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Dossier – La styliste Isabel Marant au centre d’une polémique avec le Mexique
Publié: 15/12/2015
Source: Revue de Presse

plagiat_marrantL’étrange affaire des brodeuses mexicaines furieuses contre des marques françaises qui ont reproduit leurs motifs traditionnels peut faire sourire, mais l’affaire agite toujours les réseaux sociaux mexicains et pose la question de l’appartenance du patrimoine culturel.

La page Facebook de la styliste française Isabel Marant s’est couverte d’insultes en espagnol ou en français approximatif de style Google Translate. Dans une actualité sanglante, en novembre, un épisode virulent de French bashing s’est déclaré au Mexique, à l’encontre de stylistes de mode.

Il est passé inaperçu, mais les artisans et habitants d’un lieu particulièrement n’en démordent pas depuis juin dernier :  »l’inspiration » de deux stylistes françaises est désormais vue comme un « plagiat ».

Au printemps dernier, les hostilités s’étaient ouvertes par une accusation de plagiat du maire d’une commune mexicaine, Santa Maria Tlahuitoltepec, où vivent des Mixe, une communauté autochtone dont les broderies ancestrales et les tissages sont célèbres pour leurs couleurs et richesse.

Par le hasard d’Internet, elle avait découvert que l’un de ses fameux corsages brodés, vendu trente dollars US sur place, avait une version luxe à plusieurs centaines d’euros à Paris. Tollé sur les réseaux sociaux mexicains et dans toutes les blogosphères, nombreuses, qui s’intéressent et défendent les droits des minorités.

« Marant t’est une plagiare, voleur des traditions textiles at Oaxaca (sur du Mexique) voleur et mille fois voleur et usurpeur. Patenter des ancients design textiles qui ne sont a toi! Mille fois voleur!« 

#miblusadetlahui  (mon corsage de Tlahui), le hashtag des protestataires, s’est orné de photos de Mexicaines portant le fameux corsage et des messages hostiles envers la mode française. Mais l’affaire ne s’en est pas arrêtée là.

Un site mexicain est revenu à la charge cet automne, en affirmant qu’une autre marque, Antik Batik, ainsi que Isabel Marrant, avait cherché à breveter un modèle à broderies en tant que création originale. Regain d’indignation, et de tweets, la rumeur courant que les brodeuses et la commune devraient désormais payer des royalties à des maisons françaises pour continuer à produire des créations textiles existant depuis  plusieurs centaines d’années.

Des pétitions ont vu le jour, dont l’une comporte 150 000 signatures. Tout post sur Facebook mentionnant l’affaire peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de commentaires. Une fierté nationale est devenue venimeuse, et ce, sans vérifications ou fondement.

Lire la suite du dossier sur www.atlantico.fr

One Response to Dossier – La styliste Isabel Marant au centre d’une polémique avec le Mexique

  1. LEONOR dit :

    et Pineda y Covalín? Ils font la même chose et personne n’y dit rien!