Caisse noire de l’UIMM : quatre syndicats perquisitionnés
Publié le 19/11/2009 par " Le Grand Journal "
Les fédérations de la métallurgie de FO, de la CFDT, de la CGC et de la CFTC ont fait l’objet mercredi de visites surprises. Elles sont soupçonnées d’avoir perçu des sommes provenant des 16,5 millions d’euros distribués par l’ex-patron de cette branche du Medef.
« Fluidifier le dialogue social. » La petite phrase de Denis Gautier-Sauvagnac, proférée, voilà quelques mois, dans le cabinet du magistrat instructeur, n’a pas fini de provoquer des remous. Le propos ambigu fait de nouveau rebondir l’instruction, ouverte en 2007, portant sur la distribution supposée de plus de 16,5 millions d’euros par l’ancien dirigeant de l’Union des métiers et industries de la métallurgie (UIMM) à différents acteurs politiques et syndicaux. Quatre perquisitions ont été effectuées, mercredi, à Paris, dans les locaux parisiens des fédérations de la métallurgie de FO, de la CFDT, de la CGC et de la CFTC.
Toile de fond de ces visites à l’improviste ? Les enquêteurs de la brigade financière cherchent à déterminer si ces organisations ont bénéficié – et dans l’affirmative, à quelle hauteur – des largesses du patronat de la métallurgie via des versements en liquide ou en chèques. Les policiers veulent en outre vérifier si les fonds suspects proviennent ou non de l’Epim, une caisse de secours mutuel de l’UIMM, créée en 1972, dont la vocation était de soutenir les entreprises adhérentes ayant subi des préjudices lors de conflits sociaux. Dans l’affirmative et si ces fonds perçus ne correspondent pas à l’objet social des syndicats, ils sont susceptibles de constituer un abus de confiance.
Cette affaire de caisse noire présumée débute, fin 2007, avec l’ouverture d’une instruction confiée au juge Roger Le Loire. Dans la mire du magistrat : la destination de 16,5 millions d’euros retirés en liquide, entre 2000 et 2007 de l’Epim, alors sous l’autorité de Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien président et directeur général de l’UIMM. A l’instar d’une quinzaine de personnes, il a été mis en examen, le 15 janvier 2008, pour « abus de confiance », « recel d’abus de confiance » et « travail dissimulé ». S’ils n’excluent pas aujourd’hui qu’une partie des fonds incriminés ait pu servir à des financements politiques occultes, les limiers de la brigade financière semblent privilégier la piste d’un financement de syndicats, nié avec force par ces derniers. Ces perquisitions interviennent en outre un mois et demi après celles opérées au sein de plusieurs syndicats étudiants.
« De l’huile dans les rouages »
Selon une source proche de l’enquête, les policiers sont parvenus à retracer le cheminement de quelques dizaines de milliers d’euros versés par l’UIMM à trois des quatre syndicats ciblés. D’après la même source, les limiers auraient aussi remonté quelques centaines de milliers d’euros octroyés à la CFTC. Laquelle avait reconnu, en octobre 2008, avoir encaissé, en septembre 2003, un chèque de 69.000 euros provenant de l’UIMM. Une somme destinée, selon Jacques Voisin, à financer des « opérations sur le dialogue social », dont l’organisation des universités d’été de 2002 et de 2003. Au siège de la CFDT, les policiers ont cherché à « vérifier l’origine et la destination de cinq chèques pour les années 2002 à 2006 » correspondant à des remboursements, « parfaitement légitimes et transparents », de « frais de réunions paritaires, pour un montant annuel se situant entre 3.540,81 euros et 4.617,77 euros », selon la FGMM-CFDT. Tandis que les bureaux de Frédéric Homez, le secrétaire général de FO Métaux, et d’Hervé Périer son secrétaire fédéral, ont été passés au peigne fin.
Depuis les prémices de ce dossier de caisse noire, Denis Gautier-Sauvagnac répète qu’il n’a fait que procéder à des « remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays ». Des propos contredits par Jacques Gagliardi, ancien bras droit de Pierre Guillen, l’un des prédécesseurs de Denis Gautier-Sauvagnac. Il a affirmé au juge Le Loire que son patron lui avait certifié avoir donné « des sommes en liquide à des syndicats ». Des confidences corroborées par Jean Gandois, l’ex-président du CNPF – l’ancêtre du Medef –, selon lequel « l’argent était essentiellement fait pour le financement des syndicats », histoire de « mettre de l’huile dans les rouages ».
France-Soir
Nos articles les plus lus :




tout ça n’est pas très sérieux perquisitionner des syndicats 3 années après… de qui moque…. SarkOzy ???