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Mexico – Nouvelle manifestation pour les 43 étudiants disparus (Video)
Publié: 28/12/2015
Source: Le Grand Journal

reuters manifestation mexico

Les familles des ‘‘disparus d’Iguala” sont à nouveau descendues dans les rues de Mexico City samedi 26 décembre pour réclamer la vérité sur le sort de leurs proches.

En septembre 2014, 43 élèves-enseignants avaient disparu à Iguala, dans l’Etat du Guerrrero. Selon la version officielle, ils auraient été livrés par la police locale à un cartel de la drogue qui les aurait tués et incinérés dans une décharge.

Article du 9 octobre 2014 – Manifestations monstres après la disparition des 43 étudiants

Des dizaines de milliers de Mexicains ont manifesté mercredi pour exiger des autorités qu’elles retrouvent les 43 étudiants disparus à la suite à des attaques de la police et d’une bande criminelle, et se solidariser avec leurs familles, dont certaines ont défilé dans la capitale en tête du cortège.

«Vous n’êtes pas seuls», entendait-on dans les rues au passage des parents, défilant les larmes aux yeux, et protégés par un cordon d’étudiants.

Les familles ont voyagé vers la capitale depuis la ville d’Iguala, à 200 km de là et où les jeunes disparus sont recherchés depuis douze jours, avec la crainte croissante qu’ils aient été assassinés et enterrés dans des fosses clandestines. «Nous sommes venus exiger justice et que nos camarades reviennent vivants», a dit un des élèves de l’École normale rurale d’Ayotzinapa, où étudiaient les disparus, tous âgés de 17 à 21 ans.

D’autres manifestations de solidarité ont eu lieu dans plusieurs villes du pays depuis Acapulco jusqu’à San Cristobal de las Casas. Dans cette ville coloniale du Chiapas, à population majoritairement indigène, des milliers de membres de la guérilla de l’Armée zapatiste de libération sont descendus des montagnes, sans arme, le visage caché par leurs caractéristiques passe-montagne noirs sur le visage.

«Votre colère est aussi la nôtre», pouvait-on lire sur une de leurs pancartes

0910-Mexique_0La manifestation a été massive à Chilpancingo, capitale de l’État de Guerrero, où plus de 20 000 personnes ont manifesté avec des camarades des étudiants disparus.

Le gouvernement mexicain est confronté à une pression croissante pour que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Iguala où 43 étudiants ont disparu le 26 septembre après avoir été attaqués avec des armes à feu par des policiers municipaux et des narcotrafiquants. Le gouvernement est également critiqué pour ne pas avoir agi plus tôt, alors qu’il aurait eu connaissance des liens du maire d’Iguala avec les criminels du groupe des Guerreros Unidos.

Des centaines de miliciens d’autodéfense ont entamé mercredi, parallèlement aux forces de sécurité fédérales, leurs propres recherches. «Nous allons trouver les jeunes, vivants ou morts», a assuré un des commandants du groupe, identifié sous le nom de Moises. «Si des criminels attaquent nos camarades, nous sommes préparés», a déclaré à la presse Ernesto Gallardo, coordinateur de l’Union des peuples et organisations de l’Etat de Guerrero.

Cette organisation a décidé d’entreprendre ses propres recherches, à la demande, selon elle, de parents de disparus qui ne font pas confiance aux forces fédérales. Quelque 500 miliciens sont arrivés mercredi matin dans la zone des fosses clandestines où ont déjà été découverts 28 corps, en cours d’identification.

Bien que deux criminels présumés ont avoué avoir tué 17 des étudiants trouvés dans les fosses, les familles refusent de croire à la mort des jeunes et continuent d’affirmer qu’ils sont aux mains de policiers locaux en fuite.

Les États-Unis, l’ONU et l’Organisation des États américains (OEA) ont appelé le gouvernement mexicain à faire toute la lumière sur ces disparitions. José Miguel Vivanco, directeur de Human Rights Watch pour les Amériques a estimé que cette affaire constituait «une grave crise des droits de l’homme» devant laquelle le gouvernement mexicain n’avait fait que des «avancées limitées».

Les causes de l’attaque violente contre des étudiants venus manifester et récolter des fonds à Iguala ne sont pas élucidées. Mais l’indignation est montée d’un cran au Mexique après la diffusion d’informations sur les liens entre le maire d’Iguala, José Luis Abarca, membre du Parti de la révolution démocratique. et les narcotrafiquants de Guerreros Unidos, groupe local issu du cartel Beltran Leyva.

Le maire, disparu depuis plusieurs jours et recherché par la police, est considéré comme fugitif. Selon un rapport du renseignement mexicain publié dans la presse, l’épouse du maire, Maria de los Angeles Pineda, a ordonné aux forces de sécurité de la ville d’agir contre les étudiants, craignant qu’ils n’interrompent un discours qu’elle avait prévu de prononcer le 26 septembre.

Deux frères de Mme Pineda figuraient en 2009 parmi les narcotrafiquants les plus recherchés du pays, en tant que chefs locaux du cartel des Beltran Leyva.

Aticle du 7 octobre 2014 – Disparition des étudiants d’Iguala, un scandale d’état

seguridad_ayotzinapa_js2Le président mexicain Enrique Peña Nieto a assuré lundi que les responsables de l’enlèvement de 43 étudiants le 26 septembre à Iguala seraient châtiés, tandis que les familles demandent que tout soit fait pour les retrouver vivants.

«Dans l’Etat de droit il n’y a pas la moindre place (…) pour l’impunité», a déclaré lundi Enrique Peña Nieto dans un message diffusé en direct à la télévision depuis le palais présidentiel.

Iñaky Blanco, procureur de l’Etat du Guerrero, avait annoncé la veille que deux membres présumés d’un cartel criminel, alliés à la police locale, avaient avoué ont avoir tué 17 des étudiants disparus. Il avait également indiqué que 28 corps avaient été retrouvés près de la ville d’Iguala, dans l’Etat de Guerrero, au sud du Mexique.

Ces faits sont «révoltants, douloureux et inacceptables», a ajouté M. Peña Nieto, assurant de sa pleine collaboration pour résoudre cette affaire. «Je regrette tout particulièrement la violence qui a été employée et surtout le fait qu’il s’agisse de jeunes étudiants».

S’il se confirmait que les corps trouvés sont ceux des étudiants disparus, il s’agirait de l’un des pires massacres au Mexique depuis le début de la guerre lancée en 2006 contre les narcotrafiquants et qui a fait plus de 80.000 morts.

– Pour leur parents, les étudiants sont en vie –

Les parents et les proches des disparus continuent de les croire vivants. «Nous n’allons pas croire que ce sont nos enfants», a affirmé lundi Manuel Martinez, porte-parole du comité des parents, à propos des corps retrouvés dans des fosses, lors d’une conférence de presse donnée à l’intérieur de l’école normale d’Ayotzinapa, d’où venaient les étudiants disparus.

La participation du gouvernement fédéral à l’enquête «n’est pas une faveur, c’est une obligation de nous rendre nos enfants en vie le plus tôt possible», a dit de son côté la mère d’un des disparus.

Ces élèves-enseignants d’Ayotzinapa, école connue pour être un foyer de contestation, étaient venus le 26 septembre avec des dizaines d’autres du même établissement à Iguala, à 100 km de distance, pour, selon leurs dires, récolter des fonds et manifester. Ils s’étaient ensuite emparés de trois autobus des transports publics locaux pour rentrer chez eux.

Des policiers municipaux et des hommes armés non identifiés avaient tiré sur ces autobus, faisant trois morts, et d’autres fusillades dans la soirée avaient fait trois autres morts.

Des témoins ont assuré avoir vu des dizaines d’étudiants être emmenés peu après dans des voitures de police vers une destination inconnue.

Les tueurs auraient fait descendre les étudiants d’un autobus, «se sont emparés de 17 d’entre eux pour les transférer vers les hauteurs d’une colline de Pueblo Viejo (commune d’Iguala), où ils ont des fosses clandestines et où ils disent les avoir abattus», a déclaré le procureur de Guerrero.

– Corps calcinés –

Dans ces fosses découvertes samedi, les autorités ont exhumé jusqu’à présent «28 corps au total, certains complets, d’autres fragmentés et présentant des signes de calcination», a-t-il ajouté.

«Dans les fosses localisées à Pueblo Viejo, ont été mis en place une couche de branches et des troncs sur lesquels ont été placés les corps des victimes, qu’ils ont arrosés d’une substance inflammable», a-t-il détaillé.

M. Blanco a demandé que l’on attende les résultats des tests génétiques pour confirmer qu’il y a parmi eux certains des étudiants disparus.

Des spécialistes argentins vont participer aux travaux d’identification des cadavres. Des représentants des étudiants de l’école normale ont accepté de participer aux travaux.

Dans la journée de dimanche, un avocat des familles, Vidulfo Rosales, avait indiqué que 35 parents des disparus avaient déjà fourni des échantillons d’ADN.

Mais ce travail risque de durer: «Les spécialistes considèrent que le processus pour déterminer l’identité» des cadavres «va osciller entre 15 jours et deux mois», a souligné le procureur.

Article du 5 octobre 2014 – 21 cadavres trouvés près du lieu de la disparition des étudiants

fosa-igualaAu moins 21 cadavres, dont certains calcinés, ont été exhumés jusqu’à présent des fosses clandestines trouvées près du lieu de disparition de 43 étudiants le 26 septembre, a indiqué dimanche un responsable régional de l’Etat mexicain de Guerrero.

Questionné par l’AFP sur le nombre de corps trouvés près de la ville d’Iguala, le ministre de la Santé de Guerrero, Lazaro Mazon, a répondu « 21 » dont « certains calcinés ».

Les fosses ont été trouvées samedi grâce aux témoignages de certaines des 30 personnes arrêtées dans cette affaire, dont 22 policiers municipaux et des présumés membres d’un cartel local de narcotrafiquants.

Les autorités les soupçonnent d’avoir agi en commun il y a plus d’une semaine en tirant sur des autobus et d’autres véhicules à Iguala, avec un bilan de 6 morts et 25 blessés.

Après ces fusillades, 43 étudiants avaient été portés disparus. Des témoins ont assuré avoir vu des dizaines d’étudiants être emmenés peu après dans des voitures de police vers une destination inconnue.

Les autorités ont demandé du temps pour effectuer les test génétiques permettant de confirmer si, parmi les cadavres trouvés dans les fosses, figurent certains des étudiants disparus.

Article du samedi 4 octobre 2014

Des cadavres ont été retrouvés samedi dans des fosses, près d’Iguala, au Mexique, où 43 étudiants ont disparu il y a une semaine. Une enquête à été ouverte par la police mexicaine.

« Vers midi aujourd’hui ont été découvertes des fosses clandestines à l’intérieur desquelles on a trouvé des restes humains, près d’une colline » a indiqué le procureur de l’Etat de Guerrero, Iñaky Blanco, lors d’une conférence de presse.

Le procureur n’a pas précisé le nombre de cadavres trouvés et il a souligné qu’il ne confirmerait pas si des étudiants disparus étaient parmi eux tant que les tests génétiques n’auraient pas été effectués par les experts fédéraux dépêchés sur les lieux. « Le moment venu, nous vous ferons connaître le résultat de l’enquête et (nous vous dirons) s’il existe ou non un rapport direct avec l’un des profils » des étudiants, a-t-il dit.

M. Blanco a indiqué que la découverte des fosses avait été rendue possible par les déclarations de plusieurs des 30 personnes arrêtés dans cette affaire, dont des policiers municipaux et des membres supposés du crime organisé accusés d’avoir participé le 26 septembre à la fusillade qui a fait 6 morts et 25 blessés à Iguala, une ville de 140.000 habitants située à 200 km au sud de Mexico.

Des dizaines de policiers, de militaires et d’experts ont été dépêchés sur la zone où ont été trouvées les fosses, a constaté l’AFP. Mais l’accès a été fermé aux médias à plusieurs kilomètres de distance des fosses situées dans un zone escarpée et difficile d’accès.

Implication du crime organisé

Le procureur Blanco a affirmé samedi qu’il pouvait d’ores et déjà confirmer la participation à cette affaire d’un groupe criminel nommé « Guerreros Unidos », « dont plusieurs éléments de la police font partie ».

Les 43 jeunes portés disparus depuis le 26 septembre sont des élèves d’une école normale proche de Chilpancingo, capitale de l’Etat de Guerrero. Ces étudiants étaient venus le 26 septembre avec des dizaines d’autres de la même école à Iguala, à 100 km environ de leur école pour, selon leurs dires, récolter des fonds et manifester. Ils s’étaient ensuite emparés de trois autobus de transport public locaux pour revenir chez eux.

Des policiers municipaux et des hommes armés non identifiés avaient tiré sur ces autobus, faisant trois morts, et d’autres fusillades dans la soirée avaient fait trois autres morts. Ces agents et ces hommes armés dont les autorités sont maintenant convaincues qu’ils appartiennent au crime organisé avaient, selon un étudiant interrogé par l’AFP, emmené des dizaines d’étudiants dans des voitures de police vers une destination inconnue. Cette situation a, dès le début, faire craindre que ces étudiants aient été livrés à un groupe criminel, dans un pays où plus de 80.000 personnes ont trouvé la mort dans des faits liés au crime organisé depuis 2006.

« Extrême gravité »

Un mandat d’arrêt a aussi été lancé contre le maire d’Iguala, Jose Luis Albarca, et son responsable de la sécurité pour leur possible implication dans les violences. Ils sont maintenant recherchés par la police et considérés comme fugitifs. Comme le reste de l’Etat de Guerrero, Iguala est une zone d’intense activité des narcotrafiquants. Cette année, on y a déjà découvert une trentaine de cadavres dans plusieurs fosses clandestines.

La représentation de l’ONU au Mexique a jugé que cette affaire était d’une « extrême gravité » et se situait « parmi les événements les plus terribles des temps récents ».

Source – Agences