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Mexique – Les blocages dans le sud affectent toute l’économie !
Publié: 07/07/2016
Source: Le Grand Journal

appo_bloqueos_oaxaca-movilLes syndicats des enseignants mexicains ont bloqué les rues et le trafic de la capitale Mexico pour protester contre les réformes dans l’éducation. Les Etats du Chiapas et de l’Oaxaca, dans le sud du Mexique, continuent d’être le théâtre de manifestations et de blocages.

Les manifestations ont occasionné la fermeture d’une centaine d’écoles à Mexico City, et près de 4000 policiers ont été mobilisés pour encadrer les manifestants afin de les empêcher d’accéder au centre-ville, dans le square Zocalo.

Les réformes entreprises en 2013 exigent l’évaluation des professeurs et soustraient le pouvoir des syndicats dans l’attribution des postes vacants. Le gouvernement a accepté mardi de discuter avec les enseignants mais a refusé de retirer la législation.

« Il y a une marge de négociation au sein des réformes, mais pas en dehors« , a expliqué le ministre de l’Intérieur Roberto Campa. Les enseignants qui manifestent ont bloqué pendant des semaines les rues de l’Etat de Oaxaca dans le sud du pays, occasionnant des pénuries de pétrole et d’alimentation. Des heurts entre les contestataires et la police ont fait huit morts et 100 blessés.

Les Etats du Chiapas et de l’Oaxaca, dans le sud du Mexique, continuent d’être le théâtre de manifestations et de blocages de routes de la part des maîtres d’écoles dissidents, qui s’opposent à la réforme de l’éducation.

319637_grande_RPQKkSMhLa situation est plutôt critique, voire chaotique. Car les blocages de routes et d’autoroutes se poursuivent. Ces dernières semaines, les professeurs ont radicalisé leur lutte, érigent des barricades à des points stratégiques pour paralyser la circulation et empêcher que les camions ne puissent distribuer les marchandises qu’ils transportent.

La conséquence a été un manque d’approvisionnement de certains produits. Ce qui a obligé les autorités à mettre en place, la semaine dernière, un pont aérien pour ravitailler en vivres et médicaments les communautés les plus reculées.

Au Chiapas, voilà plus de cinquante jours que les enseignants ont initié leurs actions. Outre les routes bloquées, ils maintiennent toujours fermée la frontière avec le Guatemala, empêchant ainsi les Guatémaltèques de venir travailler au Mexique. En plus, une grande partie du Chiapas a été confrontée à une pénurie de carburant, aujourd’hui en voie de normalisation. Enfin, la grève des profs et leurs mobilisations quotidiennes ont entraîné la fermeture de 1 500 écoles depuis la mi-mai, ce qui touche plus de 300 000 élèves.

Conséquences économiques

carreteraLes actions affectent aussi bien le commerce local que les producteurs agricoles, qui sont dans l’impossibilité de transporter leurs produits hors de leur région. Car les activités économiques, tant au Chiapas que dans l’Oaxaca, sont en partie paralysées par ces mobilisations.

C’est le cas du tourisme, dont ces deux Etats tirent des revenus importants. Avec les routes bloquées et les manifestations incessantes, les touristes ne veulent plus venir. Ce qui est d’autant plus grave au moment où la ville d’Oaxaca s’apprête à fêter la Guelaguetza, une fête folklorique qui attire des milliers de visiteurs, mais qui risque cette année de se retrouver sans public.

Conséquences… humaines ?

Il ne semble pas y avoir d’issue à ce conflit entre le gouvernement et les maîtres d’école dissidents. Malgré l’établissement d’une nouvelle table de négociations, on assiste toujours à un dialogue de sourds.

D’un côté, les enseignants ne veulent pas, durant les pourparlers, débloquer les routes, si ce n’est de manière intermittente. De l’autre, le gouvernement a menacé de prendre les mesures nécessaires si les profs ne renonçaient pas à ce moyen de pression.

Les déclarations des autorités ont mis en alerte les maîtres d’école dissidents. Car ils craignent que le gouvernement ne recoure à la force pour les déloger, comme ça été le cas, il y a deux semaines, dans une petite ville de l’Oaxaca, où l’intervention de la police a fait huit morts.

Source – Agences et RFI