Cette semaine, le Grand Journal vous informe de l’actualité économique du Mexique, avec les réactions du peso face aux événements mondiaux, l’essor de l’industrie aéronautique et l’adoption des énergies renouvelables dans le pays de plus en plus fréquente. Enfin on vous parle du succès de la mangue mexicaine sur les marchés mondiaux. Bonne lecture!
Peso Mexicain : Toute accalmie en zone euro devrait entraîner un rebond du peso
Les derniers mois ont confirmé la sensibilité du peso mexicain à l’évolution des risques internationaux. En tant que devise émergente facilement négociable, le peso est même vu par certains comme un bon indicateur de l’attitude générale des investisseurs à l’égard du risque.
Déjà affecté par la remontée des tensions en zone euro en avril, le peso s’est ainsi fortement déprécié à la suite des élections non concluantes en Grèce. La paire USD/MXN est ainsi passée récemment au-dessus de 13,75 pesos, une dépréciation de 10 % depuis la mi-mars.
La situation économique ne justifie cependant pas une forte dépréciation de la devise mexicaine. Le PIB réel a progressé de 5,3 % au premier trimestre, à rythme annualisé, et les données publiées au cours des dernières semaines sont encourageantes. Alors que certains anticipaient un assouplissement monétaire, la Banque du Mexique a ainsi maintenu son taux directeur inchangé en avril et elle a revu à la hausse ses perspectives de croissance.
Ces développements favorables ouvrent la porte à un peso plus fort dès que les investisseurs seront moins préoccupés par la situation en zone euro.
L’aéronautique en forte croissance au Mexique
Les efforts du Mexique pour se hisser parmi les 10 meilleurs pays dans le secteur de l’industrie aéronautique d’ici à 2020 pourraient bien être récompensés si l’on en croit les investissements conséquents engagés par le cluster aéronautique mexicain qui regroupent une kyrielle de centres technologiques et d’entreprises répartis entre les Etats du Querétaro, du Nuevo Leon et du Chihuahua.
Dans l’Etat du Querétaro, l’entreprise française Eurocopter a informé d’un investissement de 550 millions de dollars destinés à la construction d’une usine dont la production sera majoritairement dédiée à l’exportation. Le Groupe Safran, également français, a aussi annoncé son intention d’investir près de 50 millions de dollars pour la mise en place d’une compagnie d’entretien et maintenance pour avions dans cet Etat, laquelle génèrera 350 emplois directs spécialisés dans la fabrication de turbines. Enfin, la firme canadienne Héroux-Devtek se joint à elles informant d’un investissement étalé sur 3 ans de 21 millions de dollars pour la création d’une usine de production de composants aéronautiques dans cette région du centre du Mexique.
Avec ce dynamisme, l’industrie aérospatiale, de laquelle dépendent les secteurs aéronautique et automobile, enregistre pour le seul Etat du Querétaro une activité de 900 millions de dollars, 1 milliard 28 millions de dollars d’Investissements directs étrangers (IDE) et contribue pour 36% aux exportations mexicaines. Les entreprises les plus influentes sont Héroux-Devtek, Bombardier, Global 7000 y 8000, Safran et Eurocopter.
Quant au cluster aéronautique de l’Etat du Nuevo Leon, il est intégré par 24 firmes dédiées à l’industrie aérospatiale et capte près de 10% de l’investissement total de la branche au Mexique. En 2011, le Centre de Recherche et d’Innovation en Ingénierie Aéronautique (CIIE) a vu le jour suite à un investissement semi-public de 253 millions de pesos et travaille en étroite collaboration avec les Aéroports et Services Auxiliaires du Ministère de la Communication et des Transports.
Enfin, le secteur se développe également dans l’Etat du Chihuahua, avec la présence de 29 compagnies aéronautiques. Labinal, une filiale du groupe français Safran a d’ailleurs annoncé un investissement prochain de 10 millions de dollars pour y concentrer ses activités en aéronautique, défense et sécurité. Ses ventes ont atteint les 250 millions juste pour 2010 grâce à des clients comme Boeing, Embraer, Dassault, Airbus, Lockheed Martin, Sikorsky y Airbus. L’entreprise hollandaise Fokker spécialisée dans la fabrication d’empennages (queues des avions) prévoit également une ampliation de ses activités qui, additionnées à celle du Groupe Safran et Labinal, représentera la création de quelques 2000 emplois nouveaux, selon les informations divulguées par les responsables politiques de l’Etat.
Les supermarchés Soriana parie sur l’énergie éolienneÂ
Les supermarchés Soriana initieront ce mois-ci la construction d’un parc à énergie éolienne dans l’Etat du Tamaulipas d’un montant estimé de 100 millions de dollars.
Ricardo Martin Bringas, directeur général de la compagnie a informé du début des activités fin 2012 et a d’ores et déjà annoncé de la future expansion du projet avec l’ouverture de 4 parcs supplémentaires ces deux prochaines années avec des montants d’investissements similaires.
L’objectif est d’alimenter toutes ses succursales grâce à l’énergie éolienne, au total 565 entités distribuées sur tout le territoire mexicain.
La mangue mexicaine a le vent en poupe
D’après un rapport publié ce mois-ci par le Ministère de l’Economie, une mangue sur 20 commercialisées sur les marchés mondiaux serait d’origine mexicaine, plaçant ainsi le pays en second exportateur de ce fruit exotique, tout juste derrière l’Inde.
En 2011, les exportations de mangue mexicaine ont en effet atteint un montant de 189 millions de dollars, 23% de plus que l’année antérieure, soit un total de 273,122 tonnes (contre 269,446 en 2010), un « record en volume comme en valeur », assure le Ministère mexicain.
Par ailleurs, si l’Inde se situe en tête de la commercialisation de la mangue comme produit transformé, le Mexique quant à lui est le leader mondial de l’exportation de la mangue fraîche. En outre, et selon des propos tenus par le Président du Conseil d’Administration des Mangues d’Exportation, Jorge Armando Celis, la qualité en saveur et sucre est meilleure chez la mangue mexicaine, grâce à un maintien plus long sur l’arbre.
Les Etats-Unis sont pour l’heure les principaux destinataires de ce fruit exotique.
Rapprochement entre le Mexique et l’UE en termes de politique aérospatiale
Une lettre d’intention a été signée ce 15 mai entre le Mexique et l’Union européenne afin d’entamer un dialogue sur la politique conjointe à mener dans le secteur de l’aérospatial de nature civil. Le Ministère de la Communication et des Transports (SCT) mexicain a ainsi informé des terrains futurs de coopération entre les deux régions, entre autres, observation et science de la Terre; systèmes mondiaux de radionavigation et systèmes d’augmentation sur satellites, communications via satellite, etc…
Si un accord est signé, il prévoira la création d’un Comité de Direction qui supervisera et élaborera des rapports d’évolutions périodiques sur la coopération entre les deux entités en la matière. Las partes tienen previsto establecer un Comité de Dirección que supervise y elabore informes de evolución periódicos sobre la cooperación en la materia.
Pour l’heure, la lettre d’intention n’a aucune obligation juridique ni financière pour les deux parties et vise seulement à poser les jalons d’une future coopération fructueuse, en particulier elle permettra au Mexique de s’associer dès à présent aux projets que l’Europe développe en matière spatiale.