PS – Rénovation : le plus dur reste à faire pour Aubry..
Publié le 02/10/2009 par " Le Grand Journal "
Le dépouillement des bulletins s’est terminé tard dans la nuit de jeudi à vendredi. 92 310 militants socialistes se sont exprimés sur la rénovation qui leur était proposée, soit une participation de 46 %. Un chiffre plus faible que lors du dernier congrès (131 930 votants) mais plus élevé que lors de la désignation des têtes de liste aux européennes (79 000 votants). Soulagés, les dirigeants du PS veulent croire qu’ils ont réussi leur pari. En présentant ces résultats, vendredi matin, le porte-parole, Benoît Hamon, en précise chaque détail : participation, abstention… Il ironise à destination des sceptiques : «Il faut me dire à partir de quel seuil le résultat est massif ? » Il s’amuse : le non-cumul des mandats, qui faisait grincer des dents quelques élus, a été plébiscité …
Image profondément dégradée
Ce vote fait du PS «le parti le plus moderne, le plus transparent et le plus éthique qui soit», claironne-t-il. Le PS va «changer de visage et de nature». Après l’échec électoral des européennes, le feuilleton des querelles internes et les polémiques sur les fraudes du congrès, les socialistes espèrent – enfin – avoir réussi quelque chose.
Sauf que l’image du PS est profondément dégradée et peut-être durablement. Les questions des journalistes, lors de la conférence de presse, portent encore sur l’organisation du vote, le nombre de militants réels. En interne, elles sont entretenues par les adversaires de Martine Aubry qui, dans la nuit de jeudi à vendredi, s’étonnaient par exemple de ne pas avoir les résultats de la fédération du Pas-de-Calais, «comme d’habitude».
Benoît Hamon en a assez de devoir répondre sur ce terrain. «Ça devient vraiment lassant», soupire-t-il. «Il n’y a pas plus transparent, s’énerve-t-il. Au PS, vous savez tout. À l’UMP, vous ne savez rien, chez les autres partis non plus !» À un autre moment, il s’emporte contre Xavier Bertrand. «C’est une consultation qui ressemble à du vent», avait souri le secrétaire général de l’UMP la veille. «De la part du dernier parti stalinien, un parti aux ordres du gouvernement, qui organise des votes électroniques et par Internet que personne ne peut contrôler, les critiques sont un peu dures à écouter, je ne les accepte pas», a rétorqué Hamon.
Par devoir souvent, les militants se sont acquittés de leur tâche. La «rénovation» du PS n’est pas pour autant achevée. Au contraire. «Il y a encore beaucoup de boulot à faire» mais «un grand pas a été franchi», s’est félicitée Martine Aubry, vendredi, en saluant le «beau geste de confiance» des adhérents. L’opération de relégitimation que recherchait la première secrétaire n’a pas fonctionné, même si elle a évité le flop.
La feuille de route ayant été validée, Martine Aubry va devoir passer aux actes. «La réussite de l’opération dépendra de l’exécution», a prévenu Pierre Moscovici, par exemple. Tout le Parti socialiste attend désormais de juger la première secrétaire sur les propositions précises qu’elle présentera lors d’une convention en juin 2010. Les militants seront à nouveau consultés à la fin du processus.
Le Figaro

AUCH — La consultation sur la rénovation du Parti socialiste, à laquelle sont appelés jeudi les militants, est “un vote assez historique” et permettra de changer le statut du parti “avant l’été”, a affirmé mercredi soir à Auch (Gers) la Première secrétaire du PS, Martine Aubry.
“C’est un vote assez historique, ça arrive sans doute une fois dans la vie d’être interrogé sur la façon dont on veut créer un nouveau Parti socialiste, dont on veut révolutionner la façon d’être et les pratiques”, a souligné Mme Aubry devant la presse lors de la deuxième étape de son “tour de France du projet” de 2012, qui a réuni près de 800 personnes.
C’est aux militants de choisir et “on mettra immédiatement la feuille de route de leurs décisions sur la table pour pouvoir changer le statut avant l’été”, a-t-elle ajouté.
“Aucune des réformes proposées – non-cumul, primaires, parité, diversité – ne doit avoir lieu si les militants ne sont pas d’accord, sinon cela ne réussira pas”, a encore affirmé Mme Aubry: “Rien ne peut se faire si les militants ne sont pas d’accord”.
S’adressant ensuite directement à eux dans une salle de sports de la ville, la Première secrétaire a souligné qu’une “nouvelle société est possible”, avec un PS “capable de porter les valeurs d’ouverture, de solidarité, de fraternité”, qui mettrait entre autres “l’économie avant la finance”.
Les participants au débat, des militants mais également des représentants de divers secteurs de la société (entrepreneurs, étudiants…), militants PS ou non, de gauche et de droite, étaient assis sur des chaises installées en fer à cheval autour de Martine Aubry.
Se levant pour prendre le micro, ils ont évoqué différents thèmes comme les délocalisations, le rapprochement avec le Centre, la dette, l’emploi, dénonçant une situation ou proposant des solutions.
Martine Aubry prenait des notes, avant de répondre, souvent applaudie. “Ce que l’on veut, c’est une société qui prend soin de chacun”, a-t-elle assuré, avec comme points-clés “des moyens pour l’éducation et un accès aux soins pour chacun”. “Il faut mieux prendre en compte chacun pour l’aider à trouver un emploi”, avec un accompagnement individuel et pas seulement collectif”, a-t-elle ajouté.
Le “tour de France du projet” doit conduire, pendant deux mois et demi, Mme Aubry dans sept autres villes dont Cachan (9 octobre), Grenoble (21 octobre) mais aussi à la Réunion, avant Paris mi-décembre.
AFP
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