Les Brèves du Mexique – 13 octobre 2009
Publié le 13/10/2009 par " Nicolas Quirion "
Bras de fer entre le gouvernement et les électriciens – García Márquez dans la tourmente – Débat autour de la réduction du financement des partis politiques – Insolite: apparition de la Vierge… sur une poêle à frire (vidéo) – la Revue de Presse
L’actualité mexicaine vue par la rédaction du Grand Journal
Bras de fer entre le gouvernement et les électriciens
L’ambiance était tendue aujourd’hui entre les membres du très influent Syndicat Mexicain des Électriciens (SME) et le gouvernement de Felipe Calderón.
En cause, la décision dimanche de liquider la compagnie Luz y Fuerza del Centro (LyFC), qui fournissait en électricité les habitants du Distrito Federal, mais aussi les États de México, Puebla, Michoacán, Hidalgo et Morelos.
Cette compagnie -fondée en 1960- est accusée de pertes colossales ainsi que de graves défaillances techniques. C’est pourquoi le gouvernement souhaite la voir placer au plus vite sous le contrôle de la Compagnie Fédérale d’Electricité (CFE) qui affiche elle des comptes plus équilibrés.
Ce changement se traduirait par la mise à pied des quelques 44.000 travailleurs qu’emploie l’entreprise. Même si le gouvernement s’est engagé à proposer une reconversion à 10.000 employés et des indemnités à ceux qui accepte le décret présidentielle, la pilule passe très mal… D’autant plus que les syndicats voient derrière cette décision la volonté de privatiser à terme l’électricité au Mexique.
L’arrivée de plus de 6000 éléments de la police fédérale et de l’armée pour « sécuriser » les différents sites de Luz y fuerza a considérablement participer à envenimer la situation. Bien qu’on ne déplore jusqu’à maintenant aucun incident et que le gouvernement assure qu’il n’y a pas eu de coupures massives de courant, l’heure est à la confrontation :
“Nous sommes une armée de 66 000 soldats et nous devons passer à l’action pour informer le peuple mexicain de la situation réelle” a déclaré lundi Fernando Amezcua, porte parole du SME.
L’Union National des Travailleurs a quant à elle annoncé des mobilisations massives dans tout le pays et laisse entrevoir la possibilité d’une grève générale. Les Partis de gauche, PRD en tête, se sont également solidarisés du mouvement et mettent en cause la légalité de la décision qui, selon eux, violerait la constitution.
Mais la fermeture de Luz y Fuerza a aussi ses supporters, en particulier du côté des entrepreneurs :
“La compagnie d’électricité était un baril sans fond” a assuré Ricardo González, président de la Confédération Patronale de la République Mexicaine (Coparmex).
García Márquez dans la tourmente…
Alors qu’en France la polémique sur “La Mauvaise Vie” de Frédéric Mitterrand bat son plein, au Mexique c’est par Gabriel García Márquez que le scandale arrive…
“Mémoire de mes putains tristes”, publié en 2004, est le dernier ouvrage de l’écrivain colombien (depuis longtemps installé au Mexique). Accueilli plutôt tièdement par la critique à l’époque de sa sortie en librairie, l’œuvre connait actuellement une seconde (mauvaise) vie : en effet une adaptation cinéma devait voir le jour prochainement.
Mais, une ONG (« La Coalición Regional contra el Tráfico de Mujeres y Niñas en América Latina y el Caribe”) a déposé une plainte la semaine dernière, assortie d’une déclaration fracassante:
“Le film ferait l’apologie de la prostitution infantile, de la corruption de mineurs et du viol d’une fille de 14 ans ». Ajoutant qu’elle pensait que celui-ci « banalise le phénomène et place en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres de notre Amérique latine et des Caraïbes”.
Si en effet le livre parle bien d’un géronte désillusionné souhaitant louer les services d’une jeune vierge de 14 ans, Henning Carlsen -le producteur du film- se défend de vouloir conserver cette trame dans l’adaptation cinématographique… Selon lui l’actrice choisie, la jeune cubaine Ana de Armas, a 21 ans dans le film et il n’était pas question de la faire passer pour une mineure.
La production du film, qui devait être une collaboration entre le Mexique, l’Espagne et la Danemark (et à laquelle devait également participer le scénariste français Jean Claude Carrière), a annoncé un “pause” pour “étudier la viabilité financière du projet, et considérer l’impact du débat qui s’est engagé”.
Mais au Mexique, c’est la polémique sur le financement public du film qui a pris une grande importance… En effet, l’Etat de Puebla devait apporter sa contribution au tournage. Or le gouverneur de cet Etat, Mario Marín, avait été accusé en 2005 par la journaliste Lydia Cacho de protéger certains réseaux pédophiles œuvrant dans la région de Cancún…
Face au risque de voir ressurgir les vieux “Démons de l’Eden“, le gouvernement de l’Etat de Puebla a annoncé via son portail internet son refus catégorique de soutenir l’adaptation cinématographique.
Gabriel García Márquez, prix nobel 1982, n’a pour l’instant manifesté aucune réaction face à la controverse. La polémique n’aura en tout cas pas stoppé la vague d’hommages dont bénéficie son œuvre puisqu’elle fait actuellement l’objet d’une exposition au Palacio de Bellas Artes, et qu’une biographie autorisée de l’auteur est sortie ce week-end.
Le réalisateur mexicain Arturo Ripstein a quand a lui déclaré : “c’est lamentable qu’un groupe de personne pense que les livres sont dangereux. Ceux qui commencent par bruler des livres finissent par bruler les gens.”
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Débat autour du financement public des partis politiques

Avec quelques 4700 millions de pesos engloutis par les partis politiques chaque années, la démocratie mexicaine se positionne comme l’une des plus coûteuse au monde…
Des chiffres qui mettent mal à l’aise. Surtout quand dans le même temps l’État souhaite imposer l’austérité budgétaire et augmenter les impôts, le tout dans le contexte d’une crise économique sévère.
C’est dans ce sens que César Nava, dirigeant national du PAN, a présenté jeudi dernier un projet de loi visant à diminuer de moitié le financement public destiné aux partis politiques, ainsi qu’une régulation du salaire des conseillers électoraux, qui dépasse actuellement les 170 000 pesos par mois.
Selon lui cette initiative permettrait de destiner plus de ressources financières aux dépenses prioritaires de l’Etat. Ainsi, il a affirmé que la somme économisée pourrait servir à la mise en place de 9 centres hospitaliers spécialisés, à la construction de 2400 écoles dans tout le pays ou bien encore à l’achat de 50 millions de vaccins contre la grippe A.
Cependant, l’opposition s’est montrée très partagée sur cette mesure : « hypocrite », « démagogique », « populiste », ont été les adjectifs les plus utilisés par les politiciens de tous bords pour qualifier la réforme.
Mais surtout, c’est la crainte de voir s’ouvrir la porte aux financements illégaux –et en particuliers ceux en provenance du crime organisé- qui a été mise en avant.
En effet, c’est justement pour éviter de telles dérives qu’en 1997 avait été votée la loi sur le régime de financement des partis politiques.
Reste à savoir dans quelle mesure les milliards de pesos octroyés à titre de « prérogatives » aux formations politiques ont empêché le flux d’argent mafieux…
Insolite: apparition de la Vierge… sur une poêle à frire (vidéo)

Au Mexique les apparitions de vierges sont monnaie courantes… Beaucoup de lieux font l’objet d’une véritable dévotion après que soit apparue une image, plus ou moins claire, de la sainte patronne du pays.
Depuis mardi matin c’est le village de Cempoal (Veracruz) qui est en ébullition suite à une apparition miraculeuse: un de ses habitants, alors qu’il préparait le petit déjeuner pour son épouse, a cru deviner au fond d’une poêle déjà bien usée la silhouette de la patronne du village, la Virgen del Rosario.
Plus de 500 personnes ont défilé au domicile de Javier Uribe pour constater le miracle, dressant des “altares” et se relayant jour et nuit pour vénérer l’image, qui reste difficile à distinguer.
Mais le responsable de la paroisse refuse d’admettre le miracle, affirmant que les propriétaires de la maison ne communient pas. “Comment peuvent-ils dire que la Vierge leur est apparue, si elle n’est m’est jamais apparue à moi!”, a-t-il déclaré.
Quoi qu’il en soit, les habitants du village ont décidé de veiller la Vierge de la poêle pendant 9 jours, car selon eux “c’est le signe que quelque chose de bon va se passer au village”
(Voir le vidéo-reportage réalisé par nos confrères D’AVC Noticias)
La semaine a en tout cas été fertile en apparition puisque du côté de Tijuana on a aussi pu signaler la figure d’une vierge sur une borne de signalisation phosphorescente.
(photo: AVC Noticias)
La Revue de Presse
Comment cultiver son potager à Iztapalapa?
Une initiative très attachante que celle d’Irma Diaz, 40 ans, qui cultive son potager bio dans ce qui était une décharge sauvage en plein coeur de la délégation Iztapalapa de Mexico DF. d’autant plus que, selon l’article de France Soir, les restaurants “chics” s’avèrent demandeurs de ce genre de produits “sans engrais ni pesticides”….
- A lire sur France Soir
Ciudad Juárez, «15 morts les jours fastes»
Beaucoup moins optimiste, le reportage alarmant que consacre Libération à la situation de Cuidad Juarez… “La première fois que tu vois un cadavre, ça te donne la chair de poule”, explique une jeune fille au reporter. ” Après, tu en vois d’autres, et tu ne ressens plus rien.”
- A lire sur Libération
L’eau du robinet est-elle ou non potable à Mexico ?
Voila une question qui vaut la peine d’être posée… En effet, la semaine dernière, la COFEPRIS – institution en charge de la prévention des risques sanitaires – a révélé la présence de bactéries fécales dans l’eau de 3 arrondissements de Mexico (Xochimilco, Milpa Alta, Tlahuac).
- A lire sur InfosMexique
Les Mexicains rentrent chez eux
“En septembre, 10 561 Mexicains ont quitté volontairement les États-Unis pour retourner dans leur pays d’origine“, nous aprend Courrier International. conséquence de la crise sans doute, mais aussi du du programme de rapatriement volontaire lancé par le gouvernement américain qui permet aux émigrés de retrouver leur domicile aux frais de l’oncle Sam…
-A lire sur Courrier International
Teotihuacan, cités des Dieux, au Quai Branly
Jusqu’au 24 janvier 2010, du mardi au dimanche, vous pourrez admirer quelques une des pièces “les plus belles, les plus élégantes, les plus esthétiques” issues de la mystérieuse civilisations de Teotihuacan “dont 65 % de pièces jamais montrées, des découvertes récentes, notamment dans le temple de Quetzalcoatl”.
-A lire sur le Monde (ici, et là) ainsi que sur le Figaro
Nicolas Quirion -(www.legrandjournal.com.mx)
Les Brèves du Mexique:
- 4 Octobre 2009
- 29 septembre 2009
- 25 septembre 2009
- 20 septembre 2009
- 17 septembre 2009
- 6 septembre 2009
A lire aussi :



