Fraudes présumées : Royal réclame des sanctions, le PS appelle au calme
Publié le 11/09/2009 par " Le Grand Journal "
Ségolène Royal a réclamé vendredi des “sanctions” contre les fraudes présumées lors de l’élection Martine Aubry à la tête du PS, n’excluant pas le recours aux tribunaux, récoltant un tir groupé de ténors socialistes qui l’exhortent, au calme à la veille du lancement des primaires.
“Dans un premier temps, je pense qu’il faut sanctionner ces fraudes, il faut appliquer la loi. Consulter les militants éventuellement, ensuite procéder à un nouveau vote”, si “ces fraudes sont avérées”, a déclaré Mme Royal sur France-Inter, dans sa première réaction à la parution d’un ouvrage “Hold-uPS, arnaques et trahisons”, qui a relancé la polémique autour de l’élection de la patronne du PS en novembre 2008.
Mme Royal a même évoqué la possibilité d’une saisine des tribunaux – “tout électeur du Parti socialiste est fondé à porter l’affaire devant la justice”, a-t-elle dit- avant de préciser dans un communiqué qu’elle n’avait encore “pris aucune décision” à ce sujet.
“Je suis en train de consulter”, a-t-elle ajouté, assurant qu’elle ferait “une déclaration solennelle mardi prochain”.
La direction du PS n’a pas fait de commentaires.
Christian Paul, proche de Martine Aubry, et mis en cause dans le livre, a jugé auprès de l’AFP “sidérant” que Ségolène Royal veuille “utiliser l’ouvrage pour se refaire une santé au PS”. Le député de la Nièvre a demandé au président de la Région Guadeloupe, Victorin Lurel, de “rétablir la vérité” sur des propos qui lui sont attribués dans le livre.
L’affaire tombe au plus mauvais moment pour le Parti socialiste, jetant le doute sur sa probité et sa capacité à organiser des élections saines au moment où il se lance dans la préparation des primaires, appelant électeurs et sympathisants à se rendre aux urnes pour désigner son candidat de 2012.
Le Conseil national (Parlement du parti) doit avaliser samedi, lors d’une réunion à La Mutualité à Paris, des “questionnaires” sur les modalités des primaires, qui seront soumis au vote des militants le 1er octobre.
Des ténors du parti et ex-lieutenants de Ségolène Royal, comme François Rebsamen, ont volé au secours des primaires, présentées comme un gage de rupture avec les pratiques antérieures.
Appelant l’ex-candidate à la présidentielle à “regarder vers l’avenir”, le sénateur-maire de Dijon a assuré qu’il allait se battre pour “la création” dans le cadre des primaires “d?un corps électoral protégé par une commission indépendante et souveraine”. Il a appelé Mme Royal à “ne pas feindre de découvrir” des irrégularités, dénoncées déjà à l’époque.
Pour Manuel Valls – autre ex-partisan de Royal et qui, après le vote, avait brandi la menace de saisir les tribunaux – “il faut tourner la page” et “régénérer” le PS à l’occasion des primaires qui doivent être “impeccablement organisées”, “sans le moindre doute”.
Vincent Peillon, ancien proche de Mme Royal, a affirmé avoir été celui qui en 2008 “a décidé de ne pas faire de recours en justice”. Estimant que tout cela était “du passé”, il a appelé la présidente de Poitou-Charentes à “faire des propositions politiques”.
Pour Gaël Sliman de l’institut BVA, le recours à “une solution légale pour contester ou invalider” le scrutin “pénaliserait certes l’image du PS et de Mme Aubry” mais ce serait aussi “un suicide politique pour Ségolène Royal”.
Selon lui, “les Français, les sympathisants de gauche, les militants socialistes ne supportent plus l’image d’un PS divisé, qui était une vraie pétaudière”. “Toute personne qui donnerait l’impression de reprovoquer des divisions, de revenir en arrière, en serait la première pénalisée”, estime-t-il.
lexpress.fr – (www.legrandjournal.com.mx)
Article du 9 Septembre 2009
Réagissant à la sortie d’un livre qui accuse les amis de Martine Aubry d’avoir triché pour la battre, l’ex-candidate à la présidentielle ne veut pas en rester là.
Séglène Royal menace la direction du PS. A l’origine de la nouvelle offensive de l’ex-candidate à l’élection présidentielle, un livre choc. Dans « Hold-up, arnaques et trahisons »*, les journalistes Antonin André (Europe 1) et Karim Rissouli (Canal +) décortiquent un mécanisme présumé de fraude qui aurait bénéficié à Martine Aubry au détriment de Ségolène Royal lors la désignation de la nouvelle secrétaire du PS en novembre 2008.
Un livre qui, hier, a ravivé les tensions.
7H 40 « Je suis sous le choc. » Hier matin, l’ex-candidate se sait attendue sur France 2. La veille, elle a pris connaissances des bonnes feuilles du livre. Un passage a particulièrement retenu son attention : celui sur « le comité de ville », un organe qui aurait été mis en place à Lille le soir du 21 novembre pour contrôler les résultats de la puissante fédération du Nord. « C’est la preuve qu’un système organisé a été mis en place au sommet », argue le député Guillaume Garot, qui l’accompagne. Royal surjoue, jurant avoir « ressenti un choc ». Sans dévoiler ses intentions, elle menace : « On ne peut pas laisser… Je ferai une déclaration solennelle dans quelques jours. »
9 HEURES « J’ai gardé les dossiers. » Au siège du PS, Pascale Boistard enrage. « Ils veulent le grand déballage ? Pas de problème, j’ai gardé les dossiers… », lâche cette proche de Laurent Fabius, chargée en novembre 2008 de centraliser les éventuelles irrégularités commises dans le camp Royal. Martine Aubry, elle, affiche une apparente sérénité quand elle reçoit quelques journalistes. Au programme : la taxe carbone et son rendez-vous à l’Elysée dans l’après-midi. La question fuse « Et le livre ? » « Je ne le lirai pas, j’attends le film ! » grince la première secrétaire. « J’ai fait ce qu’il fallait pour que les choses se passent mieux avec Ségolène… Je suis dans une logique de travail. »
11 H 30 « Comme si Castro donnait des leçons à Chavez. » Ordre, contre-ordre. Ça flotte dans le camp Royal, qui avait prévu de rencontrer la presse au Musée social. « Elle ne veut plus s’exprimer sur le livre », justifie son entourage, qui finit par annuler. Mais le coup est parti. En lâchant sa menace, Royal a pris le risque de rouvrir les plaies mal cicatrisées du congrès de Reims. Tout l’après-midi, dans son QG du boulevard Raspail, elle consulte ses proches. Faut-il demander un nouveau vote ? « Les adhérents sont lassés… », plaide Garot, pas convaincu. Alors que faire ? Et quand ? « Elle est dans la seringue. Va-t-elle s’excuser pour les fraudes commises dans l’Hérault ? C’est comme si Castro donnait des leçons à Chavez », raille un responsable national.
17 H 30 Sur le perron de l’Elysée. « Malveillant avec tous les socialistes » : à la sortie de son entretien avec Nicolas Sarkozy, Aubry n’est pas très diserte sur le livre. Son entourage a pris le relais. Le porte-parole, Benoît Hamon, dénonce un « livre mal informé » et met en garde Royal : « Elle a tort de poursuivre dans des combats qui ressassent le passé. Il y a eu un verdict. »
* « Hold-up, arnaques et trahisons » d’Antonin André et Karim Rissouli, Editions du Moment, 192 pages, 16,50 €.
Le Parisien
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