Bachelot: “la commande de 50 millions de doses résiliée”
Publié le 05/01/2010 par " Le Grand Journal "
Face à la polémique sur le surplus de vaccins que la France veut revendre, la ministre a annoncé lundi au 20h que “les commandes de vaccins ni livrées, ni payées étaient résiliées”, soit une économie de 350 millions.
Mais surtout, outre la revente, la ministre de la Santé a annoncé lundi au 20h que “les commandes de vaccins ni livrées, ni payées étaient résiliées”. Rappelant qu’au total le montant de la ‘facture vaccin’ s’élevait à 712 millions d’euros, “cela fait une économie de plus de la moitié”, a souligné la ministre de la Santé. Ce chiffre diffère du montant de 869 millions d’euros précédemment annoncé par le ministère de la Santé pour les commandes de vaccin, du fait d’un changement de TVA (de 19,6% à 5,5%) lié à l’autorisation de mise sur le marché, explique-t-on au cabinet de Mme Bachelot. L’annonce en tous cas a aussitôt été saluée par l’UMP, tandis que le PS maintenait ses critiques (lire plus bas).
Les généralistes autorisés à vacciner
Autre volte-face du gouvernement : la ministre a “appelé de ses vœux” la participation à la vaccination des médecins généralistes, ce qui leur était jusque là refusé, contrairement à nombre d’autres pays. Cela entraînera-t-il plus de Français à se faire vacciner, alors que les bons arrivent chez les non prioritaires ? “La semaine prochaine, les médecins généralistes volontaires (…) pourront vacciner dans leurs cabinets. La vaccination va donc durer jusqu’en septembre prochain”, a en tous cas précisé la ministre qui de nouveau appelé les Français à se faire vacciner, alors que “cette grippe a tué 18 personnes ce week-end”.
Après les vacances de fin d’année, pendant lesquelles le dispositif de vaccination a été allégé, le ministère de l’Intérieur a annoncé que la campagne allait être relancée. Pendant toute la semaine, les centres de vaccination ouvriront jusqu’à trois vacations par jour.
Qu’en disent les labos ?
Précision du ministère de la Santé dans la soirée : la résiliation “unilatérale” et pour un “motif d’intérêt général” des commandes de vaccins concerne GSK à hauteur de 32 millions de doses, Sanofi-Pasteur à hauteur de 11 millions de doses et Novartis à hauteur de 7 millions de doses. “En application de cette instruction, l’EPRUS (l’Etablissement public de réponse aux urgences sanitaires) mène actuellement des discussions avec les industriels pour dénouer juridiquement les éléments résiliés des contrats passés sous le régime du code des marchés publics”, ajoute le ministère de la santé.
Côté laboratoires, GlaxoSmithKline France et Sanofi Pasteur se sont en effet déclarés prêts à examiner une éventuelle demande de renégociation du contrat avec le gouvernement, selon l’AFP. La division vaccins de Sanofi-Aventis a affirmé à ll’agence Reuters que “Sanofi-Pasteur a démarré, juste avant les fêtes, des discussions avec le gouvernement pour revoir le contrat existant portant sur la livraisons de 28 millions de doses de vaccins contre la grippe A”. Précisant “qu’à peu près la moitié des doses” avaient été livrées, un porte-parole a ajouté qu’il était prématuré de commenter l’implication de la résiliation de commandes.
Et les politiques ?
Loin d’affaiblir la polémique, les annonces de la ministre de la Santé ont provoqué une nouvelles salve de critiques lundi soir. Premier à réclamer dimanche une mission d’information parlementaire sur la gestion gouvernementale du plan vaccination, le député PS Jean-Marie Le Guen a estimé de son côté que “malgré les démentis répétés (de Mme Bachelot) c’est un fait avéré que notre pays est celui qui a dépensé le plus pour vacciner le moins”. “Je constate, a-t-il ajouté, que Roselyne Bachelot se cantonne malheureusement à de l’autosatisfaction et à de la désinformation dans son intervention”. “S’agissant des renégociations de contrats avec les laboratoires, il serait intéressant que le gouvernement fournisse les chiffres exacts sur les commandes et les montants donnés en exemple”, a poursuivi le député de Paris, en maintenant sa demande de mission d’information. Dans la journée, le PS avait été plus loin en réclamant une commission d’enquête parlementaire, plus contraignante qu’une mission.
A droite, le député UMP Bernard Debré, cité par la ministre sur le plateau de TF1, a vilipendé le “principe absurde, poussé à l’extrême, de précaution”. Dénonçant une “polémique lancée par le Parti Socialiste à la fois inutile et malveillante”, le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, a en revanche salué l’annonce de Roselyne Bachelot. “Le gouvernement avait pris toutes les mesures pour garantir à la population française une protection conforme à ce qu’elle était en droit d’attendre”. “La vaccination par une dose s’étant avérée suffisante, Roselyne Bachelot en a tiré les conséquences, conformément aux avis des experts: elle a résilié les commandes inutiles des vaccins qui auraient dû être utilisées”, a-t-il ajouté. Déjà dans la journée, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, avait répondu au flot de critiques en assurant préférer affronter une “polémique parce qu’on en fait trop qu’une polémique parce qu’on en fait pas assez” et en rappelant le précédent du sang contaminé.
La concurrence s’annonce rude
“Fiasco”, “scandaleux échec”, “faute stratégique lourde”: depuis dimanche, l’annonce de la revente, les critiques fusent côté politique sur la manière dont le gouvernement a géré cette campagne de vaccination. Le quasi seul à ne pas lui jeter (totalement) la pierre était… François Bayrou. Le chef du MoDem a estimé lundi matin sur France Info qu’il n’y avait rien de choquant à avoir “pris des précautions” et critiqué “le procès sur trop de doses”. En revanche, il y a eu une “faute stratégique” en n’impliquant pas les généralistes et le gouvernement ferait mieux de diriger son surplus vers les pays pauvres “plutôt que de se livrer à cet exercice un peu ridicule” et “un peu choquant”de déstockage.
Côté revente du surplus à l’étranger, la concurrence s’annonce rude et la facture salée. Car l’Allemagne l’Espagne ou encore les Pays-Bas sont dans le même cas. Et la France ne tient pas à brader ce qu’elle à acheté si cher. Il semblerait qu’au moins un pays ait répondu oui à la France : l’Iran a indiqué lundi qu’elle allait lancer dans les prochains jours sa campagne de vaccination avec des vaccins rachetés notamment à la France.
TF1 News
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