Le Grand Journal » A La Une »
Dossier – Ford maintient son projet d’ouvrir deux usines au Mexique !
Publié: 18/02/2017
Source: Le Grand Journal

automobiles

Le constructeur automobile américain Ford maintient son plan d’ouvrir cette année deux usines de production au Mexique, malgré l’annulation surprise en janvier d’un investissement de 1,6 milliard de dollars à San Luis Potosi (centre).

L’entreprise construit actuellement deux usines de production de moteurs et de transmissions dans les Etats de Guanajuato (centre) et Chihuahua (nord) qui fourniront ces pièces aux usines d’assemblage du groupe réparties aux Etats-Unis, en Inde, en Chine, en Europe et en Amérique du sud.

L’investissement total pour ces deux usines – dont la construction avait été annoncée en 2015 – s’élève à 2,5 milliard de dollars. « Elles vont employer 3.800 personnes quand elles seront opérationnelles », a déclaré mercredi à des journalistes le directeur général de Ford Mexico, Gabriel Lopez.

La décision d’annuler la construction d’une usine à San Luis Potosi a été prise au moment où le président élu Donald Trump exerçait une forte pression sur les constructeurs automobiles pour qu’ils rapatrient aux Etats-Unis leurs usines afin d’y créer des emplois.

Les dirigeants de l’entreprise Ford ont toutefois affirmé que la décision d’annuler cet investissement au Mexique répondait à des motivations économiques et non politiques.

Article du 4 janvier 2017 – Ford renonce à investir au Mexique ! Trump met la pression sur GM…

Le groupe automobile américain devait consacrer 1,6 milliard de dollars à un projet de construction d’usine au Mexique. 700 millions seront finalement investis dans le Michigan. La méthode Trump pour rapatrier des emplois industriels aux Etats-Unis commencerait-elle à porter ses fruits ?

Le président élu, qui a pris l’habitude de cibler à travers des tweets inquisiteurs les constructeurs automobiles prompts à délocaliser leur production, s’est félicité, mardi 3 janvier, d’un revirement spectaculaire de la part de Ford.

Le deuxième constructeur américain a ainsi annoncé qu’il renonçait à construire une nouvelle usine au Mexique, tout en investissant dans le Michigan.

En avril, Ford avait annoncé vouloir investir 1,6 milliard de dollars à San Luis Potosi, dans le centre du Mexique, dans une usine employant 2 800 personnes. Cette décision s’était attiré les foudres de M. Trump, qui n’a cessé pendant la campagne présidentielle de dénoncer les effets néfastes de l’accord de libre-échange nord-américain signé en 1994. Celui-ci permet aux constructeurs américains de ne pas payer de droits de douane sur les véhicules fabriqués au Mexique et réimportés ensuite aux Etats-Unis, à partir du moment où 65 % des composants sont d’origine nord-américaine.

Début décembre, le PDG de Ford, Mark Fields, avait assuré qu’il travaillerait de concert avec la nouvelle administration sur les questions de libre-échange, mais qu’il était trop tard pour qu’il annule son investissement au Mexique.

Un mois plus tard, M. Fields fait donc un virage à 180 degrés. Non seulement l’usine mexicaine ne verra pas le jour, mais, en plus, 700 millions de dollars seront finalement investis à Flat Rock, au sud de Detroit, avec 700 créations d’emplois à la clé pour produire un véhicule électrique qui sera lancé en 2020. En revanche, la production de la Ford Focus quittera bien l’usine de Warren (Michigan) pour le Mexique, mais dans une usine existante, celle d’Hermosillo.

Un « vote de confiance »

M. Fields a justifié son changement de pied par le fait que les conditions de marché avaient évolué, expliquant que le constructeur comptait désormais profiter du climat « pro-business » que M. Trump a promis d’instaurer. Les entreprises américaines attendent en effet beaucoup de la réforme fiscale annoncée pendant la campagne. Celle-ci vise à faire passer le taux d’impôt des sociétés de 35 % à 15 %. Dans le même temps, le président élu a menacé d’instaurer une taxe de 35 % pour les produits fabriqués par les entreprises américaines au Mexique, pour être ensuite réimportés aux Etats-Unis.

M. Fields a qualifié son revirement de « vote de confiance en faveur du président élu et des politiques qu’il peut mener. (…) Nous pensons que ces réformes fiscales et réglementaires sont d’une importance cruciale pour renforcer la compétitivité des Etats-Unis, et, bien sûr, aboutir à une renaissance du secteur manufacturier américain », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il ne faut pas se leurrer, Ford est un constructeur mondial, mais notre maison est ici, aux Etats-Unis. »

Le ministère de l’économie mexicain a regretté mardi la décision et annoncé qu’il demanderait « le remboursement par l’entreprise de toute dépense faite par le gouvernement local pour faciliter cet investissement ». « Les emplois générés au Mexique ont contribué à garder des emplois industriels aux Etats-Unis, qui auraient autrement disparu en raison de la concurrence asiatique », a-t-il ajouté.

La « politique du tweet »

Quelques heures avant cette annonce, M. Trump avait tenté de mettre la pression sur General Motors (GM). « General Motors envoie des modèles Chevy Cruze produits au Mexique à des concessionnaires automobiles aux Etats-Unis sans payer de droits de douane à la frontière. Fabriquez aux Etats-Unis ou payez une importante taxe frontalière ! », a tweeté le président élu.

Toutefois, on peut se demander si, dans ce cas précis, M. Trump a choisi le bon exemple. GM a en effet immédiatement réagi en précisant que la version de cette berline assemblée au Mexique est destinée au marché mondial et que seulement un petit nombre de ces véhicules sont commercialisés aux Etats-Unis. L’essentiel de la production de Cruze provient en effet de l’usine de Lordstown (Ohio). Selon GM, sur les onze premiers mois de 2016, environ 4 500 voitures de ce modèle ont été réimportées vers les Etats-Unis, sur un total de 172 000. Au total, 19 % de la production nord-américaine de GM est fabriquée au Mexique, contre 13 % pour Ford, selon les chiffres du site WardsAuto.com.

Cette passe d’armes entre M. Trump et GM intervient alors que le constructeur prévoit de supprimer 1 250 emplois à Lordstown, en raison de la chute de la demande pour les petites voitures. La faiblesse du prix de l’essence incite en effet les clients à se détourner de ce type de modèle au profit de véhicules plus gros comme les 4 × 4 et les pick-up. Les ventes de Chevrolet Cruze ont ainsi plongé de 18 % en un an.

La « politique du tweet » de M. Trump, consistant à interpeller les grandes entreprises américaines en prenant à témoin ses 18,5 millions d’abonnés, est devenue une habitude. Le 17 novembre, le président élu avait déjà ciblé Ford en s’attribuant le mérite d’avoir convaincu le groupe de ne pas transférer sa production de l’usine de Louisville (Kentucky) vers le Mexique, avant que le constructeur déclare n’avoir jamais eu l’intention de fermer le site en question, ni d’y supprimer le moindre emploi.

La même méthode avait été utilisée le 12 décembre à l’encontre du groupe d’armement Lockheed Martin, dont la capitalisation s’était effondrée de 4 milliards de dollars après un tweet du président élu affirmant que les coûts de la fabrication de l’avion de chasse F35 étaient « hors de contrôle ». Boeing avait vécu la même mésaventure quelques jours avant, à propos d’un message critiquant le prix des futurs avions présidentiels, les Air Force One.

Article du 16 septembre 2016 – Trump attaque Ford et ses plans de délocalisation au Mexique !

donald-trump-2-1024Donald Trump, le candidat républicain à la Maison-Blanche, a déclaré mercredi que Ford ne devrait pas être autorisé à délocaliser la production de ses voitures citadines au Mexique comme il a l’intention de le faire.

«On ne devrait pas laisser faire ça», a déclaré M. Trump en visite à Flint, ville du Michigan, ancien bastion de la production automobile en déclin depuis 20 ans et récemment secouée par un scandale sanitaire lié à la contamination au plomb de l’eau.

«Une mauvaise nouvelle pour le Michigan»

«C’est une mauvaise nouvelle pour le Michigan», a dit le candidat républicain durant sa visite à l’usine de purification d’eau de Flint, au Michigan.

Cet État, berceau de l’automobile américaine, a souffert aux lendemains de la crise de 2009 et des crises économiques précédentes, du fait de la moindre domination des «Trois grands de l’auto» (GM, Ford et ex-Chrysler). Certaines régions comme Flint sont carrément sinistrées et sont représentatives de la désindustrialisation du Midwest américain.

Chantre d’un patriotisme économique avec ses slogans «Made in USA» et «Make America Great Again», M. Trump a critiqué durement les multinationales américaines qui délocalisent leur production à l’étranger.

Ce sujet est un de ses principaux angles d’attaque dans les zones en difficultés économiques frappées par la désindustrialisation. Outre Ford, le géant de l’informatique Apple est aussi une de ses principales cibles.

«Ils (Ford) vont faire fabriquer leurs voitures par des milliers de personnes qui ne sont pas de ce pays et les vendre à travers une frontière très poreuse sans payer de taxes.»

Donald Trump
Candidat républicain à la présidence des États-Unis

«Rien ! Nous n’aurons rien, à l’exception du chômage à Flint et dans le Michigan. C’est affreux!», a tonné Donald Trump, réagissant aux déclarations un peu plus tôt de Mark Fields, le directeur général de Ford.

Le plan de Ford: les petites au Mexique, les gros aux États

«Sur les deux, trois prochaines années, nous allons transférer la production de toutes nos petites voitures des États-Unis vers le Mexique», avait indiqué M. Fields à des investisseurs un peu plus tôt dans la journée, selon la presse américaine.

Cette annonce n’est pas une surprise car toute l’industrie automobile a de la difficulté à faire des profits avec les petites voitures, qui dégagent moins de profits que les gros véhicules que les nord-américains préfèrent.

Ford fabrique la Focus à l’usine de Flint, au Michigan, mais transférera éventuellement cette production au Mexique. Les observateurs de l’industrie automobile pensent que Ford veut utiliser la capacité de production ainsi libérée à Wayne pour y fabriquer le pick-up intermédiaire Ranger et le VUS 4X4 Bronco, deux modèles éliminés il y plusieurs années mais appelés à renaître.

Pour ses compactes, Ford avait annoncé début avril un investissement de 1,6 milliard de dollars US dans un nouveau site au Mexique où la main d’oeuvre est bon marché comparé aux États-Unis.

Cette usine, dans l’État de San Luis Potosi (centre-nord du Mexique), sera spécialisée dans la construction de sous-compactes et sera opérationnelle en 2018, avait précisé Ford qui compte y créer 2800 emplois directs. Ford veut utiliser sa capacité de production aux États-Unis pour des véhicules plus gros et plus payants.

Au-delà de Ford, la délocalisation des sites de production opérée récemment par les groupes automobiles américains malgré des ventes record se retrouve dans la ligne de mire des politiques et des élus locaux parce que certains de ces constructeurs ont été sauvés de la faillite en 2009 avec des fonds publics.

Toutefois, Ford est le seul membre des Trois de Detroit n’ayant pas eu besoin du sauvetage public car le groupe a préféré engager une lourde restructuration avec à la clé des fermetures d’usines et des milliers de suppressions d’emplois.

Ford prévoit une baisse des profits en 2017

Le constructeur automobile Ford a prévenu mercredi que ses résultats 2017 allaient être moins bons qu’en 2016, en raison de gros investissements prévus dans les technologies des véhicules autonomes et électriques.

«Les résultats de 2017 devraient baisser comparé à 2016 mais s’amélioreront par la suite en 2018», a indiqué le deuxième constructeur américain, qui se présente désormais comme un groupe «automobile et un spécialiste de la mobilité».

Ford n’a toutefois donné aucun chiffre. Les analystes prévoient, eux, jusqu’ici une hausse des résultats.

Investir en 2017 pour récolter après, prédit Ford

«Le déclin en 2017 est le résultat d’une hausse des investissements et des coûts pour (profiter) des opportunités qui émergent», explique la marque à l’Ovale bleu.

La semaine dernière, Ford avait déjà averti que son bénéfice avant impôts 2016 devrait s’établir à 10,2 milliards de dollars en Amérique du nord, contre une prévision de 10,8 milliards prévus auparavant.

Ce pessimisme était dû à une hausse de la facture des réparations de 2,38 millions de véhicules rappelés pour un problème de serrure de portière.

Outre ces éléments inattendus, Ford multiplie les avertissements sur le plafonnement, selon lui, du marché automobile américain. Le groupe a encore répété cette semaine que les ventes de véhicules devraient baisser en Amérique du nord pour le reste de l’année.

Si l’enveloppe destinée aux investissements augmente, le groupe de Deaborn entend en parallèle réduire ses coûts de 3 milliards de dollars par an de 2016 à 2018. La trésorerie devrait rester positive sur cette période et s’afficher au-dessus de la barre de 20 milliards de dollars, a indiqué Ford dans des documents devant être présentés aux investisseurs mercredi.

13 modèles électriques d’ici 2020

Ford envisage de lancer d’ici 2020 13 modèles électriques, ce qui représenterait une hausse de 40% de la gamme actuelle et investira 4,5 milliards de dollars sur ce créneau.

Le groupe, qui a promis de produire des voitures autonomes en série à l’horizon 2021, a annoncé jeudi que ces véhicules présentés comme l’avenir à moyen terme de l’automobile, pourraient compter pour 20% des ventes automobiles à la fin de la prochaine décennie.

Pour profiter de ce boom potentiel, Ford a annoncé ces derniers mois une série de rachats de startups développant différentes technologies censées permettre aux voitures de se conduire seules.

Les voitures autonomes sont l’un des secteurs les plus en pointe dans la recherche automobile, les constructeurs et groupes technologiques rivalisant d’annonces pour présenter des voitures capables de se conduire et de se diriger toutes seules.

Mercredi, Uber a pris une avance en débutant à Pittsburg (est des Etats-Unis) un service de location de voiture sans conducteur.

Source – lapresse.ca