Commémoration – Un 11 novembre européen..

Publié le 11/11/2008 par " Le Grand Journal "

11 novembre 2008 Commémoration   Un 11 novembre européen..En renouvelant les lieux, les rites et les invités, Nicolas Sarkozy a cherché à moderniser la commémoration de la Grande Guerre, après la disparition des derniers survivants.

Boueux, venteux, glacial. Verdun avait revêtu hier des habits de circonstance pour accueillir le quatre-vingt-dixième anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Le premier anniversaire sans poilus, puisque le dernier survivant de la Première Guerre mondiale s’est éteint en mars dernier, tournant définitivement la page de la mémoire directe de cette guerre. Un anniversaire placé sous le signe de la réconciliation et de la paix.

La réconciliation, c’est d’abord celle de la France avec elle-même. Dix ans après la polémique sur les déclarations de Lionel Jospin, qui avait demandé la réhabilitation des mutinés du Chemin des Dames, Nicolas Sarkozy a à nouveau tendu la main aux fusillés : « Beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés […]. Ils étaient des hommes comme nous avec leurs forces et leurs faiblesses. »

La réconciliation, c’est surtout celle de la France et de l’Allemagne, dans un lieu marqué par le souvenir de François Mitterrand marchant main dans la main avec le chancelier allemand Helmut Kohl : « Le temps est venu d’honorer tous les morts sans exceptions », annonce Nicolas Sarkozy, qui s’est ensuite rendu au cimetière militaire allemand de Ville-devant-Chaumont pour y déposer une gerbe sur la tombe d’un Allemand tombé au combat.

La commémoration se veut donc européenne : « C’est sur le sang des soldats de la Grande Guerre que s’est construit le grand rêve de la fraternité humaine, […] l’Europe. » Si La Marseillaise ouvre la cérémonie, c’est L’Hymne à la joie qui la clôt. Le prince Charles d’Angleterre et le grand-duc de Luxembourg ont d’ailleurs fait le déplacement. Seule ombre au tableau, l’Allemagne n’est représentée que par le président du Bundesrat, l’équivalent du Sénat.

Angela Merkel, en déplacement en Pologne, a décliné l’invitation, de même que le président de la République fédérale d’Allemagne. Le retard de José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne, qui l’a empêché de participer au dépôt de gerbes sous les drapeaux, laisse également un vide sur la photo souvenir.
Modernisation

Cet anniversaire, Nicolas Sarkozy avait choisi de le placer sous le signe du renouveau. D’abord, en changeant de lieu. Pour la première fois depuis 1921, ce n’est pas sur la tombe du soldat inconnu que le Président s’est recueilli, mais devant la statue de Georges Clemenceau, et sur les lieux mêmes des combats. Parmi les anciens combattants, cette délocalisation n’est pas toujours bien reçue : « Le vrai symbole de tous les morts de la guerre, c’est le soldat inconnu », regrette un membre d’une association d’anciens combattants.

Moderniser la commémoration, c’est aussi la tourner vers un public plus jeune : venus avec leurs classes, en groupes ou avec leurs parents, les enfants sont nombreux, présents, réactifs. Certes, Carla Bruni l’emporte à l’applaudimètre, mais le silence qui accompagne le recueillement sur les tombes montre que le lieu et la cérémonie n’ont rien perdu de leur pouvoir d’évocation.

France-soir.fr – (www.legrandjournal.com.mx)

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