixante-seize autres blessés. Et depuis 2009, rappelle l’éditorialiste, les familles des enfants décédés cherchent désespérément une réponse de la justice. Mais, à chaque fois qu’ils se mobilisent, ils trouvent face à eux porte close. C’était encore le cas hier, selon El Excelsior. Et l’éditorialiste de conclure qu’il n’est pas normal que « lorsque l’on parle de pouvoir judiciaire au Mexique, c’est pour souligner l’absence absolue de ce qu’on est en droit d’attendre : la justice ».

Source – www.rfi.fr

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