Affaire Cassez – La police a menti selon la justice Mexicaine ! (Dossier)
Publié le 20/04/2010 par " Le Grand Journal "
La police mexicaine a menti en faisant croire à la presse que l’arrestation de Florence Cassez s’était déroulée “en direct” le 9 décembre 2005, a reconnu la justice mexicaine. C’est une nouvelle extraordinairement importante pour son dossier. Florence intervient sur Europe 1 et veut rester prudente…
Les journalistes, de télévision entre autres, ont cru couvrir en direct l’intervention des policiers qui arrêtaient Florence Cassez et son ex-compagnon Israël Vallarta au petit matin du 9 décembre, mais la véritable arrestation avait eu lieu auparavant, a reconnu le Parquet général de la République (PGR), l’équivalent au Mexique du ministère de la Justice, dans un document dont l’AFP a obtenu copie lundi.
“Il y a là matière à révision du procès, car ce document aurait dû figurer dans le dossier lors de la procédure d’appel”, a réagi l’avocat mexicain de Florence Cassez, Me Agustin Acosta. La jeune femme a été condamnée à 60 ans de prison en appel en mars 2009, après une peine de 96 ans en première instance.
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Florence Cassez réagit aux aveux de la justice mexicaine sur Europe1
Elle veut rester prudente. Florence Cassez a réagi mardi sur Europe 1 à l’annonce de la nouvelle : le ministère de la Justice mexicain a admis une mise en scène de l’arrestation de la Française en 2005, qui purge une peine de 60 ans de prison.
“Je ne dirai pas que cela me soulage. Au contraire, cela m’énerve plus qu’autre chose”, s’est exclamé la jeune femme. “Je suis la seule finalement à avoir dit la vérité depuis le départ”, a-t-elle ajouté.
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“Il ya eu manipulation de l’accusation dans l’affaire Cassez”
PARIS (AP) — L’avocat de Florence Cassez, la Française détenue au Mexique pour une affaire d’enlèvements, s’est réjoui mardi que la justice de ce pays ait confirmé que l’arrestation télévisée de la jeune femme fin 2005 avait été mise en scène pour les caméras et qu’elle avait été arrêtée la veille. Pour Me Franck Berton, c’est un pas important “vers une révision de son procès”.
“Florence n’avait pas été arrêtée le 9 décembre (2005), au moment de l’arrivée des médias, mais bien avant”, a rappelé son conseil sur France-Info. “C’est la preuve aujourd’hui judiciaire que la police mexicaine a menti dès l’origine de ce dossier. Et puis c’est un pas surtout, et on l’espère, vers une révision de son procès”.
Début 2009, les autorités mexicaines avaient reconnu avoir rejoué, devant les caméras de télévision, la libération des otages et l’arrestation des deux suspects, la Française et un Mexicain. Le parquet avait admis que Florence Cassez avait en réalité été arrêtée la veille.
“Lorsque son procès s’est tenu en appel, le juge d’appel n’a pas su qu’une décision avait déjà été rendue, constatant que la police mexicaine avait menti dès son interpellation”, a déclaré Me Berton, qui compte “déposer une plainte en France pour falsification de procès verbaux de police” au Mexique.
“Dès le début, l’enquête est falsifiée. Et à partir du moment où l’enquête est falsifiée (…), le dossier s’effondre”, a affirmé l’avocat de Florence Cassez, estimant que cela “apporte de l’eau au moulin de la défense” et constitue “peut-être une porte ouverte à son rapatriement”.
Le ministère français des Affaires étrangères a rappelé mardi avoir déjà exprimé sa “préoccupation sur les conditions de cette interpellation, conditions qui entachent la régularité de la procédure”.
“Nous avons déjà exprimé notre préoccupation sur les multiples irrégularités et zones d’ombre qui nous conduisent à penser que notre compatriote n’a pas bénéficié d’une procédure juste et équitable”, a déclaré le porte-parole du quai d’Orsay, Bernard Valero, lors d’un point presse. “La France reste plus que jamais mobilisée pour que soit trouvée dans le cadre du droit une solution”.
L’affaire Cassez “est suivie de près par Nicolas Sarkozy et le Quai d’Orsay”
La justice mexicaine a reconnu lundi que la police avait menti sur les circonstances de l’arrestation de la Française : les journalistes mexicains avaient cru couvrir en direct l’interpellation de Florence Cassez et de son ex-compagnon Israël Vallarta le 9 décembre 2005, alors qu’elle avait eu lieu auparavant.
“Nous ne connaissons pas le document dans lequel le ministère de la Justice mexicain reconnaîtrait officiellement que l’interpellation de Florence Cassez le 9 décembre 2005 a été un montage médiatique orchestré par l’Agence fédérale d’investigation”, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, interrogé lors d’un point-presse sur ces révélations.
Il a rappelé que Paris avait déjà par le passé “exprimé sa préoccupation sur “les conditions de cette interpellation, des conditions qui empêchent la régularité de la procédure”. Les autorités françaises ont aussi déjà évoqué “les multiples irrégularités et zones d’ombre qui nous conduisent à penser que notre compatriote n’a pas bénéficié d’un procès juste et équitable”, a dit le porte-parole.
“Cette affaire n’est pas close et la France reste plus que jamais mobilisée pour que soit trouvée dans le cadre du droit une solution”, a-t-il ajouté. Bernard Valero a rappelé que cette affaire était “suivie de près à la fois par le président Nicolas Sarkozy et le Quai d’Orsay”.
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Affaire Cassez: Pas d’année du Mexique en France?
JUSTICE – C’est en tout cas la demande du président du comité de soutien à Florence Cassez, Jean-Luc Romero…
La justice mexicaine a avoué son mensonge sur l’affaire Cassez. Et le conseiller régional Jean-Luc Romero, président du comité de soutien à Florence Cassez, s’en est réjoui ce mardi. En réaction, il demande «la suspension de l’année du Mexique» en France prévue en 2011.
L’arrestation n’était pas en direct. La justice mexicaine l’a reconnu : la police a fait croire que l’arrestation de Florence Cassez, condamnée à soixante ans de prison pour enlèvement, s’était déroulée «en direct» le 9 décembre 2005. Jean-Luc Romero, conseiller d’Ile-de-France élu sur la liste parisienne menée par Anne Hidalgo (PS), «espère que cette déclaration aidera à faire avancer les autorités mexicaines qui ne manquent pas d’éléments prouvant l’innocence de Florence». Il souhaite suspendre l’organisation de l’année du Mexique tant que les arguments des avocats de la Française ne seront pas entendus.
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19 avril 2010
Le député-maire d’Orléans rend visite à Florence Cassez
Le député-maire (UMP) d’Orléans Serge Grouard a rendu visite dimanche dans sa prison de Mexico à Florence Cassez, la Française emprisonnée depuis plus de 4 ans au Mexique. (France-Soir)
M. Grouard, qui participait à une mission au Mexique de cinq membres de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, est allé voir Florence Cassez “avec le quitus de la délégation”, a-t-il déclaré, expliquant qu’une visite groupée posait trop de problèmes bureaucratiques sur place.
“Une délégation parlementaire française ne pouvait pas ne pas faire cette démarche-là, c’est de notre responsabilité de manifester notre solidarité à son égard”, a-t-il ajouté.
“A mon retour, je ferai en sorte que la France continue de lui manifester son soutien”, a-t-il encore déclaré.
La délégation conduite par l’ancien ministre Christian Jacob (UMP) et composée en outre des députés Bertrand Pancher (UMP), Catherine Quéré et Claude Darciaux (PS), s’est rendue dans le sud du Mexique pour y visiter des réalisations de commerce équitable, notamment dans la culture du café.
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Article du 15 février 2010
Une fois n’est pas coutume, la presse mexicaine prend la défense de Florence Cassez. Un journaliste de Milenio Semanal a étudié sommairement le dossier d’accusation contre Florence Cassez, condamnée à soixante ans de prison pour complicité d’enlèvement et en tire quelques conclusions… intéressantes !
“Je ne suis pas avocat, mais une chose est claire pour moi : dans n’importe quel pays du monde développé, avec un système de justice pénale moyennement décent, où la présomption d’innocence existe, le traitement infligé à Cassez lors de son arrestation et son utilisation à des fins médiatiques par les autorités seraient suffisants pour que cette jeune femme soit libre”, écrit Carlos Puig.
“Le dossier de la Française est un exemple de plus du fonctionnement de la justice mexicaine. Les accusations portées contre Florence ressemblent à celles de tant d’autres affaires au Mexique : des déclarations sans fondement, faites à contretemps, contredites par les faits. Rien de nouveau.” Et il conclut : “Pourquoi exhiber nos misères à la face du monde alors qu’un traité international permettrait au gouvernement de renvoyer la Française dans son pays et d’oublier l’affaire.” Pour Carlos Puig, “cette histoire sent la vengeance”.
www.courrierinternational.com
Texte en espagnol
He revisado someramente el grueso expediente del caso contra Florence Cassez, quien fue sentenciada a pasar buena parte de su vida en una cárcel mexicana. No soy abogado, pero una cosa sí tengo clara: en cualquier país del mundo desarrollado, con un sistema de justicia penal medianamente decente, donde la presunción de inocencia exista, el trato que se dio a Cassez durante su arresto, y su utilización para efectos mediáticos de parte de las autoridades, sería suficiente para que la señora estuviera libre.
Que las autoridades hayan confesado abiertamente el montaje para efectos televisivos, que implicó la retención ilegal de Cassez durante horas, les hubiera costado, en otro país, la chamba, si no es que a alguno hasta la libertad. Pero no.
http://semanal.milenio.com/node/1882
… otra vez, en cualquier país desarrollado con un sistema de justicia medianamente eficiente. ¿Por qué exhibir nuestras miserias ante el mundo, si bajo el amparo de un tratado internacional podría el gobierno haber mandado a la señora a Francia y olvidarse del asunto? ¿No podrían los estadunidenses y franceses, por ejemplo, ahora argumentar lo mismo que los mexicanos cuando queramos ayudar a un connacional?
Se lo pregunté a Florence. Ella lo tiene claro. Aquella noche de febrero cuando en el programa Punto de Partida de Denise Maerker hizo quedar en ridículo a Genaro García Luna con una llamada desde el Centro de Arraigos, marcó su destino para siempre: García Luna y el Procurador tendrían que aceptar la barbaridad que han cometido, pero nunca perdonar.
El viernes noté a Cassez hasta ilusionada de que algún día saldrá de la cárcel. Pobre, pienso: aún no conoce de la justicia mexicana.
Milenio
Article du 12 février 2010
“L’affaire Cassez montre que la justice mexicaine condamne sans preuves”
Anne Vigna, journaliste française au Mexique, a répondu aux questions des lecteurs de l’Express au sujet de la justice mexicaine, ce jeudi après-midi au cours d’un chat organisé par le journal.
matos91: Comment sont perçues les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le fait que “la France n’abandonnera pas” ses ressortissants, alors que rien n’est apparemment fait pour sortir ces personnes de prison, que ce soit au Mexique, au Brésil ou en Iran? que disent les Mexicains?
L’intervention de Nicolas Sarkozy a été très mal perçue au Mexique. Elle a été d’une part maladroite et d’autre part, mal comprise. Les Mexicains, à qui on assure que Florence Cassez est une grande délinquante, ont eu l’impression que la France se comportait en “colon”. Si Florence Cassez est une délinquante, pourquoi son président vient la chercher? est une réflexion courante, entendue ici. Par contre, la France est très présente sur ce dossier et met beaucoup de choses en oeuvre pour tenter de faire changer l’opinion publique mexicaine. Sa marge de manoeuvre est cependant limitée mais ce dossier est prioritaire.
Badoumba: Vous dites “si Florence Cassez est une délinquante”… Vous en dites quoi, vous qui vivez au Mexique et avez étudié cette histoire? Elle est innocente? Coupable? Naïve? Parce que franchement on ne sais plus quoi penser ici…
Nous sommes un groupe de correspondants français ici à avoir longuement épluché son dossier. Nous avions tous un avis différent sur son cas, et s’il existait des preuves de sa culpabilité, nous l’aurions bien évidemment dit. Nous n’allions pas défendre une personne pour le simple fait d’être Française.
Or non seulement, il n’y a aucune preuve de sa culpabilité, et toutes les preuves d’un montage, mais en plus, il existe clairement des pistes qui montrent qui sont les vrais kidnappeurs. Ces personnes, accusées par les victimes, liées à d’autres affaires de kidnapping, n’ont jamais été inquiétées par la police, ni même interrogées. Cela peut paraître étrange en France, mais ce n’est pas nouveau ni inédit ici. Ces personnes font partie de la famille des victimes, ce qui est courant dans les affaires de kidnapping et sont protégées par la police. Il existe plusieurs témoignages dans le dossier qui le prouvent.
Notre enquête se poursuit mais nous touchons à des zones d’ombre où la police refuse de répondre. Des preuves ont d’autre part disparu du dossier, ce qui complique l’enquête. D’autre part, Israel, l’ex-compagnon de Florence, est reclus dans une prison de haute sécurité et nous ne pouvons le rencontrer. Cependant, nous savons déjà qu’il n’est pas le chef de la bande comme le répète les autorités. Il y a plusieurs pièces judiciaires qui le prouvent. Par exemple, l’homme qui est accusé d’avoir kidnappé trois personnes dans son ranch, a toujours donné les clefs de son ranch à ses voisins, partait les week-ends voir ses enfants quand les victimes étaient paraît-il chez lui, etc. Nous avons assez de pièces pour douter de la culpabilité des deux mais surtout, pour douter du fait que les victimes étaient au ranch.
Aldaelle: Bonjour, à part Cassez et Moreaux, y’a-t-il eu d’autres cas litigieux d’étrangers condamnés au Mexique?
Oui, et en particulier récemment. Lors des dernières vacances de Noël par exemple, quatre Canadiens ont été arrêtés dans des conditions peu claires, et sont toujours gardés sous les verrous. Ils se sont retrouvés au beau milieu d’une opération policière dans un bar. On a très peu de nouvelles d’eux. Un Hollandais est également en prison alors qu’une vidéo de surveillance prouve qu’il a été agressé en sortant d’une discothèque. On l’accuse cependant d’être l’auteur de l’agression et son avocat a été enlevé, intimidé et détenu plusieurs heures.
Patrick75: C’est courant qu’on utilise des histoires d’enlèvements, comme pour les 2 Français, pour mettre des gens en prison comme ça?
Oui, c’est assez courant. L’histoire la plus connue ici et que nous racontons dans le livre est celle de Jacinta, une femme indigène, analphabète et pauvre, qui a passé trois ans et demi en prison pour “avoir kidnappé six policiers”. Son affaire a connu un retentissement médiatique important devant le ridicule de l’accusation et elle a été libérée en septembre dernier. En réalité, ce sont les policiers qui en toute illégalité ont tenté de voler des marchands. Comme cela n’a pas fonctionné, ils sont revenus 6 mois plus tard dans le village, se venger en arrêtant trois femmes, qui n’avaient rien à voir dans l’affaire. Pendant des années, la justice comme la police ont affirmé qu’ils avaient des preuves solides contre Jacinta, alors que son dossier est totalement vide.
caramba: Quel est l’intérêt politique ou diplomatique du Mexique de retenir prisonniers des Européens?
Ils n’ont aucun réel intérêt à maintenir Florence Cassez en prison. Cependant, la faire sortir ou la rapatrier en France, ce serait reconnaître que beaucoup de déclarations à son encontre étaient fausses.
Le montage de l’arrestation de Florence a été organisé par Genaro Garcia Luna, aujourd’hui ministre de l’Intérieur et bras droit du président, qui a assuré qu’il avait arrêté une bande internationale de kidnappeurs. Puis, le président Calderon, au moment de la visite du président Sarkozy, a utilisé politiquement cette affaire pour montrer qu’il ne cédait pas devant les pressions venues de l’extérieur et qu’il restait ferme face aux délinquants. Il a annoncé le refus du transfèrement quelques jours avant les élections législatives à mi-mandat et aurait ainsi gagné des points, même si son parti a finalement perdu ces élections.
Ces deux hommes se sont personnellement impliqués dans cette affaire en assurant qu’il s’agissait d’une grande délinquante, sans jamais parler du fond du dossier ni montrer de preuves. Mais il est difficile et politiquement inconcevable pour eux de revenir sur ces affirmations très médiatisées et reconnaître leurs erreurs. C’est pour cette raison que le Mexique refuse de répondre sur le fond du dossier: ni la police ni la justice mexicaine ne veulent donner une interview pour parler de l’affaire. On répond simplement qu’elle a été jugée et que le dossier est classé.
Badoumba: Comment se fait-il que ces Français incarcérés au Mexique aient un accès si facile, semble-t-il, aux médias français? On les entend ou on les lit régulièrement, ça va, ça doit pas être si dur la prison là bas…
Si la prison est très dure au Mexique, même si les prisonniers ont en effet accès à un téléphone. L’accès aux médias français n’est le cas que de Florence Cassez et pas de Gilles Moraux qui est détenu depuis novembre et on a très peu parlé de son cas. Dans le cas de Florence, c’est l’intervention de Nicolas Sarkozy qui a provoqué l’intérêt médiatique. Avant cela (Florence est en prison depuis quatre ans), on a peu parlé de son cas, en particulier quand le procès avait lieu.
Acapulco: On parle des deux Français là c’est bien… Mais si la justice mexicaine va mal, c’est quand même les Mexicains qui doivent en souffrir le plus non? Ils en disent quoi eux, de leur justice? Et du battage médiatique autour de Cassez?
Les Mexicains sont évidemment les premières victimes de cette situation. Tous les Mexicains connaissent les pratiques de leur justice et police, et à nous les étrangers, ils nous mettent sans cesse en garde contre eux. On vous dira: “si la police s’approche, tu cours”. On parle des Européens mais il existe des centaines d’histoires de Mexicains, en prison alors qu’on peut légitimement douter de leur culpabilité.
Presque quotidiennement, on présente aux médias des présumés narcotrafiquants sans jamais dire qu’ils sont présumés innocents. Ils sont présentés d’emblée comme coupables. Quand on s’intéresse aux dossiers judicaires, on se rend compte que les accusations sont légères, que les preuves sont falsifiées, etc. C’est un immense problème ici, nié par les autorités. D’autre part, la plupart des déclarations sont obtenues sous la torture ou des dans conditions illégitimes. L’affaire Cassez comme celle de Jacinta montrent à quel point la justice condamne à tour de bras, et sans preuves.
Le battage médiatique autour de Cassez est un autre problème car les médias sont devenus des tribunaux parallèles. Les médias se sont focalisés ici sur l’intervention de Sarkozy. Depuis quelques mois cependant, on parle enfin du fond du dossier. Et il semble que les Mexicains sont en train de changer d’opinion sur son cas. Ils ne sont pas surpris d’apprendre ce que raconte Florence Cassez qui intervient depuis la sortie de son livre dans les médias mexicains. C’est-à-dire que son ex-compagnon a été torturé, qu’elle a été gardé dans une camionnette 24 heures, qu’elle n’a pas eu droit ni à un avocat, ni à un traducteur lors de sa première déclaration. Ce sont des pratiques courantes pour les Mexicains.
martine: Et les Mexicains, ils en pensent quoi de leur justice?
Les Mexicains ont une très mauvaise opinion de leur appareil judiciaire et policier et connaissent les dysfonctionnements. Il y a plusieurs raisons à ces dysfonctionnements qui ne sont pas récents mais qui ne montrent aucun progrès. Avec l’arrivée en 2000 de l’alternance politique et la fin du régime du PRI qui a duré 71 ans, le Mexique a promis d’oeuvrer pour un certain nombre de changements. La corruption de la police, et sa collusion avec le crime organisé était une des priorités. Le respect des Droits de l’homme et en particulier la fin des pratiques comme la torture était aussi un objectif affiché par l’ex président Fox. Or dans ce domaine, comme dans d’autres, il n’y a aucun changement et même une régression.
Dans le livre Peines mexicaines, nous racontons d’autres histoires judiciaires que celles de Florence et qui montrent comment la police agit en toute impunité et en toute illégalité. Ces histoires démontrent aussi que la justice n’est pas indépendante mais très souvent répond à des intérêts politiques.
Un seul exemple: les évènements d’Atenco que nous racontons dans le livre où la brutalité policière a dépassé toutes les limites, quelques mois après l’arrestation de Florence. Le chef de la police en charge de l’opération vient d’être nommé à la tête de la nouvelle police fédérale. Cet homme, proche de Garcia Luna, est responsable de violences indescriptibles dont des violences sexuelles contre au moins 47 femmes. Sa nomination montre à quel point l’impunité règne aujourd’hui au Mexique.
Enfin les médias, qui ne sont pas non plus indépendants, et en particulier les chaînes de télévision, sont largement utilisés pour convaincre l’opinion de la culpabilité d’une personne. Sans aucune enquête et en choisissant volontairement d’ignorer des pans de l’affaire, les médias reprennent pour vérité ce que dit la police. C’est le cas pour Florence comme dans beaucoup d’affaires.
richard : Le gouvernement mexicain dit que la prise d’otage et le ranconnage sont un véritable fléau pour le pays, avec un développement important. Qu’en est il exactement?
C’est exact. Le kidnapping est un fléau très cruel et qui touche surtout la classe la plus aisée ici, même si il existe des affaires concernant la classe populaire. Les bandes criminelles liées au narcotrafic, pratique ce type de délinquance ainsi que l’extorsion. La violence est de plus en plus préoccupante au Mexique. Il ne faut pas oublier que depuis le début du mandat de Calderon en décembre 2006, 18 000 personnes ont été tuées dans “la guerre au narcotrafic”. Et le compteur des morts ne cesse de s’emballer comme celui des violations des Droits de l’homme de la part de l’armée et de la police.
loshovan: Cassez dit qu’elle a subi des représailles en révélant que les autorités avaient monté son arrestation. Est-ce que les journalistes qui travaillent sur ce type de sujets -ou sur les narco-trafiquants, etc – subissent aussi des pressions des autorités?
Bien sûr. Le Mexique est un des pays les plus dangereux et les plus meurtriers au monde pour les journalistes. Sur le continent américain, le Mexique est aujourd’hui bien plus dangereux que la Colombie qui a battu des records pendant des années. Pour donner une idée du phénomène, depuis le début de l’année 2010, trois journalistes mexicains ont été tués, encore une fois, en toute impunité. Les enquêtes sur leurs morts ne progressent jamais et ce climat d’impunité fait que les meurtres sont de plus en plus courants.
aline11: pourquoi le mexique ne fait pas partie des pays classés comme dangereux?
Le Mexique jouit d’une bonne réputation sur la scène internationale pour avoir réussi une transition politique sans heurts après 71 ans de règne d’un parti unique. Mais pour les organisations internationales de défense des Droits de l’homme, comme Amnesty internationale par exemple, le Mexique a toujours été un pays considéré comme dangereux et violant les principes du droit international. Il faut se rappeler des cas de femmes assassinées de manière très violente à Ciudad Juarez dans les années 90. Ces crimes se poursuivent et en toute impunité. Aujourd’hui Amnesty dénonce avec force les crimes et les violations réalisées par l’armée dans cette guerre au narcotrafic. Par contre, dans les zones touristiques, le Mexique met toute en oeuvre pour que les touristes ne se sentent pas en insécurité. Mais ce n’est qu’une façade. Et la violence est quotidienne dans certaines zones du pays.
dupont: je suis outré par le tapage politico-médiatique autour de Florence CASSEZ alors que MOREAUX dont l’affaire est encore plus scandaleuse et attentatoire aux droits de l’Homme, est passé par les mêmes sous silence. Que pensez-vous de cette discrimination sexiste dans le malheur et de l’inaction totale par comparaison à CASSEZ du gouvernement à l’encontre de MOREAUX?
En effet, il est peu compréhensible que cette affaire n’ait pas fait plus de bruit, car Gilles Moreaux a été torturé et qu’on ne comprend toujours pas ce qu’on lui reproche. Ceci dit cette affaire n’est pas plus scandaleuse que celle de Florence Cassez et je vous rappelle que l’attention médiatique autour de son cas est récente. Elle a été pendant des années dans un trou noir médiatique en France. L’histoire de Gilles Moreaux n’a pas été traité dans les médias mexicains car j’imagine que le Mexique évite de faire de la publicité sur une autre affaire concernant un Européen, encore une fois maltraité.
grosjean: Que vaut la justice francaise. Je veux dire, sommes nous si exemplaires que nous puissions nous permettre de mettre en doute la justice des autres pays démocratiques. Comme dit carla, je m’étonne qu’on puisse mettre en doute l’indépendance de la justice. Les Francais à l’étranger sont ils au dessus des lois de ces pays.
La justice française a aussi des dysfonctionnements et répond aussi parfois à des objectifs politiques. Nous sommes tous conscients que l’affaire de Tarnac pour parler d’une affaire récente, ne tient pas la route. Mais la justice mexicaine présente des dysfonctionnements bien plus graves et la violation des Droits de l’homme et des garanties minimales des présumés coupables atteint des sommets. Il est difficile de parler de “pays démocratique” pour le Mexique même si les Mexicains vont bien aux urnes. La question n’est pas de dire que les Français sont au-dessus des lois, car le problème ne vient pas des lois. Les lois existent, la torture est illégale au Mexique dans la Constitution. Mais dans la pratique, ces lois ne protègent pas du tout la population et ne sont pas respectées.
sergent garcia: la justice francaise traite t elle différemment les délinquants étrangers lorsqu’il s’agit de grande criminalité? procès en appel par une justice indépendante, c’est déjà d’un bon niveau. Qu’allait elle faire dans cette galère avec cette bande?
J’ignore comment la justice française traite les délinquants étrangers. Je ne crois pas que Florence Cassez a appartenu à une quelconque bande, car nous aurions des preuves de cela. La police a régulièrement changé le nom des membres de cette fameuse bande et a arrêté des personnes récemment, en les accusant d’appartenir à cette bande du Zodiaque. Or ces personnes n’apparaissent jamais dans le dossier, ce ne sont pas les mêmes noms en 2005 et en 2009. Ces personnes ont d’autre part été torturées pour faire des aveux, ils ont été soumis au protocole d’Istambul, un examen capable de détecter la torture. Malgré cela, elles n’ont pas reconnu appartenir à cette bande.
bfer2: Quelle autorité internationale pourrait se saisir des affaires jugées au Mexique?
Florence Cassez doit avant de se tourner vers la justice internationale, se pourvoir en cassation ici au Mexique. Ensuite, la Cour interaméricaine pourrait être saisie du dossier. En France, son avocat étudie la possibilité d’attaquer Garcia Luna devant la justice française mais aussi à la Haye.
laura: Quelles sont les chances de Florence Cassez de rentrer un jour en France?
Actuellement et tant que Felipe Calderon est au pouvoir, elles sont extrêmement minces. Son mandat se termine en 2012 et le gouvernement français ne croit pas qu’elle sortira avant cette échéance. Par contre, il est fort possible qu’après son départ, le Mexique opte pour se débarrasser de ce cas qui empoisonne ses relations avec la France.
laura: Si les touristes du monde entier décident de boycotter le Mexique comme destination, cela aura-t-il un impact sur les autorités du pays?
Non je ne crois pas et ce serait la population qui souffrirait le plus de ce boycott. Par contre, la France peut appuyer la campagne internationale pour la libération des prisonniers d’Atenco, que nous racontons dans le livre. Soutenir cette campagne serait bien mieux compris par les Mexicains qu’un boycott dans un pays qui subit de plein fouet la crise économique, car le Mexique est très lié aux Etats-Unis.
L’Express
10 février 2010
Le sort de Florence Cassez est devenu une affaire d’Etat
Florence Cassez n’est pas la seule étrangère broyée par la machine infernale judiciaire. Désormais, l’Elysée est convaincu de son innocence et à un an de l’Année du Mexique en France, tout est en place pour un clash diplomatique. La France préférerait un autre scénario. Celui d’un recours de la dernière chance devant la Cour suprême.
Un univers kafkaïen apparaît au fil des pages du livre de Florence Cassez, qui publie ces jours-ci A l’ombre de ma vie (Michel Lafon). Un témoignage convaincant qui décrit par le menu les contradictions de son dossier. Et la folie du système judiciaire mexicain.
“Pour nous, son livre est capital, confie, à Béthune (Pas-de-Calais), sa mère, Charlotte Cassez. Car une part importante de l’opinion française doute encore de l’innocence de Florence, qui purge depuis quatre ans une condamnation à soixante années de prison pour des kidnappings qu’elle n’a pas commis.”
En attendant un éventuel renversement de tendance, la prisonnière du pénitencier de Tepepan, à Mexico, peut en tout cas compter sur un soutien de plus en plus appuyé de Nicolas Sarkozy. Comme tous ceux qui ont étudié le dossier, lui aussi s’est forgé la conviction qu’il s’agit bien d’une erreur judiciaire. Une certitude renforcée par l’existence d’un phénomène nouveau et inquiétant: la multiplication, au Mexique, des arrestations d’étrangers – expatriés ou touristes – qui se retrouvent pris au piège d’une justice corrompue au dernier degré. Ainsi, ce n’est pas seulement un ressortissant français qui est accusé de kidnapping et crie son innocence, mais deux!
Torturé par la police mexicaine
Après Florence Cassez, voici Gilles Moreaux, un Marseillais de 46 ans accusé d’enlèvement par une ex-amie. Cette Mexicaine affirme qu’il aurait organisé son kidnapping express (pendant quelques heures) un an avant son interpellation, le 12 novembre dernier. Depuis cette date, Gilles Moreaux croupit dans une prison de Puebla, près de Mexico.
Voilà trois mois, son arrestation musclée avait été suivie d’un interrogatoire sauvage, incluant des actes de tortures dignes des dictatures argentine et chilienne dans les années 1970. Déshabillé, humilié, tabassé, bâillonné, étouffé, piétiné, le Français, allongé sur le dos, avait ensuite été soumis au supplice de la noyade, qui consiste à verser de l’eau dans la bouche et le nez de la victime, pour causer suffocation, évanouissement et vomissements. Après expertise, le Comité des droits de l’homme de Puebla a confirmé l’existence de tortures. La police, elle, parle de “confession spontanée”…
Un mois auparavant, dans la station balnéaire de Cancun, c’est un surfeur néerlandais du nom de Free Bronkhorst qui connaît une mésaventure analogue. Vers 3 heures du matin, alors que ce beau gosse quitte une discothèque, il est violemment bousculé par deux individus. Lesquels, dès le lendemain, portent plainte auprès de la police pour coups et blessures ! Manque de chance pour le vacancier batave, l’un des plaignants est le frère d’un député local et l’autre, le fils de l’ex-chef de la police de Cancun. Enregistrée avec une célérité inaccoutumée, la dénonciation calomnieuse aboutit vite à l’arrestation du surfeur, pourtant innocenté par l’enregistrement vidéo de la caméra de surveillance de la discothèque. Aujourd’hui, Free Bronkhorst est toujours derrière les barreaux.
Aussitôt mobilisée pour la défense de son fils, la mère du surfeur, qui possède la double nationalité espagnole et néerlandaise, alerte la presse locale pour dénoncer avec succès la machination. Récompense de ses efforts? Elle est kidnappée en plein jour, le 9 décembre 2009, pendant une dizaine d’heures ! Ce n’est pas tout : un mois plus tard, l’avocat qu’elle a engagé est à son tour enlevé pendant trois jours. Du 6 au 9 janvier, ses ravisseurs menacent de mort l’homme de loi s’il persiste à défendre le Néerlandais. Depuis, des cyberactivistes ont formé un comité de soutien et envisagent de lancer une campagne de boycott contre le tourisme au Mexique.
L’on pourrait multiplier les exemples de “dysfonctionnements” de la justice mexicaine, qui se manifestent à tous les niveaux de la procédure. Pour commencer, la présomption d’innocence est un concept inconnu. De plus, les gardes à vue s’éternisent généralement jusqu’à quatre-vingts jours. Durant ce laps de temps, la police mène librement ses enquêtes et constitue des dossiers d’accusation souvent fantaisistes.
“Un seul témoignage anonyme suffit à faire plonger quelqu’un pour vingt ans, explique Jorge Carrasco, spécialiste des questions pénales à Proceso, le seul magazine de référence unanimement respecté pour son indépendance. La fabrication de preuves et les manipulations sont d’autant plus fréquentes, poursuit-il, que la police est hautement corrompue et infiltrée par le crime organisé. Souvent, des dossiers bidon permettent de disculper les véritables coupables.”
Hélas, les juges, mal formés ou sous influence, s’en tiennent systématiquement à la version policière sans s’attarder sur les incohérences des dossiers bâclés. Exemple: l’”affaire Jacinta”, où une indienne analphabète avait été condamnée à vingt et un ans de prison pour le prétendu kidnapping de six policiers armés. Après quatre ans, Jacqueline Saenz, avocate très respectée, a enfin obtenu la libération de l’innocente en 2009. Selon elle, “la justice mexicaine se définit en un seul mot: injustice”.
Bras de fer diplomatico-juridique
Mais revenons à l’”affaire Cassez”. Au fil des mois, dans la coulisse, elle s’est transformée en affaire d’Etat. Après le refus du transfèrement de Florence Cassez en France, à la suite d’un revirement du président mexicain Felipe Calderon (qui en avait initialement accepté le principe par écrit), le sort de la Française est devenu l’enjeu d’un bras de fer diplomatique et juridique.
Aussi l’avocat de la Française, Me Frank Berton, a-t-il annoncé le dépôt prochain d’une plainte pour faux et usage de faux (ayant permis la fabrication de preuves) auprès du procureur de la République Jean-Claude Marin contre Genaro Garcia Luna, ministre de la Sécurité publique mexicain, et son bras droit, Luis Cardenas Palomino. En vue d’accélérer cette procédure, la traduction de 4 200 pages du dossier Cassez est en cours, avec l’aide des services techniques du ministère des Affaires étrangères, mobilisé par Nicolas Sarkozy.
Ultime recours devant la Cour suprême?
Par ailleurs, le président français est décidé à engager une action au nom de la France devant la Cour internationale de justice de La Haye (Pays-Bas) au motif que les conditions de l’arrestation de Florence Cassez violent la Constitution mexicaine. Selon l’article 16 de ce texte, Florence Cassez aurait dû être immédiatement déférée devant un juge après son arrestation. Or, au contraire, elle a été enfermée dans une camionnette pendant vingt-quatre heures, le temps de mettre en scène une arrestation bidon pour la télévision.
A un an de l’Année du Mexique en France, tout est en place pour un clash diplomatique. Mais l’Elysée, soucieux de ne pas froisser la susceptibilité “latino”, préférerait un autre scénario. Celui d’un recours de la dernière chance par Florence Cassez devant la Cour suprême. Lors de cet “amparo”, cette dernière pourrait constater les irrégularités (lors de l’arrestation, de l’enquête et des audiences) qui ont privé la Française d’un procès équitable. Alors seulement les deux pays pourraient sortir la tête haute de cet invraisemblable imbroglio.
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L’Express
7 février 2010
Incarcérée depuis plus de quatre ans dans une prison au sud de Mexico pour enlèvements, elle raconte son « innocence » dans « À l’ombre de ma vie ». « Je n’ai plus rien à perdre et j’en ai marre d’être humiliée », explique Florence Cassez dans son livre qui se retrouve dans le Top 10 des meilleures ventes de la semaine sur Amazone.fr.
TEMOIGNAGE et INTERVIEW du JOURNAL SUD-OUEST
Dans votre livre (1), vous revenez en détail sur votre vie au Mexique avant et après l’arrestation, sur votre état d’esprit à chaque étape. Quel est l’objectif ?
Florence Cassez. Je voulais faire connaître mon histoire. Les Mexicains me voient toujours telle que je suis apparue sur leurs écrans de télévision le jour du montage médiatique de mon arrestation, le 9 décembre 2005. Ils me voient comme une kidnappeuse d’enfants diabolique. Depuis quatre ans, les médias mexicains me présentent comme ça. On ne m’a jamais permis de me défendre. Mon problème n’est pas seulement juridique, il est aussi politique et médiatique. Je voulais donc me battre sur ces plans-là. Ce livre, c’est une mise à nu, une volonté d’être totalement transparente pour convaincre de mon innocence.
Dans quelles conditions l’avez-vous écrit ?
Pendant huit mois, j’ai appelé Éric Dussart, journaliste. Je racontais, il prenait des notes. Ça a été très compliqué. Dans la prison, il y a deux téléphones pour un dortoir de cinquante personnes. C’est donc à tour de rôle, vingt minutes maximum. Je raccrochais et je refaisais la queue en essayant de me reconcentrer. Il a fallu que je me souvienne de moments très douloureux que j’avais essayé d’enfouir au plus profond pour ne pas tomber. Des mauvais traitements, des humiliations.
Votre avocat déclare que ce livre va servir de base à l’équivalent de votre procès en cassation. Quels sont les éléments importants ?
J’ai été arrêtée le 8 décembre 2005 et gardée 24 heures dans une camionnette, mais les autorités mexicaines affirment qu’ils m’ont arrêté le 9 décembre comme on le voit à la télévision. On s’est rendu compte en épluchant les déclarations qu’il y avait de nombreuses contradictions dans les témoignages des journalistes et des policiers présents. On s’est aussi rendu compte que toutes les victimes décrivent leur lieu de détention et ce n’est pas le ranch où elles ont été libérées devant les caméras (NDLR: le ranch d’Israël, ex-compagnon de Florence Cassez et accusé d’être le chef de la bande). Elles décrivent une maison qui est à 30 kilomètres de là. Il y a aussi deux frères très suspects, les Rueda Cacho. Toutes les victimes les évoquent dans leurs témoignages. On a un peu enquêté sur eux et puis plus rien.
Vous dites avoir peur. Pourquoi ? Quel type de représailles craignez-vous ?
J’ai peur parce que depuis quatre ans, à chaque fois que j’ai tenté de me défendre, ça a été de mal en pis. Depuis quatre ans, c’est action-réaction. Quand je suis intervenue en direct à la télévision pour dénoncer le montage, en février 2006, quelques jours plus tard les victimes changeaient leurs témoignages et affirmaient me reconnaître. Quand, en juin dernier, je me suis enfin décidée à parler aux médias mexicains, j’ai été changée de prison dans les heures qui ont suivi. La nuit, je ne dors pas, j’entends les voitures avec les sirènes et je pense qu’on vient me chercher. Ils sont capables de tout. Avec ce livre j’ai vraiment l’impression d’avoir déclaré la guerre, j’ai dénoncé l’ancien chef de police, aujourd’hui ministre de la Sécurité publique, Genaro Garcia Luna, comme jamais. Mais je suis condamnée à 60 ans, je n’ai plus rien à perdre et j’en ai marre d’être humiliée. Aujourd’hui je suis morte de trouille mais je suis fière. Je ne gagne pas la guerre, mais quand je témoigne comme ça, j’ai l’impression de gagner des petites batailles, à commencer par ma dignité. C’est nouveau pour moi, c’est comme une prélibération.
(1) « À l’ombre de ma vie Prisonnière de l’État mexicain », de Florence Cassez, Ed. Michel Lafon, 232 p., 17,95 .
www.sudouest.com
Article du 3 février 2009
Nicolas Sarkozy s’est entretenu jeudi soir par téléphone avec la Française Florence Cassez. L’Elysée précise que le chef de l’Etat “l’a assurée que les autorités françaises et lui, personnellement, continueraient à suivre sa situation avec la plus grande attention”. De nombreuses interviews également dans le cadre de la sortie de son livre “A l’ombre de ma vie”
Jeudi 4 février sur TV5 Monde, Florence CASSEZ a témoigné depuis sa prison mexicaine dans l’émission “L’INVITÉ”. Une interview menée par Patrick Simonin, le jour de la publication du livre “A l’ombre de ma vie”. L’interview TV5 Monde c’est ICI
Par ailleurs ses parents se trouvaient sur le plateau du Grand Journal de canal Plus avec Michel Denizot Jeudi soir qui a également interviewé Florence en direct sur le plateau. Voir ICI
Ecoutez également France Info. A l’occasion de la publication du livre “A l’ombre de ma vie” dans lequel Florence Cassez raconte dans le détail son histoire, son arrestation, son procès et la prison, France Info propose (Ecouter) à ses auditeurs une interview exclusive de la jeune française qui est interrogée par Mireille Lemaresquier, chef du service monde de France Info .
Me Berton: “En publiant ce livre, Florence Cassez a peur des représailles”
“Florence Cassez est innocente. C’est la conviction que je me suis forgée depuis que je la défends”, assure Me Franck Berton. Dans un livre-témoignage (1), Florence Cassez – condamnée au Mexique à 60 ans de prison pour enlèvements – clame de nouveau son innocence.
Son avocat, Me Franck Berton, répond aux questions du point.fr.
lepoint.fr : Pourquoi Florence Cassez a-t-elle voulu raconter son histoire ?
Me Franck Berton : Au-delà de la thérapie de l’écriture, c’est un livre-vérité. Elle raconte tout ce qu’elle a vécu depuis quatre ans dans le cadre de la procédure judiciaire. Elle revient à la fois sur le fond du dossier et sur des éléments plus personnels de sa vie. Enfin, Florence Cassez dénonce tous les mensonges qui entourent cette histoire. Aujourd’hui, on a tous les éléments du dossier. On peut donc dire qu’en effet, cette histoire est un vrai scandale : comment a-t-on pu conduire cette femme en prison et prononcer une peine de 60 ans de prison ?
Cet ouvrage révèle en détail l’implication de Nicolas Sarkozy – qui se dit convaincu de l’innocence de Florence Cassez -, mais aussi du secrétaire d’État à la Sécurité, Garcia Luna, qui a supervisé son arrestation. Craignez-vous des représailles ?
C’est vrai. Cette démarche comporte des risques. Florence Cassez a peur des représailles, car son livre va être lu par les autorités mexicaines. Elle craint pour sa vie, pour sa sécurité et pour ses conditions de détention. Mais, au fond, elle se dit : “Je m’en fiche, je n’ai plus rien à perdre.”
Vous gardez espoir d’obtenir sa libération ?
Je ne désespère jamais de l’humanité. Florence Cassez est innocente. Ce n’est pas ma conviction d’avocat, mais celle que je me suis forgée depuis que je la défends. Je ne peux pas imaginer qu’on va maintenir en prison une innocente. Le problème, c’est qu’il va falloir trouver une solution ! Quoi qu’il en soit, nous avons le soutien de Nicolas Sarkozy, avec qui j’ai des contacts réguliers. Je l’ai vu six fois en un an et demi. Le chef de l’État a aussi régulièrement Florence au téléphone. Un entretien téléphonique est d’ailleurs prévu entre eux jeudi soir.
Quels recours vous reste-t-il pour obtenir sa libération ?
Le président mexicain Felipe Calderon pourrait accepter de respecter la convention de Strasbourg, que son pays a signée. Cela permettrait à Florence Cassez de venir purger sa peine en France. Sur le plan juridique, nous préparons un “amparo”, c’est-à-dire une saisine de la Cour suprême de Mexico, qui est un peu l’équivalent de notre Cour de cassation. Mais nous ne l’avons toujours pas déposée, car j’ai peu confiance dans la justice mexicaine.
Qu’attendez-vous de la France ?
J’envisage de saisir la justice française contre Garcia Luna pour faux en écriture. Il a fait un faux procès-verbal d’interpellation puisqu’il a inscrit que Florence Cassez a été arrêtée le 9 décembre 2005. Or elle a été arrêtée la veille et emprisonnée une journée dans une camionnette, le temps pour Garcia Luna d’organiser une fausse arrestation aux allures de show médiatique. Il y a aussi eu violation du droit international, car Florence a dû attendre deux jours pour bénéficier de ses droits consulaires. Bref, on est en droit de demander à la justice française un certain nombre d’éclaircissements à Garcia Luna. Mais avant de saisir la justice, j’attends que la traduction en français du dossier de Florence Cassez soit terminée. Cela devrait être fait dans les prochaines semaines. Par ailleurs, j’espère que la France va saisir la Cour internationale de justice. Pour en avoir parlé avec l’Élysée, je sais que cette possibilité est en cours d’examen. La France doit prendre une décision rapidement. Le Mexique est au ban des sociétés modernes en matière de justice et de police. C’est le règne du mensonge et de la corruption. Le Mexique ne respecte pas plus le droit qu’un pays totalitaire africain. Il faut que cela se sache.
Le mot de l’éditeur sur le livre
“Mars 2009. Florence Cassez fait la une de tous les journaux français. Elle est condamnée à 60 ans de réclusion par la justice mexicaine.
Florence quitte son Nord natal pour une nouvelle vie. En 2003, elle débarque chez son frère à Mexico. Elle va y rencontrer l’amour. Ignorant tout de ce qui peut se passer au Mexique – corruption, agressions, enlèvements -, elle se laisse porter par sa romance… qui se terminera, sans heurts, quelques mois plus tard. Le 8 décembre 2005, pourtant, sa belle aventure amoureuse resurgit et la justice l’accuse de complicité d’enlèvement. Son ancien fiancé ferait partie de l’un des gangs les plus importants de Mexico. Après un simulacre d’arrestation monté de toutes pièces pour les médias, la descente aux enfers commence : un procès inique dans des conditions surréalistes, les révélations de dernière minute, les témoignages inventés, un verdict insensé et l’enfermement dans la prison de Tepepan.
Aujourd’hui, Florence attend toujours son rapatriement en France. Depuis plusieurs mois, l’État français – président de la République en tête – ne cesse de demander son retour, persuadé de son innocence et conscient du danger qui la guette dans les geôles mexicaines.
Une jeune femme qui rêvait de changer de vie, et qui a sombré dans un cauchemar.
(1) “À l’ombre de ma vie” ( Michel Lafon, 17 euros), en librairie à partir de jeudi.
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Arrete de nous harcelé!!! Les revenues de Mme Cassez ne correspondent pas a son train de vie!!! Combien persons en prison vous connaissez qu´arrivent a donné des interviews?? Sarkozy peut faire la loi en France, mais pas tous les pays ont des présidents avec “tous les pouvouirs”… Un livre qu´elle écrit en cachette?? Elle nous crois aussi naifs au Quoi?=??
Espero que nadie compre este libro puesto que esta mujer no es inocente. Tambien me parece increible que el Sr Berton su abogado tenga la desfachatez de acusar a Mexico de arrestarla sin causa justa. Yo quiero que les pregunte a los que fueron secuestrados como se sentirian de que una mujer por ser francesa tenga un tratamiento diferente del que tiene cualquier secuestrador.
Si es inocente que lo pruebe…si no que se quede en la carcel en Mexico donde rompio la ley a purgar su condena.
60 años por una supuesta complicidad …no es Justicia, ni siquiera venganza, ni siquiera ojo por ojo,diente por diente…60 años es una vida y la Srita Cassez no ha quitado la vida a nadie….
una mujer por ser francesa como dice, sigue siendo una mujer con derechos, es un humano que merece un juicio justo….
Respuesta a Ernesto Galindo
Si es culpable, demuestrelo, pruebelo !
Con pruebas, no con montajes (el de Garcia Luna) y falsos testimonios (que no forman parte de su expediente) y fabricacion de pruebas (en la noche del 8 al 9 de diciembre del 2005).
Todos sabemos que México es una republica bananera. Cuantos mexicanos inocentes no se encuentran en la carcel ?
Malheureuxment le Mexique est devenue depuis qq temps dans un pays sans lois, ou devrions peut etre dire, dans un pays ou le pouvoir prendre les desitions; la corrouption est partt; meme pas les mexicains y croyent; c est si difficile a dechiffrer, mais il y en a plein de doutes…Une chose c est vraie “le simulacre d arrestation” c est veridique, meme le journaliste Pablo Reyna, qui avait annonce cette nouvelle comme exclusive, etait viré de la Televison pour avait trompé la grand Chaine de TV, Televisa avec cette simulacre qui avait eté accorde entre lui et je saurait pas dire qui, mais sans aucun doute un chef de la police…J aimerai savoir si cette livre sera publie au Mexique, ou peut on le trouver ici?…Pas mal de choses a eclairir encore, il faut faire une recherche a profoúndeur…
Bonjour,
Reporte Indigo esta publicando parte del libro de Florence Cassez en español……Lo pueden consultar via Le Grand Journal: http://www.legrandjournal.com.mx/noticias/quiero-que-mexico-me-escuche-florence-cassez
hola je suis mexicaine et je suis inquiete pour cet famme , mais je peut dire de croir plus a elle qu a la politique y de la lois de mexique je sais qu i ly a de choses plus terribles et que l etat ne veux pas voir , j espere que Florence elle puise fair sa condenations dans son pays et ce sois mois dure pour elle
Respuesta para Sofía. Hay muchas reclusas que dan entrevistas. Expresarse en público y hablar por telefono es totalmente legal y permitido. Si no eres mexicana pues has de saber que en Mexico los presos estan privados de su libertad de movimiento, no de palabra ni opinion. Y si eres mexicana pues que ignorante o mentirosa eres. Y no gana dinero por dar entrevistas. En cuanto al libro escrito a escondidas. Jamás. Ella le contó todo al periodista, por teléfono.Y el periodista lo escribió con las palabras de ella. Me explico? El periodista lo escribió todo en nombre de ella. Sin esconderse, pero sin gritarlo tampoco. Siendo discreta nada más. Aunque eso no está prohibido.
Réponse à Sofia, oui, encore. Pour ceux qui parlent pas español et pour informer avec la vérité les francais.
Au Mexique, nous avons le droit de parler au journalistes et utiliser le telephone quand on veut lorsqu’on se retrouve en prison. C’est un droit. Beaucoup de femmes en prison parlent aux journalistes si elles le souhaitent. Il y a même un blog tenu par un jounaliste espagnol qui les interviewe régulièrement:
http://carceldemujeres.wordpress.com/
En ce qui concerne le livre, je doute fort qu’elle l’ai fait en cachette. Celà n’est pas interdit non plus pour les prisonniers. Mais je pense que qu’elle a du le faire de manière discrète pour ne pas attirer l’attention sur elle. Cependant ce n’est pas elle qui tenait la plume, elle n’est pas écrivain ni journaliste. C’est un journaliste qui a écrit le livre à sa place grâce aux entretiens téléphoniques qui a eu entre les 2. Totalement dans la légalité. au Mexique on est privés de notre liberté de mouvements mais pas d’expression. Ca c’est qq chose qui n’existe pas en France je crois.
L’enlèvement est un gros problème au Mexique, et je crois qu’il est juste d’appliquer de telles sanctions à ceux qui s’y livrent, sans distinction de nationalité.
Absolument, nous sommes entièrement d’accord! Cependant la plupart de ceux qui ont examiné de près l’affaire Cassez, et surtout étudié le dossier judiciaire, sont à présent convaincus de son innocence…
Nous vous invitons à faire de même et à revenir débattre en connaissance de cause si vous le souhaitez:
http://site.cassez.net/images/communs/Documents/synth%E8se%204%20pages%20cs4.pdf