Le Grand Journal vous propose cette semaine l’actualité économique du Mexique avec en tête d’affiche la tenue du G-20 à Los Cabos, la consolidation de Nestlé Mexique, la fusion presque enterinée Televisa-Iusacell et enfin, le chiffre d’affaires du Cartel de Sinaloa atteint celui de Facebook.
Dans cette édition spéciale G-20, et outre ce qu’en disent les médias mexicains, le Grand Journal vous propose également la lecture de quelques articles publiés en France qui ont relaté ces deux journées sous tension.
Le G-20 au jour le jour par LesEchos.fr G-20 du Mexique ou l’objectif croissance vu par Libération.fr Le G-20 pressionne l’Europe, vu par LeFigaro.fr Résumé des grands thèmes abordés par le G-20, vu L’Express.fr Le Ministre britannique David Cameron provoque la France, vu par L’Expansion.frLancement du G-20 et discours officiel du président mexicain
Ce lundi, le président mexicain Felipe Calderón a inauguré le lancement officiel du sommet du G-20 en Los Cabos, Etat de la Basse-Californie Sud, au nord du pays. Son discours d’ouverture a insisté sur l’importance du consensus et des accords multilatéraux que devront trouver les participants pour faire face à la conjoncture économique actuelle, sur les efforts à mettre en commun pour définir un agenda qui trace un avenir économiquement moins incertain.
“Il est clair que le monde entier a les yeux rivés sur nous. Les leaders du G-20 détenons une grand responsabilité [sur la marche du monde] » a déclaré le mandataire mexicain. « Je crois que, avec la représentation au plus haut niveau, des pays impliqués dans les aspects les plus délicats de la crise actuelle, nous pouvons faire de ce forum, un espace singulier de dialogue, afin d’avancer dans le recherche de solutions qui, malgré les difficultés, vont de l’avant. »
Le président a ainsi reconnu les efforts de l’Union européenne pour sortir de la crise qui l’accable, et a affirmé que toutes ces actions lui permettront d’être une région plus forte, plus intégrée et plus responsable. Il a appelé les différents dirigeants présents à ne pas limiter leurs expectatives à leurs frontières nationales, d’éviter de tomber dans l’erreur du protectionnisme et de s’engager à maintenir le libre-échange comme la forme la plus sûre de garantir la croissance économique de tous les pays.
“Je suis confiant, nous sommes capables [de maintenir le libre –échange] et bien plus, parce-que nous avons la volonté, la capacité et la représentation pour y parvenir. Cela est fondamental pour que des millions de jeunes puissent avoir des opportunités qu’ils réclament avec justice pour aller de l’avant. »
Il a également abordé le thème de la régulation financière insistant sur l’importance du renforcement des institutions financières internationales, le Fonds Monétaire International, mais également le Conseil de Stabilité financière. Finalement, il a sollicité les participants d’ouvrir un espace durant le Sommet pour traiter des problèmes de lutte contre la pauvreté et contre le réchauffement climatique.
« Je considère que la lutte contre la pauvreté est l’un des défis majeurs passé, présent et futur, et nous devons trouver les instruments adéquats pour l’affronter. Il est essentiel de s’accorder sur des politiques qui permettent de nuancer les effets de la volatilité des prix sur les aliments et les matières premières. »
Quant au réchauffement climatique de la planète, il a cité en exemple les sécheresses tout à fait inhabituelles qui sévissent dans plusieurs régions du nord du pays.
La probable déclaration finale
Selon les premières informations reçues, la déclaration finale du G-20 sera en premier lieu un ultimatum opposée à l’Union européenne qui devra présenter dans les plus brefs délais ses solutions de sortie de crise afin d’endiguer son expansion dans le monde.
“Dans ce moment de tensions renouvelées sur les marchés, les membres européens du G-20 devront prendre les mesures nécessaires pour sauver l’intégrité et la stabilité de leur région ». En particulier, deux mesures ont été avancées pour améliorer la gestion globale de leur économie: améliorer le fonctionnement des marchés financiers et rompre avec le cercle vicieux qui existe entre la banque et la dette souveraine des pays de l’Union.
La seconde partie de la déclaration se concentrera sur le renforcement du système financier mondial, la croissance “verte” et la sécurité alimentaire. La prochaine destination du G-20 a été décidée, elle aura lieu en juin prochain à Saint-Pétersbourg, sous la présidence de la Russie.
Carlos Slim s’improvise donneur de leçons sur la crise actuelle
Carlos Slim Domit a informé ce mardi, suite à sa participation au B-20 (Business des 20 entreprises les plus importantes au monde), avoir soumis aux différents chefs d’Etat du G-20 une série de recommandations pour apporter des solutions à la crise mondiale actuelle.
En première instance, il estime nécessaire l’implémentation, partout et le plus tôt possible, des technologies de l’information et de la communication (TIC’s) pour sortir de la crise, permettre la croissance et le développement global. « Nous espérons que les recommandations seront bien reçues et qu’elles puissent enrichir le débat au fil du temps, puisque les TIC’s représentent les secteurs qui croissent le plus au monde et qui rendent possible tant de changements qui sont en train de se faire, font que la société participe chaque jour un peu plus et ait plus de productivité dans son quotidien ayant dès lors plus et un meilleur accès à l’information, aux produits et services existants » a-t-il déclaré.
Il a enfin ajouté que l’accès à l’information et à l’inter-communication ont été les principales promotrices de la conscience sur l’environnement, sur les droits de l’homme, et sur l’exigence de résultats et d’approches plus précises.
Les TIC’s ont également permis le développement de projets pionniers en éducation et santé; enfin elles ont été décisives dans la création d’emplois nouveaux et pour l’accès aux financements divers.
Nous rappelons de Carlos Slim Domit est le fils du multimilliardiaire Carlos Slim Helu, homme le plus riche du monde selon la revue FORBER. Il est l’actuel président du Conseil d’Administration de TELMEX, le géant des télécommunications en Amérique latine et dans le monde et partie prenante du Groupe Carso que préside son père. Carlos Slim Domit est également conseiller pour les entreprises América Móvil, América Telecom, Carso Global Telecom, U.S. Commercial Corp., CompUSA, Grupo Carso S.A. de C.V. et la plupart de leurs filières. Enfin, il a été nommé directeur général de la chaîne de restaurants et boutiques Sanborns, lancée par son père.
Le Mexique aura sa place dans l’Alliance transpacifique
Son inclusion était loin d’être acquise, mais le président Felipe Calderón a fait preuve d’habilité et de persuasion en réussissant que Barack Obama, président des Etats-Unis ratifie officiellement l’entrée du Mexique dans les négociations sur l’Accord d’Association Transpacifique (TPP en anglais).
Suite à la réunion bilatérale qu’ont soutenu les deux chefs d’Etat, l’annonce a été faite en conférence de presse, Felipe Calderón insistant sur “cette grande nouvelle” impliquant pour le Mexique de nouvelles perspectives de croissance et d’emplois dans les prochaines années.
Selon ses dires, il s’agit d’une des initiatives de libre-échange les plus ambitieuses au niveau mondial, la zone Asie-Pacifique représentant en effet un dynamisme économique majeur sur la scène mondiale. “Les neuf membres qui actuellement négocient le TPP représentent 26% du PIB mondial, 15% des exportations et 18% des importations internationales” a-t-il expliqué.
Les négociations du TPP réunissent initialement le Brunei, la Nouvelle-Zélande, Singapour, le Chili, et plus récemment l’Australie, les Etats-Unis, la Malaisie, le Pérou, le Viêtnam et finalement le Mexique.
La volatilité actuelle des marchés continuera de porter préjudice au peso.
Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale mexicaine, a exprimé son inquiétude durant le G-20 sur la volatilité globale des marchés mondiaux due à la crise de la dette de la zone euro, qui pourrait se prolonger une année encore, exerçant de fait de fortes pressions sur la monnaie mexicaine ; et ce bien qu’il considère que le Mexique a une économie suffisamment solide pour l’affronter.
“Nous devons être préparé à vivre avec les turbulences financières actuelles pendant encore quelques temps” a-t-il déclaré “Il peut être question de plus d’un an. Si les choses arrivent à un niveau catastrophique en Europe, nous allons avoir plus encore de volatilité sur les marchés, mais les fondamentaux de l’économie mexicaine sont forts et maintiendront la stabilité à moyen et long terme ».
Début juin, le peso est en effet tombé à son niveau le plus bas depuis 3 ans, à cause de la crise de la zone euro qui suscite des craintes sur les marchés mondiaux quant à son évolution en crise financière globale.
L’autorité financière mexicaine a cependant indiqué que les mouvements enregistrés dans le taux de change du peso face au dollar n’a pour l’instant eu aucune répercussion tangible sur l’inflation. « Nous le surveillons avec beaucoup de précaution, pour l’instant la dépréciation n’a pas eu d’impact sur l’inflation (…) et nous pensons que nous possédons un bon ancrage monétaire” a-t-il conclu.
Instruments bancaires: le Mexique en retard par rapport à ses partenaires
Le B-20 a mis en évidence le retard accumulé par le Mexique pour être à l’avant-garde dans l’utilisation de nouvelles technologies bancaires qui facilitent les transactions et l’octroi des crédits en général parmi la population.
Guillermo Ortiz Martínez, président du Conseil d’Administration du Groupe Financier Banorte, présent au B-20, rapporte en effet que l’utilisation de l’argent en effectif est encore une pratique courante, étendue et « irrationnelle », non seulement parmi la population, mais en outre (et c’est là le surprire) parmi les entreprises, quand il existe d’autres alternatives de paiement comme les cartes de débit, les chèques, les cartes de crédit pour ne citer que les plus connus.
Par ailleurs, il aura fallu plus de 15 ans au Mexique pour atteindre les niveaux de crédits que le pays enregistrait avant la crise de 1995, qui a détoné sur une sévère récession de l’économie. Parmi les participants du B-20, le Chili a été désigné comme le pays de la región qui a eu le plus d’avancée en la matière, avec plus de 80% des microentreprises et PME qui ont accès au financement, contre 20% pour le Mexique.
Le Panel Inclusion Financière qui a traité de ce thème a déploré l’absence de Timothy Geithner, Secrétaire du Trésor Public des Etats-Unis et José Antonio Meade, Secrétaire des Finances et Crédit Public qui pourtant avaient confirmé leur participation et sur qui comptaient les membres de l’assistance pour porter leurs problématiques à un niveau plus décisifs.
L’anti-G-20 : « Pour la Planète et pour l’Humanité »
Plus de 500 personnes se sont réunis au sommet alternatif des peuples contre le G-20 organisé à La Paz, non loin du siège officiel du G-20, pour protester contre les politiques impulsées par le Groupe de 20.
Au cri de « Pour la Planète et pour l’Humanité, Non à Calderon et au G-20”, les ONG réunies ont exigé “d’autres types de poliques plus axées sur le sauvetage des personnes avant celui des banques.”
Une manifestation a été organisée rassemblant divers mouvements parmi lesquels se sont détachés les « Indignés » espagnols, l’Occupy London et l’Occupy Washington, des activistes de Russie, des Philippines, du Costa Rica, de l’Argentine et du Salvador. Près de 120 organisations mexicaines ont également été présentes.
Ils n’ont pas reçu l’autorisation cependant d’atteindre Los Cabos pour protester face au siège du G-20 et l’enceinte étant surveillée par près de 4,600 policiers et militaires, ils ont préféré rester en marge de l’événement, tout en faisant entendre leurs voix et protestations.
Nestlé en forte croissance sur le marché mexicain
La compagnie transnationale suisse Nestlé a fort à gagner avec le Mexique, son cinquième marché d’importance sur la scène mondiale ; un intérêt non démenti ces 5 dernières années, preuve en est, les 500 millions de dollars destinés au marché mexicain sur la période pour accentuer sa présence.
« Nous avons investí en manufacture, avec la fabrique Coffee Mate à Chapa de Corzo, dans l’Etat du Chiapas, pour produire sur tout le continent américain; nous aurons la fabrique de café soluble la plus grande du monde avec l’expansion que nous générons actuellement; avec Purina, nous réalisons également des investissements important, nous avons l’usine manufacturière flexible de Querétaro, unique en son genre sur la planète, pour innover tant auprès de nos clients que de nos fournisseurs » rapporte l’actuel président Nestlé-Mexique Juan Carlos Marroquín.
Nestlé remporte également les faveurs grâce aux nombreux programmes que la compagnie développe sur le territoire, le dernier en date Programme de Sensibilisation et d’Intégration des travailleurs pour pallier le problème de la rotation de personnel, qui lui a valu un prix décerné par la Fondation Paralife Mexico AC. En outre, Nestlé se démarque grâce à ses derniers investissements qui ont visé la réduction d’émission de dioxyde de carbone et de consommation en eau. A la fin de cette année, elle prévoit même l’obtention de la plus grande chaudière à bagasse de café du continent et 85% de l’énergie utilisée par ses usines proviendra d’énergie éolienne provenant de l’Etat de Oaxaca.
« Ce sont une série de projets associés qui visent non seulement à la productivité et à l’efficience, mais également au développement de nos employés inscrits au Programme “Efficience continue”, et le défi de l’amélioration permanente et l’innovation” a-t-il indiqué.
Ce 1er juillet, Nestlé a nommé Marcelo Melchior comme nouveau président exécutif du groupe pour le Mexique. Antérieurement chargé de la division Confiserie de Nestlé au niveau mondial, cela fait plus de 20 ans qu’il travaille avec la compagnie. Juan Carlos Marroquín, président actuel partira pour un poste similaire au Brésil où la firme gagne également du terrain.
Nestlé possède actuellement 14 usines au Mexique, plus de 40 centres de distribution et génère près de 8,000 emplois directs sur tout le territoire. Avec des marques bien connues comme Nescafé, Purina, Gerber, La Lechera, Carlos V, Nido, Nestlé, Chamito, Abuelita, Maggi et Santa María, la compagnie est leader sur le marché mexicain de la santé, nutrition, et bien-être depuis plus de 80 ans et attaque tous les segments de marchés du plus jeune âge aux plus âgés.
Televisa accepte les conditions imposées par la CFC pour sa fusion avec Iusacell
Le Groupe Televisa, en pourparlers avec la Commission Fédérale de la Concurrence au sujet de sa fusion avec l’entreprise de téléphonie mobile, Iusacell a informé qu’il acceptait les conditions émises par la CFC pour garantir la libre-concurrence dans le domaine des télécommunications.
Televisa sollicitait en effet depuis un an maintenant l’autorisation d’achat de la moitié de la compagnie Iusacell (1 milliard 600 millions de dollars), une entreprise qui fait partie du conglomérat mexicain Groupe Salinas, celui-là même propriétaire de TV Azteca, le plus grand concurrent de Televisa sur le marché de la télévision libre.
Cette acceptation permettra en outre à Televisa de transformer les obligations émises par GSF Telecom Holdings (GSF),la compagnie qui contrôle le Groupe Iusacell SA DE CV en accions ordinaires de GSF, de telle manière que dorénavant Televisa participera à hauteur de 50% du capital social de GSF.
De son côté, Iusacell, qui fait partie, a indiqué qu’elle reconsidérait de nouveau les conditions fixées par l’autorité anti-monopole.
Entre autres conditions d’importance, la CFC a émis celle d’une prochaine licitation de fréquences pour la télévision libre, le traitement non-discriminé aux concurrents en termes de publicité de leurs services et la mise à disposition de programmation de télévision des concurrents sur la télévision payante.
Le chiffre d’affaire du Chapo Guzman est égal à celui d’entreprises comme Netflix ou Facebook
Dans un article intitulé « Cocaïne Incorporated », le New York Times nous apprend que le tristement célèbre Joaquin Guzman, dit « El Chapo Guzman », à la tête d’un des plus grands cartels de la drogue au Mexique, le Cartel de Sinaloa, chiffre sa fructueuse affaire à des sommes équivalentes à celles que reçoivent des entreprises comme Netflix ou Facebook pour leurs activités commerciales, soit environ 3 milliards de dollars annuels.
L’article signé du journaliste Patrick Radden Keefe nous livre une enquête approfondie sur le commerce hautement lucratif du narcotrafiquant, le criminel actuellement le plus recherché par les autorités américaines et mexicaines.
Il établit également un comparatif avec un baron de la drogue bien connu lui aussi pour ses activités illicites, le Colombien Pablo Escobar. Pourtant au niveau où en est El Chapo Guzman, Pablo Escobar semble être resté en touche ; quant à sa durée dans le cercle dangereux et instable du marché de la drogue, El Chapo Guzman seulement âgé de 55 ans, « aurait en narco-années presque 150 ans.»
Aujourd’hui pourtant la concurrence est belle et bien là, et El Chapo Guzman doit dorénavant affronter le cartel montant des Zetas qui contrôle actuellement plus de territoire au Mexique que le cartel de Sinaloa, sans pour autant parvenir à déplacer les mêmes et astronomiques quantités de drogues qui circulent par le biais de l’organisation criminelle du Chapo.
L’article se risque même à parler du Chapo Guzman comme de quelqu’un d’innovant finalement dans son entreprise commerciale, toujours disposé à s’ouvrir à des marchés nouveaux, comme cela semble être le cas avec les prémisses d’un lancement sur le marché sud-est asiatique, la Chine et le Japon.