Paris – A quelques pas de l’entrée pour les artistes d’un festival organisé par une grande chaîne de magasins, un petit groupe de personnes, tous âges confondus, portent un grand drapeau mexicain et quelques pancartes dont l’une indique : « Mexique = Dictature 88 000 morts ». Mario Rodriguez, notre reporter était présent.Témoignage…
Nous sommes le 22 juillet 2012, il est 14h30, les manifestants commencent à peine à arriver, et au fur et à mesure qu’ils se rendent sur place, on les entend dénoncer la fraude lors des dernières élections au Mexique, ils parlent d’achat de votes, d’irrégularités lors du processus électoral, et de temps en temps ils jettent un regard méchant sur le monstre en carton qui attend, tête basse, son procès sous le soleil d’été parisien.
C’est sur le parvis de l’Hôtel de ville que le dinosaure et les manifestants ont été ressemblés par les organisateurs du mouvement MORENA Francia. Vers 15h, ils ont baptisé le monstre : le PRInosaure, car il est le représentant du parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Le condamné porte sur le ventre l’écusson du parti.
A 15h35, l’un des membres du mouvement de régénération national (MORENA), Sergio Avalos, commence la lecture d’une « Déclaration citoyenne depuis Paris concernant la fraude lors des élections du 1er juillet 2012 ». Dans ce document, l’ensemble des manifestants composés par des membres de Morena mais aussi par une partie du groupe étudiant #Yosoy132paris et bien d’autres manifestants -parmi lesquels des touristes mexicains, des conjoints français et italiens,…- expriment leur solidarité envers leurs compatriotes, amis ou famille au Mexique.
La déclaration lance un appel à la société française et à la communauté européenne et internationale à montrer leur compromis envers la démocratie et le respect des droits de l’homme en soutenant la cause mexicaine contre la fraude électorale. Ils exigent des autorités mexicaines qu’elles reconnaissent qu’il est encore temps de trouver une décision correcte et responsable c’est-à-dire, l’annulation des élections présidentielles. Finalement, une invitation est lancée pour que leurs compatriotes sceptiques et passifs se joignent au mouvement en soulignant que celui-ci est une lutte non pas pour un parti ou candidat, mais simplement une lutte pour la Démocratie.
A la fin de la lecture du communiqué face aux quelques médias présents, c’est au tour du PRInosaure d’entrer en scène. Un « Procès populaire contre le PRI » se tient, sur le même parvis de la Place de grève où la France d’auparavant exécutait ses prisonniers devant son peuple.
Les mexicains accusent le Parti révolutionnaire institutionnel de vol des ressources nationales, d’abus d’autorité, de répression sauvage contre la liberté d’expression, d’assassinats, de corruption, et surtout d’avoir menti aux plus démunis en abusant de leur pauvreté pour acheter, pour quelques pesos, leur vote. Le dinosaure est déclaré coupable, et sa tête est tranchée. Le condamné vit son dernier souffle par terre, humilié devant le peuple « réveillé » en recevant des coups de pied et de bâton.
Ici à Paris on a un grand problème avec les membres « attitrés » du mouvement #Yosoy132, pendant que le reste des mexicains essayent de s’unir, un petit groupe, agissant principalement à travers Facebook, dénigre et minimise les actions entreprises par d’autres organisations mexicaines (comme celle qui est présenté dans cet article), paradoxalement ces actions vont dans le même sens que leurs demandes pour l’annulation des élections et l’éclaircissement du processus tout entier. On est plusieurs à se revendiquer de cet mouvement, mais ne voulant pas participer avec les gens qui organisent sur FB car ils ont monopolisé la parole et la prise des décisions, s’auto-nommant les 132 officiels à Paris.
Ceci est un cri d’appel aux 132France et de l’étranger pour qu’ils nous aident à sortir de cette pénible situation. On veut participer des actions, mais pas quand ces actions divisent et sont même contraires aux idéaux du mouvement. On constate qu’au Mexique le mouvement est en train d’allier ses forces avec d’autres groupes, pour donner seulement un exemple, ce mois de juillet se sont réunis à Atenco au moins 300 différentes organisations mexicaines dans la « Convención Nacional contra la Imposición ». Pourquoi les membres du #Yosoy132Paris ne font pas pareil ? Pourquoi quand il s’agit des manifestations d’autrui ils ne se sentent pas concernés et les qualifient de « protesta tipo carnaval dominguero » et se plaignent du manque d’intérêt porté au suivi de leur groupe sur FB ?
Aux 132Paris qui se sentent concernés par ce message, on leur demande un peu plus d’ouverture pour créer une union mexicaine et aller tous non pas de la même manière, mais avec les mêmes convictions de faire sortir notre pays de cette situation si délicate.