Sale temps pour Ségolène Royal ! Depuis le soir du premier tour, la présidente de Poitou-Charentes savait que la partie serait difficile contre son adversaire, le dissident PS Olivier Falorni. Notre enquête exclusive réalisée par l’institut BVA auprès de 606 personnes inscrites sur les listes électorales de la 1ère circonscription de Charente-Maritime ne lui laisse guère d’espoirs pour le second tour dimanche.
Elle serait battue sur un score sans appel: 45% contre 55% pour son rival.
Ségolène Royal, qui a souligné dans une interview à Libération «la violence du coup» que lui a porté la compagne du président de la République Valérie Trierweiler en apportant son soutien à Olivier Falorni, ne peut guère compter sur un puissant mouvement de compassion de la part des électeurs. Notre enquête, réalisée après la polémique, montre qu’il n’en est rien, même si son score progresse, par rapport à un précédent sondage IFOP Fiducial qui ne lui attribuait que 42% des intentions de vote. De la même façon, les nombreux appels à voter pour elle lancés par les ténors socialistes, de Martine Aubry à Jean-Marc Ayrault ne suffisent pas non plus à inverser la tendance.
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A la Rochelle, le soldat Royal est en grand danger. Dans la bataille qui, depuis des semaines, divise la ville en pro Falorni et pro Royal, les résultats du premier tour dans la première circonscription de Charente Maritime ont accouché du scénario le plus noir pour la présidente de Poitou-Charente.
Certes, officiellement désignée par le PS, elle est arrivée en tête avec 32,03 % des voix, à peine 3,08 points devant son concurrent dissident PS (28, 91 %). Une trop petite longueur d’avance. Il en faut plus pour démonter la candidate qui tout en affirmant son ambition pour la présidence de l’Assemblée appelle au rassemblement en vertu « des lois républicaines et des lois de la gauche, c’est-à-dire pour tous les candidats de gauche de se rassembler derrière celui qui est arrivé en tête au premier tour ».
Olivier Falorni, le régional de l’étape, ne l’entend pas de cette oreille. Il ne se retire pas. « Mme Royal ne m’a pas adressé la parole depuis trois ans. Je trouve cette sollicitude soudaine et bien suspecte. Je résisterai à toutes les pressions y compris si elles viennent de l’Elysée », dit-il.
Il pourrait déjà rassembler les électeurs de droite car la candidate UMP ne peut pas se maintenir : avec 19,47 % des voix, elle n’a pas recueilli 12,5 % des inscrits. Les ténors UMP de la région, Dominique Bussereau et Jean-Pierre Raffarin, qui ne pardonnent pas à Mme Royal de leur avoir pris la Région et rêvent de reconquérir celle-ci en 2014 pensent beaucoup de bien d’Olivier Falorni.
L’UMP « laisse les électeurs libres de leur vote selon leur affect charentais », affirme benoîtement l’ancien Premier ministre. D. Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime tout en précisant qu’il ne s’exprime pas en tant que membre de l’UMP appelle à voter pour le dissident PS, qualifiant Ségolène Royal d’« intruse » et M. Falorni de « candidat local qui représente le mieux la Charente-Maritime ».
Un vrai casse-tête pour Solférino et l’Elysée que la mise en ballottage de Ségolène ! Il leur faut donc se mobiliser pour sauver le soldat Royal que sa défaite mettrait dans une situation politique et personnelle compliquée.
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