Pour trouver un maximum de résonance, le gouvernement Ayrault tenait symboliquement à abroger la «circulaire Guéant» hier, un an jour pour jour après sa signature, le 31 mai 2011.
Après plusieurs va-et-vient dans la journée, les trois ministères concernés (Travail, Intérieur et Enseignement supérieur) ont «officialisé» l’abrogation de ce texte qui restreignait le droit de travailler des jeunes diplômés étrangers. Une mesure promise par Hollande et qui marque la rupture avec l’ère sarkozyste.
«Rigueur». La circulaire Guéant, signée par le ministre de l’Intérieur de l’époque et par son collègue du Travail, Xavier Bertrand, avait pour objectif de «maîtriser l’immigration professionnelle». En clair, il s’agissait pour Claude Guéant d’afficher de «bons» chiffres – en baisse – de l’immigration fin 2011, à six mois de la présidentielle. Et cela passait par la «réduction du flux» des immigrants légaux. La circulaire enjoignait donc aux préfets «d’instruire avec rigueur» les demandes d’autorisation de travail et, pour les étudiants étrangers voulant un visa professionnel, de «procéder à un contrôle approfondi».
Ironie de l’histoire, les premiers à protester, en toute discrétion, sont des patrons de sociétés de communication ou de conseil, ainsi que les responsables des grandes écoles. De jeunes diplômés étrangers de HEC, de l’Essec ou de Sciences-Po, qui avaient des promesses d’embauche, se voient opposer des refus dans les préfectures, alors que jusqu’ici, cela ne posait pas de problème. Les dossiers prennent de plus en plus de temps à être traités. Certains se retrouvent sans papiers, en butte à des obligations de quitter le territoire et contraints de rentrer chez eux. Or, ces jeunes, parlant souvent plusieurs langues, ouverts à la mondialisation, sont appréciés en France. Souvent, ils ne souhaitent y faire qu’une première expérience professionnelle, avant de partir découvrir d’autres cieux.
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