Qui est Lhasa de Sela (Vidéo)
Publié le 04/01/2010 par " Alain Figadere "
La chanteuse américano-mexicaine Lhasa de Sela est décédée vendredi le 1er janvier 2010, vers 23h15, des suites d’un cancer du sein. Elle était âgée de 37 ans. Le journaliste Claude André, un ami de la chanteuse, confirme la nouvelle sur son blogue.
La rumeur circulait depuis samedi soir sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook. Mike Pincus, le beau-père de Lhasa, a également confirmé la nouvelle sur sa page Facebook.
La maison de disques Audiogram devait donner des nouvelles dimanche en fin d’après-midi sur la situation mais elle demeure toujours silencieuse.
A l’été dernier, la chanteuse avait annulé sa tournée européenne en raison d’un problème de santé qui n’avait pas été précisé. La gérance du groupe se contentait de dire qu’elle faisait face à un ’sérieux souci de santé’.
Elle avait émigré à Montréal à l’âge de 19 ans et elle avait enregistré un premier album, ‘La Llorona’, qui est paru en 1998.
En 2003, elle proposait un deuxième album intitulé ‘The Living Road’.
En avril dernier, elle lançait son troisième album studio ‘Lhasa’ entièrement écrit en anglais. Lhasa s’est méritée deux mises en nomination au dernier gala de l’Adisq avec cet album dont ‘Meilleur album anglophone de l’année’ et une mise en nomination au GAMIQ dans la catégorie ‘Album Folk/Country de l’année’.
Source : Yahoo Actualités
Lhasa de Sela, plus connue sous le nom de scène Lhasa, est une chanteuse américano-mexicaine vivant au Québec. Elle chante d’une voix grave et profonde et dans trois langues : anglais, français et espagnol. Sa musique métisse la tradition mexicaine, le klezmer et le rock.
Elle est née en 1972 à Big Indian, dans l’état de NY aux États-Unis, d’un père mexicain et d’une mère américaine. Son père est écrivain et professeur d’espagnol tandis que sa mère est photographe. Pendant son enfance, elle sillonne les États-Unis et le Mexique à bord d’un bus.
Qui est Lhasa ? Le journaliste de la Tribune de Genève, Jérôme Estebe, avait interviewé la jeune femme.
La belle Lhasa marie les folklores pour faire la noce à la chanson. Américano-Mexicaine, la chanteuse connaît un succès galopant. On s’imagine d’abord au coeur d’un mélo coquin, façon Almodovar. L’instant d’après, nous voilà dans une fête triste chez Kusturica, puis dans les bras de Nino Rota, le temps d’un tendre tango. Tout se termine sur un air traditionnel mexicain, où larmes et rires jouent à cache-cache.
Folklore latino
Voilà la singulière balade qu’offre à l’auditeur la chanteuse Lhasa de Sela. Sur son premier et formidable album La Llorona, le folklore latino s’encanaille chez les tsiganes, flirte avec Tom Waits et devise avec Kurt Weil. Du coup, tout le monde a le béguin pour cette drôle de musique, qui paraît d’emblée familière et ne ressemble pourtant à nulle autre.Dans un palace genevois, Lhasa répond aux journalistes dans un français ourlé d’une élégante pointe d’accent espagnol.
Beauté fragile
D’une beauté fragile, elle réfléchit longuement avant de s’exprimer, boit de l’eau à petites gorgées et contemple rêveusement les pics alpins enneigés. «Oui, c’est un disque de folklore mexicain imaginaire. Sans doute parce qu’on ne s’est jamais demandé dans quelle culture, quelle tradition musicale nous puisions pour créer les chansons. Il fallait simplement que ça nous fasse plaisir.»Campings surréalistesLa biographie de Lhasa semble tout droit sortie d’un roman. Née il y a 26 ans d’une actrice américaine et d’un professeur mexicain aux idées larges, elle a passé une enfance nomade des deux côtés du Rio Grande. Pendant sept ans, la famille de Sela a habité dans un camping-car.
Père voyageur
«Mon père est un voyageur bourré de talent. Il se retrouve dans son élément quand tout va mal. Lorsque l’argent manque, que le milieu est hostile et que la voiture est en panne, il se sent très inspiré. Du coup, il cherche à se mettre dans ce genre de situations. Ma mère est pareille…. Grâce à eux, mes trois soeurs et moi sommes devenues de vraies personnes, des gens capables de s’exprimer.»Et la vie dans le bus? «On habitait dans des campings, qui sont souvent des endroits surréalistes. Le soir, tu es seule. Le lendemain matin, tu te retrouves entourée de mille caravanes identiques, pleines de mille retraités identiques, accompagnés de mille caniches identiques. Puis, ils disparaissent et tu te retrouves seule de nouveau.»
Elle sculpte et peint aussi
Entre New York, San Francisco et Guadalajara, Lhasa commence à chanter, puis sculpte et peint, sous l’oeil bienveillant de ses parents.Coup de foudre créatifEn 1991, de passage à Montréal, elle rencontre l’homme qui va changer sa vie. Cela pourrait être une histoire d’amour. Il ne s’agit en fait que d’un coup de foudre artistique. Le garçon s’appelle Yves Desrosier, joue de la guitare et devient le complice créatif de Lhasa. «On a une chance sur mille de rencontrer une personne avec laquelle on se comprenne aussi bien. Pour la première fois, quelqu’un traduisait immédiatement les idées que j’avais en tête.»
Dans les clubs
Avec lui, elle écume les clubs canadiens et enregistre son premier disque, immédiatement salué par le public autochtone. En 1997, la France l’adopte. Les prix pleuvent. Les ventes décollent. De quoi perdre la tête. Celle de Lhasa reste en place. «Ma soeur, funambule, dit toujours qu’il ne faut pas regarder ses pieds, mais l’extrémité du fil, devant soi. J’ai adopté cette philosophie pour mon travail», confie-t-elle en souriant.Tout pourrait être rose. Les ambiances des chansons de La Llorrona demeurent pourtant sombres et passionnées. La dame a t-elle le coeur gros?
Eloge de la mélancolie
«Faire la fête, c’est fuir la vie. Etre mélancolique, c’est l’embrasser», affirme doucement Lhasa. «C’est vrai, je préfère la douleur à la gaieté», ajoute- t-elle. «Mais ce n’est pour autant de la déprime chronique. Il y a comme une joie profonde dans la tristesse. D’ailleurs, le spectacle d’une chose très belle ne rend pas forcément heureux. Au contraire! La Llorona est un personnage mythique de la civilisation aztèque, qui a beaucoup influencé notre musique. La poésie de ces gens était très tragique, du genre: «La vie est trop belle, c’est inhumain, je dois mourir!» Je partage ce point de vue. La mort est sans doute notre plus grand trésor.»Jérôme EstèbeLa Llorrona, dist. Warner.
La belle Lhasa marie les folklores pour faire la noce à la chanson. Américano-Mexicaine, la chanteuse connaît
un succès galopant. Rencontre en prélude à un passage à Paléo.On s’imagine d’abord au coeur d’un mélo coquin, façon
Almodovar. L’instant d’après, nous voilà dans une fête triste chez Kusturica, puis dans les bras de Nino Rota, le
temps d’un tendre tango. Tout se termine sur un air traditionnel mexicain, où larmes et rires jouent à cache-cache.
Folklore latino
Voilà la singulière balade qu’offre à l’auditeur la chanteuse Lhasa de Sela. Sur son premier et formidable album La
Llorona, le folklore latino s’encanaille chez les tsiganes, flirte avec Tom Waits et devise avec Kurt Weil. Du coup,
tout le monde a le béguin pour cette drôle de musique, qui paraît d’emblée familière et ne ressemble pourtant à nulle
autre.Dans un palace genevois, Lhasa répond aux journalistes dans un français ourlé d’une élégante pointe d’accent
espagnol.
Beauté fragile
D’une beauté fragile, elle réfléchit longuement avant de s’exprimer, boit de l’eau à petites gorgées et contemple
rêveusement les pics alpins enneigés. «Oui, c’est un disque de folklore mexicain imaginaire. Sans doute parce qu’on
ne s’est jamais demandé dans quelle culture, quelle tradition musicale nous puisions pour créer les chansons. Il
fallait simplement que ça nous fasse plaisir.»Campings surréalistesLa biographie de Lhasa semble tout droit sortie
d’un roman. Née il y a 26 ans d’une actrice américaine et d’un professeur mexicain aux idées larges, elle a passé une
enfance nomade des deux côtés du Rio Grande. Pendant sept ans, la famille de Sela a habité dans un camping-car.
Père voyageur
«Mon père est un voyageur bourré de talent. Il se retrouve dans son élément quand tout va mal. Lorsque l’argent
manque, que le milieu est hostile et que la voiture est en panne, il se sent très inspiré. Du coup, il cherche à se
mettre dans ce genre de situations. Ma mère est pareille…. Grâce à eux, mes trois soeurs et moi sommes devenues de
vraies personnes, des gens capables de s’exprimer.»Et la vie dans le bus? «On habitait dans des campings, qui sont
souvent des endroits surréalistes. Le soir, tu es seule. Le lendemain matin, tu te retrouves entourée de mille
caravanes identiques, pleines de mille retraités identiques, accompagnés de mille caniches identiques. Puis, ils
disparaissent et tu te retrouves seule de nouveau.»
Elle sculpte et peint aussi
Entre New York, San Francisco et Guadalajara, Lhasa commence à chanter, puis sculpte et peint, sous l’oeil
bienveillant de ses parents.Coup de foudre créatifEn 1991, de passage à Montréal, elle rencontre l’homme qui va
changer sa vie. Cela pourrait être une histoire d’amour. Il ne s’agit en fait que d’un coup de foudre artistique. Le
garçon s’appelle Yves Desrosier, joue de la guitare et devient le complice créatif de Lhasa. «On a une chance sur
mille de rencontrer une personne avec laquelle on se comprenne aussi bien. Pour la première fois, quelqu’un
traduisait immédiatement les idées que j’avais en tête.»
Dans les clubs
Avec lui, elle écume les clubs canadiens et enregistre son premier disque, immédiatement salué par le public
autochtone. En 1997, la France l’adopte. Les prix pleuvent. Les ventes décollent. De quoi perdre la tête. Celle de
Lhasa reste en place. «Ma soeur, funambule, dit toujours qu’il ne faut pas regarder ses pieds, mais l’extrémité du
fil, devant soi. J’ai adopté cette philosophie pour mon travail», confie-t-elle en souriant.Tout pourrait être rose.
Les ambiances des chansons de La Llorrona demeurent pourtant sombres et passionnées. La dame a t-elle le coeur gros?
Eloge de la mélancolie
«Faire la fête, c’est fuir la vie. Etre mélancolique, c’est l’embrasser», affirme doucement Lhasa. «C’est vrai, je
préfère la douleur à la gaieté», ajoute- t-elle. «Mais ce n’est pour autant de la déprime chronique. Il y a comme une
joie profonde dans la tristesse. D’ailleurs, le spectacle d’une chose très belle ne rend pas forcément heureux. Au
contraire! La Llorona est un personnage mythique de la civilisation aztèque, qui a beaucoup influencé notre musique.
La poésie de ces gens était très tragique, du genre: «La vie est trop belle, c’est inhumain, je dois mourir!» Je
partage ce point de vue. La mort est sans doute notre plus grand trésor.»Jérôme EstèbeLa Llorrona, dist. Warner. En
concert les 23 et 24 juillet à Paléo.
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