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Paris – Expo: Renaissances (1900-1949), du 5 octobre au 23 janvier 2017, au Grand Palais
Publié: 08/08/2016
Source: Revue de Presse

Grand-PalaisDu 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017, pour la première fois en France, un vaste panorama de la modernité artistique mexicaine, des prémices de la Révolution au milieu du XXe siècle, complété d’interventions d’artistes contemporains.

L’art du Mexique au XXe siècle, s’il est étroitement connecté aux avant-gardes internationales, présente pourtant une singularité et une puissance qui sont comme des défis à nos regards européens.

La première partie de l’exposition tente de nous faire découvrir où et comment cette modernité si singulière a puisé son inspiration dans l’imaginaire collectif et les traditions du XIXe siècle. Cette relation étroite à l’art académique développée après la restauration de la République en 1867, se prolonge jusqu’aux préceptes idéologiques de l’École Mexicaine de Peinture et de Sculpture, dirigée par José Vasconcelos à partir de 1921.

Les courants internationaux viennent contrebalancer cet ancrage dans la tradition. Au tournant du XXe siècle, symbolisme et décadentisme trouvent au Mexique des expressions fascinantes comme le célèbre tableau d’Angel Zárraga, La Femme et le pantin (1909).

Peu à peu, en contact avec l’avant-garde parisienne des premières décennies du siècle, les expérimentations esthétiques d’artistes mexicains, parmi lesquels Diego Rivera fait figure de pionnier, s’affirment.

Ángel Zárraga, La femme et le pantin, Óleo/tela, 175.3 x 141 cm, 1909

La deuxième partie de l’exposition souligne comment la Révolution mexicaine de 1910, véritable conflit armé, est porteuse de la planification d’un nouveau projet artistique national : donner une vision de l’Histoire à chaque composante du peuple mexicain.

Par l’image monumentalisée sur les murs, comme l’Église éduquait au Moyen-Âge les analphabètes d’Europe par la mise en scène religieuse et les récits des vitraux. La création des années suivantes s’appuie sur d’autres moyens que la peinture sur chevalet, tels que le muralisme et le graphisme.

L’exposition porte naturellement l’accent sur les œuvres des trois artistes phares du muralisme mexicain, les plus influents, « los tres grandes » : Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros, et José Clemente Orozco. Ils participèrent à cette liturgie et l’État mexicain leur passa commandes et commandes.

Cette révolution masculine, qui a ouvert la voie à de nombreuses possibilités nouvelles, a permis aux femmes de participer à l’effort économique ; cette situation les a encouragé à se faire leur propre place sur la scène artistique, en tant que peintres ou mécènes.

L’arbre Frida Kahlo (représentée dans cette exposition par des œuvres rarement prêtées) ne doit pas cacher une forêt de fortes personnalités dont Nahui Ollin, Rosa Rolanda ou les photographes Tina Modotti et Lola Álvarez Bravo.

Parallèlement à l’École Mexicaine de Peinture et de Sculpture des années 1920 et 1930, cette période a également été marquée par l’avènement de nombreuses autres démarches expérimentales. Le triomphe du muralisme et de l’art nationaliste a éclipsé ces mouvements d’avant-garde alternatifs, qui revendiquaient le droit de participer à la scène artistique internationale, indépendamment du paradigme révolutionnaire.

La troisième partie de l’exposition permet de découvrir une sélection d’artistes et d’œuvres se présentant comme des alternatives aux discours idéologiques de l’époque, des masques hallucinants de Germán Cueto aux portraits énigmatiques de Robert Montenegro et aux abstractions de Gerardo Murillo « Dr. Atl », Marius de Zayas ou Rufino Tamayo.

Diego Rivera, Adolfo Best Maugard, 1913, huile sur toile, Mexico, MUNAL, INBA © 2016 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F. / ADAGP, Paris

Enfin, la quatrième partie, intitulée Rencontre de deux mondes : Hybridation, montre comment, depuis le début du XXe siècle, la présence d’artistes mexicains aux États-Unis, comme Marius de Zayas, Miguel Covarrubias et surtout les grands muralistes, a joué un rôle décisif pour les mouvements d’avant-garde de villes comme New York, Détroit ou Los Angeles.

Et inversement, du fait de la notoriété acquise par les artistes mexicains à l’étranger durant les premières décennies du XXe siècle, de nombreux artistes étrangers ont décidé de délocaliser leur activité au Mexique.

En collaboration avec les artistes locaux, ils sont parvenus à développer une scène particulièrement riche, en particulier autour du surréalisme avec Carlos Merida, Jose Horna, Leonora Carrington et Alice Rahon.

L’exposition clôt la chronique de ces échanges, sources d’une perpétuelle « renaissance », avec l’arrivée de Mathias Goeritz au Mexique en 1949, mais leur vitalité est encore illustrée dans les œuvres d’artistes majeurs de la scène internationale actuelle, à l’image de Gabriel Orozco et de ses « frottages » pris dans le métro parisien.

Le commissaire est Agustin Arteaga, directeur du Museo Nacional de Arte, Mexico. La Rmn-GP et le MUNAL, Museo nacional de Arte de Mexico, se sont associés pour co-organiser cette exposition.

INFOS

Mexique. Renaissances (1900-1949), du 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017, au Grand Palais, Galeries nationales, entrée square Jean Perrin, avenue du Ge?ne?ral Eisenhower, 75008 Paris. Me?tro Franklin-D.-Roosevelt, ou Champs-Élyse?es-Clemenceau. Tous les jours de 10 à 20h, nocturne le mercredi jusqu’à 22h. Fermé le mardi et le 25 décembre. Fermé à 18h les 24 et 31 décembre. Mardi : visites groupe?es et privatisations possibles sur inscriptions. 13 ou 9€. Gratuite? pour les moins de 16 ans, les bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse. Pre?vente sur www.grandpalais.fr. Visites guide?es pre?vues pour les individuels et les groupes (informations disponibles et re?servations sur le site du Grand Palais : www.grandpalais.fr)