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Le Mexique menace de se retirer des négociations de l’Alena !
Publié: 28/02/2017
Source: Le Grand Journal

captura_de_pantalla_2015-07-17_a_las_16.47.10Si le président américain, Donald Trump, veut imposer des taxes aux produits mexicains, le Mexique se retirera des négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena). C’est ce que le ministre de l’Economie du pays a déclaré dans un entretien publié lundi.

Le ministre de l’Economie mexicain coupera court à la discussion si Donald Trump impose des taxes de 20% sur les voitures provenant du Mexique.

«S’ils disent: «On va imposer des taxes de 20% sur les voitures» [produites au Mexique], je me lève aussitôt de la table», a affirmé Ildefonso Guajardo, selon des informations publiées lundi par Bloomberg. «Au revoir», a-t-il ajouté lors de cette interview. Avec cette déclaration, le Mexique semble élever encore un peu plus le ton avant une possible renégociation de l’Alena.

L’accord rassemble depuis 1994 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique dans une vaste zone de libre-échange. Il a fait l’objet de vives critiques de la part de Donald Trump. Le président américain l’a qualifié de «désastre» pour son pays, considérant qu’il sert uniquement les intérêts mexicains.

Une première menace économique

Donald Trump a également laissé entendre qu’il pourrait imposer des barrières douanières aux produits mexicains pour financer la construction du mur à la frontière qu’il veut faire payer par son voisin du sud. Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a affirmé vendredi que si ces menaces de Donald Trump se concrétisaient, le Mexique taxerait «probablement» en retour plusieurs produits américains.

Les échanges commerciaux entre le Mexique et les Etats-Unis se montent à quelque 530 milliards de dollars annuellement. Environ 80% des produits mexicains prennent le chemin des Etats-Unis.

Selon Donald Trump, le déficit de 60 milliards de dollars qu’enregistrent annuellement les Etats-Unis avec le Mexique est la preuve que l’Alena est un mauvais accord.

Article du 26 février 2017 – Clandestins – Le ton monte de nouveau entre le Mexique et Donald Trump !

us-mexico-Ulcéré par la politique migratoire du président Donald Trump, le Mexique a indiqué, vendredi, en pleine crise diplomatique entre les deux pays, qu’il n’accueillerait pas les clandestins non-mexicains expulsés des États-Unis. Le ton monde de nouveau entre le Mexique et le gouvernement de Donald Trump !

De plus en plus irrité par la politique migratoire de Donald Trump, le gouvernement mexicain a averti Washington qu’il n’accueillerait pas les clandestins expulsés des États-Unis n’ayant pas la nationalité mexicaine.

« Nous avons été très clairs, nous n’allons pas les recevoir, ils ne peuvent pas les laisser là-bas, aux frontières, car nous aurions à les refouler, il n’y a pas de possibilité qu’ils soient reçus par le Mexique », a prévenu, vendredi 24 février, le ministre de l’Intérieur, Miguel Angel Osorio Chong sur Radio Formula.

Au cours de la semaine, l’administration Trump avait émis des instructions pour expulser les clandestins vers les pays par lesquels ils étaient entrés aux États-Unis, sans tenir compte de leur nationalité, précisant qu’il pourrait y avoir des sanctions si les nations concernées – à savoir le Mexique et le Canada – se refusaient à coopérer.

Cette nouvelle mise en garde intervient au lendemain de la visite officielle à Mexico de son homologue américain John Kelly et du secrétaire d’État Rex Tillerson. Depuis Mexico, ils avaient assuré qu’il n’y aurait « pas d’expulsions massives » de clandestins et que l’armée américaine ne serait pas utilisée contre eux.

Une relation bilatérale en crise

Le déplacement des deux émissaires de Donald Trump avait pour but de faire baisser la tension entre les deux pays qui traversent une grave crise diplomatique. Une crise provoquée par le style cinglant du nouveau président américain et sa politique migratoire et commerciale.

Jeudi, quelques heures avant cette visite, le multimilliardaire, qui projette toujours de construire un mur à la frontière avec le voisin mexicain, avait comparé les efforts engagés par son administration pour expulser certains immigrés clandestins à « une opération militaire ».

Il a même affirmé que de « très mauvais gars » dont des « chefs de cartels » étaient expulsés des États-Unis à un rythme jamais vu. Toutefois, aucune information précise n’est venue confirmer ses déclarations, et les autorités mexicaines n’ont pour l’heure signalé aucune expulsion de narcotrafiquant des États-Unis.

Le service des douanes américaines et de protection des frontières a déjà fait savoir qu’il commencerait à attribuer des contrats d’ici la mi-avril pour la construction du mur promise par le président tout au long de sa campagne.

Quelque 11,1 millions d’immigrés clandestins vivent aux États-Unis, selon l’institut Pew sur 324,6 millions d’habitants. Environ 5,9 millions d’entre eux viennent du Mexique.

Article du 23 février 2017 – Immigration et commerce au menu de la visite des ministres de Donald Trump au Mexique !

70300142-9EA3-4872-82D2-5A40F6C41A74_w1023_r1_sDevant les médias, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson et le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly, en visite officielle à Mexico, et leurs homologues mexicains ont transmis un message rassurant, alors que clandestins et commerce transfrontalier provoquent une crise diplomatique entre les deux pays.

Il n’y aura «pas d’expulsions massives» de clandestins des Etats-Unis et l’armée ne serait pas utilisée contre eux, ont promis jeudi deux ministres de Donald Trump au Mexique, pays avec lequel les relations sont tendues.

«Soyons très, très clairs. Il n’y aura pas d’expulsions massives» a assuré M. Kelly, ajoutant que les Etats-Unis ne feraient «pas usage de l’armée en matière migratoire».

Les ministres ont loué devant la presse des réunions «très productives» et la relation particulière qui unit les deux pays tout en reconnaissant des différences.

«Le chemin sera long pour parvenir à des accords avec les Etats-Unis, mais nous avons fait aujourd’hui un premier pas dans la bonne direction», a insisté le ministre mexicain de l’Intérieur Osorio Chong.

La venue des ministres à Mexico vise à améliorer la relation bilatérale, malmenée notamment par le projet de mur à la frontière de M. Trump et ses propos cinglants sur les clandestins mexicains, qualifiés de «violeurs» et de «délinquants» durant sa campagne.

– «Les très mauvais gars dehors» –

Le président mexicain Enrique Pena Nieto, qui avait annulé sa visite à la Maison Blanche prévue fin janvier afin de protester contre l’insistance de M. Trump à vouloir faire payer le mur par le Mexique, devait recevoir les ministres américains en milieu de journée.

Quelques heures plus tôt, le président américain avait déclaré depuis la Maison Blanche que les efforts engagés par son administration pour expulser certains immigrés clandestins des Etats-Unis étaient «une opération militaire».

«Vous voyez ce qui se passe à la frontière. Soudain, pour la première fois (…) nous mettons dehors des membres de gangs, nous mettons dehors des chefs de cartels. Nous mettons les très mauvais gars dehors, et cela à un rythme jamais vu», a-t-il déclaré au début d’une rencontre avec des dirigeants d’entreprises.

«Et c’est une opération militaire», a-t-il ajouté, une expression qui a semblé en contradiction avec les propos de M. Kelly jusqu’à une clarification du porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer, qui a précisé qu’elle voulait dire «efficace».

Les autorités mexicaines n’ont de leur côté pour l’heure signalé aucune expulsion de chef de cartel ou même de narcotrafiquant des Etats-Unis.

– «Patio des Etats-Unis» –

Depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a un mois, M. Trump, par son style et sa politique migratoire et commerciale, a déclenché la pire crise diplomatique entre les deux pays depuis des décennies.

M. Trump s’est par ailleurs engagé à renégocier, voire abroger, l’accord de libre-échange nord-américain Alena, trop favorable selon lui aux intérêts du Mexique.

S’efforçant de faire baisser la tension, les deux capitales ont assuré avoir entamé un «dialogue constructif» depuis la visite de Luis Videgaray il y a deux semaines à Washington, où il a rencontré M. Tillerson.

«Nous sommes un grand allié pour lutter contre les migrations, le trafic de drogues», a insisté de son côté le ministre mexicain de l’Economie Ildefonso Guajardo dans une interview samedi au quotidien canadien The Globe and Mail.

«Si à un moment la relation est malmenée, les motivations pour que le peuple mexicain poursuive sa collaboration sur ces questions au cœur de la sécurité diminueront», a-t-il déclaré.

«Nous n’accepterons pas d’être le patio à l’arrière des Etats-Unis», où le président américain pourra expulser «qui bon lui semble», a également déclaré jeudi à l’AFP le sénateur Fernando Herrera du parti conservateur mexicain (PAN), qui élabore actuellement un décret pour fixer les limites de la négociation avec les Etats-Unis.

Article du 22 février 2017 – « Sécurité et commerce » au menu de la visite des ministres de Donald Trump au Mexique !

maxresdefaultLe Mexique reçoit jeudi le secrétaire d’État américain Rex Tillerson et le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly, afin de faire baisser la tension diplomatique et promouvoir une relation «respectueuse» et «constructive» entre les deux pays.

Les ministres du président américain Donald Trump se réuniront avec le président mexicain Enrique Peña Nieto, et ses ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur, des Finances, de la Défense et de la Marine, a indiqué mardi le département d’État.

Les principaux thèmes au programme, selon Washington, seront la sécurité à la frontière, la coopération policière et le commerce. L’objectif, pour les autorités mexicaines, est de travailler «en faveur d’une relation respectueuse, proche et constructive».

Depuis l’arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche, il y un mois, les deux voisins traversent la pire crise diplomatique depuis des décennies.

Durant la campagne, le candidat républicain avait fait monter la pression par sa rhétorique anti-migrants et ses propos sur des Mexicains assimilés à des «bad hombres», délinquants et violeurs.

Une fois au pouvoir, le magnat de l’immobilier a lancé son projet de construction d’un mur frontalier et promis de la faire financer par son voisin du sud, au besoin en ponctionnant les envois d’argent de Mexicains vers leur pays. Devant son insistance à faire payer le Mexique, le président Peña Nieto a annulé son voyage à Washington prévu le 31 janvier.

M. Trump a également menacé d’imposer des taxes d’importations aux produits mexicains et de renégocier, voire d’abroger l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) trop favorable selon lui aux intérêts mexicains.

Le président américain a aussi promis des expulsions massives de sans-papiers et au cours des dernières semaines, de nombreuses arrestations de migrants ont eu lieu.

Le ministre des Affaires étrangères mexicain, Luis Videgaray, a indiqué que les deux pays travaillaient à améliorer les relations depuis la rencontre avec son homologue à Washington quinze jours plus tôt. Lors du récent G20 à Bonn, M. Videgaray a de nouveau pu rencontrer le discret secrétaire d’État américain.

«Le Mexique est un pays qui veut construire des ponts, et ne veut pas construire de murs», a affirmé M. Videgaray en Allemagne.

«Nous avons des différences publiques notoires, que nous n’avons pas encore résolues, il y a des aspects sur lesquels naturellement le Mexique n’est pas prêt à reculer d’un seul millimètre, mais sur d’autres points nous sommes ouverts au dialogue», a-t-il assuré.

Négociations complexes

M. Videgaray a prévenu que la réunion de jeudi ne serait qu’une de plus d’une longue liste à venir.

Visant à dissuader Washington d’imposer des conditions qui touchent à la souveraineté nationale, le Sénat mexicain va élaborer un décret qui définira les limites des termes de la négociation, des migrations aux droits de l’Homme, en passant par le commerce, l’économie, la sécurité à la frontière et la construction du mur.

Il faut «négocier avec fermeté, avec intelligence, en préservant notre souveraineté et avec la dignité demandée par tous les Mexicains», selon le président de la coordination politique du Sénat, Fernando Herrera, en référence aux récentes manifestations pour exiger une attitude plus ferme du gouvernement Peña Nieto à l’égard de M. Trump.

Selon une étude de BBVA Research, «l’incertitude devant les politiques économiques de la nouvelle administration américaine» en particulier face à l’ALÉNA affecte déjà la confiance des entreprises au Mexique et devrait faire chuter l’investissement.

Premier partenaire commercial du Mexique, les États-Unis absorbent environ 80% des exportations mexicaines.

La banque espagnole prévoit ainsi une croissance de l’économie mexicaine de 1% en 2017, face aux 2% enregistrés en 2016.

Dans un tel contexte, le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, a laissé entendre que si Washington veut imposer des conditions commerciales inacceptables, le Mexique pourrait cesser sa coopération sur les terrains de l’immigration et du narcotrafic.

«Si à un moment la relation est malmenée, les motivations pour que le peuple mexicain poursuive sa collaboration sur ses questions au coeur de la sécurité diminueront», a-t-il déclaré samedi au quotidien canadien The Globe and Mail.

Selon les experts, l’insécurité à la frontière liée au trafic de drogue et l’entrée de sans-papiers aux États-Unis se sont considérablement réduites au cours des dernières années grâce à la coopération des autorités mexicaines.