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Mexique : écarté du gouvernement à cause de Trump, il devient chef de la diplomatie!
Publié: 05/01/2017
Source: Le Grand Journal

30527065. México D.F.- El secretario de Hacienda, Luis Videgaray Caso, durante su intervención en la ceremonia de la instalación del Comité Nacional de Productividad, en la residencia oficial de Los Pinos. NOTIMEX/FOTO/GUILLERMO GONZALEZ/GGM/POL/

Luis Videraray, qui avait démissionné du gouvernement mexicain après avoir organisé la visite polémique de Donald Trump dans le pays en août, a été nommé chef de la diplomatie, a annoncé mercredi le président mexicain Enrique Peña Nieto.

Ce surprenant retour politique de l’un des plus proches conseillers de Peña Nieto intervient à quelques jours de la prestation de serment de Donald Trump comme président des Etats-Unis, le 20 janvier à Washington.

« A partir d’aujourd’hui, Luis Videgaray est ministre des Affaires étrangères », a déclaré lors d’un discours à la presse le chef de l’Etat. Il aura pour feuille de route « d’accélérer le contact et le dialogue avec les Etats-Unis ».

M. Videgaray avait présenté sa démission le 7 septembre de son poste de ministre de l’Economie, une semaine après la visite au Mexique de Donald Trump, alors candidat républicain à la Maison Blanche, qui avait qualifié les Mexicains de « violeurs » durant sa campagne.

Le ministre « s’était impliqué dans l’accord avec l’équipe de campagne du candidat Trump », avait alors expliqué le président lors d’un entretien à Radio Formula diffusé en septembre.

M. Peña Nieto avait également reconnu que la décision de recevoir Trump avait « peut-être » été précipitée. Cette visite avait déclenché de vives critiques au Mexique, beaucoup reprochant à Peña Nieto de n’avoir pas condamné avec force les propos de campagne du magnat new-yorkais lors d’une conférence de presse commune.

« Avec Luis, le Mexique et les Etats-Unis auraient passé de merveilleux accords », avait réagi M. Trump à la démission de l’éminence grise du président mexicain, directeur de sa campagne électorale en 2012.

Le 8 novembre, la victoire surprise du milliardaire new-yorkais a changé la donne, justifiant la volonté de créer des « ponts » avec son équipe, prônée par M. Videgaray. Les liens noués entre cet économiste de 48 ans, docteur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), et Jared Kushner, gendre et conseiller de M. Trump, en font le nouvel homme fort du gouvernement pour convaincre le prochain président américain de l’importance de l’Alena.

Luis Videgaray remplacera Claudia Ruiz Massieu, qui, selon des sources diplomatiques, était opposée à la visite de Donald Trump en août.

Source – Agences

Trump assure que le Mexique paiera pour le mur promis

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a répété vendredi que le Mexique paiera éventuellement pour le mur qu’il a promis d’ériger le long de la frontière entre les deux pays pendant la campagne électorale, tout en reconnaissant que le Congrès devrait avancer l’argent pour le concrétiser au plus vite.

L’équipe de M. Trump aurait toutefois l’intention de tout d’abord demander au Congrès des États-Unis de financer le projet, en s’appuyant sur une loi qui autorise la construction de clôtures et l’installation d’autres technologies le long de la frontière sud du pays.

S’exprimant sur Twitter tôt vendredi matin, M. Trump a accusé les médias de « malhonnêteté » pour ne pas avoir précisé que tout l’argent dépensé par les contribuables américains pour construire le mur sera éventuellement remboursé par le Mexique.

L’ancien président du Mexique Vicente Fox Quesada, détracteur de longue date de Donald Trump, a réitéré jeudi sur Twitter son opposition au projet du président désigné américain de faire payer son mur par le Mexique, dénonçant « une autre promesse qu’il ne pourra tenir ».

« Trump peut demander à qui il veut, mais ni moi ni le Mexique ne paierons pour ce monument raciste », écrit celui qui a dirigé le pays de 2000 à 2006.

La promesse de Donald Trump de construire l’« énorme, puissant et beau mur » sur la frontière sud des États-Unis, longue de plus de 3000 kilomètres, lui a valu à chaque fois un soutien enthousiaste et vocal pendant ses rassemblements électoraux. « Qui va payer?? » lançait le candidat, et la foule s’égosillait à chaque fois: « le Mexique ». Un mur de ciment et d’acier aussi haut que le plafond des salles où il se trouvait, promettait-il.

Trump a ensuite dit que le mur n’aurait pas besoin de suivre toute la frontière, en raison d’obstacles naturels comme les rivières. Il a déclaré après son élection qu’une simple clôture pourrait suffire en certains endroits.

Le coût du projet n’est pas établi, mais devrait s’élever à plusieurs milliards de dollars.

Pour aller au plus vite, les responsables républicains, qui contrôlent les deux chambres du Congrès et l’équipe de transition de M. Trump comptent s’appuyer sur une loi promulguée en 2006 par le président George W. Bush, autorisant la construction « d’une barrière physique » sur la frontière avec le Mexique.

Jamais mise en oeuvre, cette législation n’était pas non plus limitée dans le temps et peut donc servir de base légale à la construction à condition de trouver de l’argent frais.

Les républicains estiment que la marge de manœuvre de l’opposition démocrate est limitée sur ce sujet qui rencontre l’adhésion d’une partie de la population. Qui plus est, tout blocage du financement du mur – que les républicains comptent introduire dès la fin avril dans le cadre d’un paquet budgétaire – pourrait forcer les démocrates à provoquer une paralysie du gouvernement, qui pourrait s’avérer politiquement coûteuse.