PS: Motion de censure, troisième
Publié le 30/06/2009 par " Le Grand Journal "
Pour la troisième fois depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le PS va déposer une motion de censure contre le gouvernement. Cette décision a été actée mardi lors d’un bureau politique organisé rue de Solférino.
Sans aucune chance de succès, les députés socialistes veulent entendre François Fillon s’exprimer à l’Assemblée sur “l’aggravation de la crise”. Les députés socialistes en font une question d’honneur. Puisqu’à la faveur du récent remaniement, François Fillon avait refusé d’engager sa responsabilité à l’issue d’un discours de politique générale, l’opposition va le contraindre à sortir de sa réserve. Sans aucune chance de succès, le PS a en effet annoncé mardi son intention de déposer une motion de censure contre le gouvernement, la troisième depuis l’installation de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en mai 2007. Cette décision, qui avait reçu dans la matinée l’aval de la majorité des députés PS, a été formalisée lors d’un bureau national tenu en fin de journée rue de Solférino. La motion sera déposée “dans les prochains jours”, a fait savoir Benoît Hamon et devrait être soumise à l’Hémicycle la semaine prochaine, dans le cadre de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale.
Malaise
“Face à l’aggravation de la crise, nous voulons entendre le Premier ministre”, a, sur le fond, expliqué le porte-parole du PS. Une manière pour l’opposition de faire connaître son malaise suite au discours tenu par Nicolas Sarkozy devant le Congrès réuni à Versailles. Cette intervention, rendue possible par la révision constitutionnelle de l’été 2008, avait en effet été suivie d’un débat – boycotté par la gauche – mais n’avait pas été sanctionnée par un vote. “Le président parle à Versailles (mais) sans engager la responsabilité du gouvernement”, a déploré Benoît Hamon mardi soir. A François Fillon, conformément à l’article 49-2 de la Constitution, de désormais réparer l’offense. Nicolas Sarkozy “a donné une nouvelle feuille de route au gouvernement ce qui justifie que le Premier ministre parle: des contours de l’emprunt, de la lutte contre la crise à la rentrée, de ce qu’on fait pour les Français les plus fragiles, ceux qui ne partent pas en vacances”, a insisté l’ex-eurodéputé.
Avant même que le PS ne formalise le dépôt de cette motion de censure, le PCF avait fait savoir qu’il la voterait. Toutefois, avait fait remarquer Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, “je ne suis pas persuadé que (la motion de censure) remplace une déclaration de politique générale du Premier ministre”. Qu’importe le flacon, lui a répondu en substance, Jean-Marc Ayrault, chef de file des élus socialistes au Palais Bourbon, le débat sur la motion de censure “sera pour nous l’occasion de forcer le gouvernement à nous répondre” sur sa politique socio-économique. Avant cette troisième épreuve, François Fillon et la majorité avaient déjà repoussé à deux reprises les attaques de l’opposition: le 8 avril 2008, au moment de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Otan et le 27 janvier dernier. La politique de l’exécutif était alors accusée d’”inaction” face à la crise et de “menace sur les libertés individuelles”.
Le JDD.fr
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