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Elections locales au Mexique – Le PRI mis en défaut ! Le PAN revient en force !
Publié: 06/06/2016
Source: Revue de Presse

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Le parti au pouvoir au Mexique semble avoir subi une raclée lors des scrutins organisés dimanche pour élire les nouveaux gouverneurs de 12 États, selon un décompte préliminaire dévoilé lundi.

Frappé par des scandales de corruption, la violence et la faiblesse de l’économie, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir a mordu la poussière dans quatre États où il n’avait jamais été battu, y compris dans le Tamaulipas, dans le nord du pays, le long de la frontière avec le Texas.

Le PRI a aussi été battu dans le Veracruz, un État de huit millions d’habitants qui est le troisième plus peuplé du pays, et dans le Quintana Roo, où se trouve la station balnéaire de Cancun.

En début de journée dimanche, le PRI contrôlait neuf des 12 États où un nouveau gouverneur était élu. Les résultats préliminaires ne lui accordent toutefois la victoire qu’en cinq endroits, ce qui témoigne de gains importants de la part du Parti de l’action nationale (PAN).

Le PAN semble ainsi avoir remporté les États du Chihuahua et du Tamaulipas, qui longent les États-Unis, et d’Aguascalientes et de Puebla, dans le centre du pays.

Une coalition étrange entre le PAN et une formation de gauche, le Parti de la révolution démocratique (PRD), aurait été portée au pouvoir dans trois États: Durango, Quintana Roo et Veracruz.

«Nous sommes de retour!», a lancé le leader national du PAN, Ricardo Anaya Cortes, en référence à la performance médiocre de sa formation depuis qu’elle a perdu la présidence en 2012.

Le nombre d’États que chaque parti contrôle en 2018 aura un impact déterminant sur les ressources dont il disposera et sur le nombre de votes qu’il pourra mobiliser en vue de l’élection présidentielle.

La popularité du président Enrique Pena Nieto est à son plus bas, notamment en raison des cartels de narcotrafiquants qui continuent à sévir et d’un manque possible de détermination à lutter contre la corruption.

Le PRI semble avoir fait élire son candidat au poste de gouverneur dans cinq États: Sinaloa, Hidalgo, Tlaxcala, Zacatecas et Oaxaca. Il s’agit toutefois de victoires peu convaincantes; dans trois États, le parti n’a reçu que 30 ou 40 pour cent des votes.

Le PRD n’a remporté aucun État seul, tandis que Morena, une nouvelle formation, a fait sentir sa présence.

Les autorités gouvernementales et politiques mexicaines ont rapporté plusieurs incidents violents un peu partout au pays, dimanche.

Dans l’État de Veracruz, l’alliance de deux partis qui appuie le candidat de l’opposition a dénoncé les multiples attaques à l’encontre de membres de sa formation dans sept municipalités. Des véhicules ont notamment été incendiés et des bonbonnes de gaz lancées aux bureaux d’un parti dans la capitale, Xalapa.

Le chef du PAN dans l’État de Veracruz, José Mancha Alarcon, a rapporté que des assaillants étaient entrés dans le domicile du maire de la municipalité d’Acajete pour y mettre le feu.

Dans la localité d’Emiliano Zapata, près de Xalapa, une tête décapitée a été laissée dans un parc situé à quelques pas seulement d’un bureau de vote.

Le ministre de la Sécurité publique de l’État de Veracruz, Arturo Bermudez, a confirmé que le chauffeur d’un parlementaire de la région avait été enlevé. Ce dernier fait partie de la coalition d’opposition dans l’État.

Plusieurs citoyens de Veracruz ont par ailleurs reçu des messages textes menaçants sur leurs téléphones cellulaires pour les dissuader d’aller voter.

Dans l’État du Sinaloa, situé sur la côte Pacifique, des assaillants munis de bâtons et de pierres ont endommagé des autobus transportant du matériel électoral, selon le quotidien national «El Universal».

Des manifestants dans l’État d’Oaxaca ont brûlé des bulletins de vote et tenté d’empêcher l’ouverture de bureaux de scrutin. À Zacatecas, un cocktail Molotov a été jeté à la porte de l’assemblée législative de l’État.

Article du 5 juin 2016 – Elections locales au Mexique: dernier arrêt avant la présidentielle de 2018 !

Des millions de Mexicains se rendent dans les bureaux de vote ce dimanche 5 juin pour des élections locales. Douze postes de gouverneurs d’Etat sont en jeu. Au-delà de la politique locale, ces scrutins ont également un enjeu national à deux ans des élections présidentielles.

Des élections locales se tiennent ce dimanche 5 juin dans quatorze Etats du Mexique. Dans douze d’entre eux, les électeurs sont appelés à renouveler leurs gouverneurs, en plus d’élire leurs députés et leurs maires. Derniers scrutins avant la prochaine présidentielle prévue dans deux ans, ils vont constituer un baromètre au niveau national, permettant de savoir comment vont se positionner les principaux partis sur l’échiquier politique.

« Près de 39% de l’ensemble des électeurs mexicains vont se rendre aux urnes pour élire 12 des 31 gouverneurs d’Etats, ainsi que pour permettre la création d’une assemblée constituante qui aura en charge la rédaction de la première constitution pour la ville de Mexico puisque celle-ci va désormais devenir autonome. Tout cela doit nous permettre de mieux comprendre la distribution du pouvoir au Mexique, présente le politologue mexicain Hugo Gonyi. Les résultats des trois grands partis nous permettront d’anticiper les forces et les appuis dont bénéficieront ces formations en 2018. »

Pour le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) l’enjeu est de taille. La formation espère pouvoir conforter sa position en vue de la présidentielle de 2018. Pour ce faire, le parti du président Pena Nieto va chercher à s’assurer un nombre maximum de gouverneurs. Son objectif est de conserver en tout cas les neuf Etats qu’il dirige actuellement sur les douze qui sont en jeu.

Campagnes de caniveau et narcotrafiquants

Mais rien n’est joué d’avance. Car dans plusieurs Etats, le scrutin s’annonce très serré. En raison notamment de campagnes électorales dominées par le dénigrement et les coups bas entre adversaires des différents bords politiques. Les candidats ont tout mis en œuvre pour gagner des voix, mais sans jamais faire de propositions constructives.

C’est dans ce contexte que va se dérouler la journée électorale de ce dimanche, où les autorités n’écartent pas des problèmes dans certains Etats comme Veracruz, Zacatecas ou Tamaulipas. Là où les narcotrafiquants se sont infiltrés dans les campagnes électorales, n’hésitant pas à faire pression sur les personnalités politiques. En plus, ces derniers jours, un regain de violence a été enregistré dans certaines zones, où le déroulement des élections pourrait être perturbé.

Source RFI – Patrick John Buffe