Pendant une dizaine d’heures vendredi, la plupart des 26 millions de clients de l’opérateur mobile n’ont pu communiquer. L’événement, d’une ampleur inédite, s’explique par une panne logicielle sur un équipement central du réseau. Circonstance aggravante, la « mauvaise plaisanterie » est survenue un jour de résultats du bac et un week-end de départs en vacances.
Les dysfonctionnements du premier réseau mobile de France ont commencé vendredi vers 16 heures. Impossible pour les abonnés d’Orange de téléphoner, envoyer des SMS et surfer sur Internet via leur mobile. Rapidement, une cellule de crise est mise en place au centre de supervision du réseau au niveau national, basé à Paris dans le 14 e arrondissement. Dans les heures qui suivent, Delphine Ernotte, d’Orange France, rentre à Paris, suivie par Stéphane Richard, le PDG de France Télécom. Certains membres du comité exécutif sont injoignables sur leur portable… Orange.
Gervais Pellissier, le numéro deux du groupe, s’en sort bien : ancien patron de la filiale espagnole, il a gardé une carte SIM d’Orange Espagne et peut donc prévenir ses collègues… sur leur ligne fixe. Puis, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin, en charge de l’Economie numérique au gouvernement, sont passés, preuve de l’importance de l’événement.
Au PC de crise, 200 ingénieurs de l’opérateur s’agitent, aidés par des experts d’Alcatel-Lucent et Ericsson, les deux fournisseurs d’Orange. La décision est prise par les X-Télécoms, véritables maîtres du réseau, d’isoler et d’arrêter totalement les réseaux voix/SMS et Internet mobile pour les faire repartir l’un après l’autre.
« C’est une panne logicielle qui a affecté des équipements critiques », a expliqué Stéphane Richard, faisant acte de contrition, samedi lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il a présenté « ses excuses sincères aux clients d’Orange ». « Ce n’est pas une attaque informatique. Il n’y a pas de lien avéré avec l’itinérance faite à Free Mobile. Ce n’est pas non plus lié à un défaut d’investissement, ni à un trafic trop important.
Notre réseau est tout à fait calibré pour l’explosion du trafic. Ce qui s’est passé, c’est un dysfonctionnement », a poursuivi le dirigeant. Après dix heures de black-out total, tout est revenu dans l’ordre, vers minuit trente pour les appels et vers 3 h 30 pour l’Internet mobile.
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