Pas facile de prendre position sur l’affaire Cassez. Les représentants élus des Français au Mexique, élus de la république, sont pourtant forcés d’en parler vu la tournure des évènements. Voici leurs commentaires qui diffèrent sensiblement selon la teinte politique et leur double nationalité.
Au lendemain de la confirmation de la sentence de 60 ans de prison dictée à Florence Cassez, l’ADFE (proche du Parti socialiste ) a immédiatement réagi via un message publié sur la page Facebook. Le voici:
Français du Monde-ADFE est consterné par la confirmation de la condamnation de Florence Cassez.
Notre sénatrice, Claudine Lepage, avait eu l’occasion de suivre particulièrement ce dossier à l’occasion de plusieurs déplacements au Mexique en 2010 et de s’entretenir au téléphone avec la jeune femme. De nombreuses institutions et personnalités mexicaines se sont mobilisées pour dénoncer les graves irrégularités qui entachent l’enquête depuis le funeste montage policier de l’arrestation de Florence Cassez.
Sa condamnation à 60 ans de réclusion est disproportionnée et surtout repose sur des faits mal établis. Nous sommes bien loin du procès juste et impartial, que tout justiciable est en droit d’attendre. Le seul recours envisageable, à présent, est le dépôt d’une devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Et cette procédure prendrait encore de bien trop longues années. /
Contacté par Le Grand Journal du Mexique, François Boucher, conseiller ADFE pour la région Mexique Amérique centrale appelle les présidents français et mexicain à négocier et estime qu’il y a eu « des torts » des deux côtés. François Boucher insiste sur le nécessaire respect des droits de l’homme, et notamment de la présomption d’innocence tant que la culpabilité n’est pas prouvée.
De leur côté, les conseillères AFE élus sous la bannière l’Union (proches de l’UFE et de l’UMP) ont émis le 21 février le communiqué suivant, en français et en espagnol. Voici la version française:
A nos compatriotes, chers amis Dans le cadre de notre mission de porte-parole des membres de la communauté française au Mexique auprès des autorités françaises:
- A notre initiative, nous avons rencontré monsieur Daniel Parfait, Ambassadeur de France au Mexique en vue de lui faire savoir que vous êtes nombreux à nous interpeller sur les proportions démesurées prises par l’affaire Cassez. Lors de cette réunion il nous a été précisé que les éléments mis à jour par la défense de Florence Cassez ont motivé le soutien des autorités françaises et que pour la France, il s’agit avant tout d’une question de principes. L’ambassade a souhaité que nous diffusions le document élaboré par l’avocat. Vous pourrez le retrouvez sur le site de l’Union. www.l’union.com.mx
- En France, d’or et déjà nous nous attachons à transmettre vos points de vue qui convergent tous à dissocier une affaire privée et juridique des relations bilatérales. L’annulation de nombreux événements de l’Année du Mexique en France revient à annuler tout dialogue, alors que celui-ci fut entamé il y a près de deux siècles, par la toute première communauté d’entrepreneurs français au Mexique. Aujourd’hui, les échanges culturels comme économiques représentent un potentiel de développement pour des milliers de familles françaises et mexicaines. L’actuelle et dynamique communauté d’affaires, estimant que les échanges et la coopération doivent se poursuivre entre les deux pays, se mobilise pour maintenir l’Année du Mexique dans les conditions initiales. Cette manifestation est justement une formidable opportunité pour que la France approche la culture mexicaine grâce à l’exposition de ses multiples facettes.
- Également nous informerons le «Comité de Haut Niveau franco-mexicain», crée en 2007 par les présidents Sarkozy et Calderón et constitué par dix éminentes personnalités de chaque pays pour renforcer la coopération bilatérale, que vous déplorez le différent qui oppose les deux gouvernements.
- Lors de la prochaine Assemblée de Français de l’étranger (AFE), qui aura lieu à Paris du 7 au 11 mars 2011, nous veillerons à relayer l’opinion d’une communauté, à l’origine de l’amitié franco-mexicaine et capable de placer la situation dans la réalité mexicaine.
Nous nous tenons à votre entière disposition.
Geneviève Suberville et Marie-Hélène Pontvianne
Conseillères de l’AFE pour le Mexique, l’Amérique centrale et Panama. /
Contactée par le Grand Journal du Mexique, Geneviève Suberville a précisé qu’elle ne souhaitait pas entrer dans le débat de la culpabilité ou de l’innocence de Florence Cassez. Madame Suberville compte souligner le fléau que constituent les enlèvements au Mexique, lors de la prochaine réunion AFE en mars 2011 à Paris.
RM-www.legrandjournal.com.mx
Tant que subsistaient de profondes divergences sur l’affaire Cassez, sa médiatisation à outrance de la part de la partie française a constitué soit une lourde erreur d’appréciation diplomatique quant-aux conséquences inévitables d’un tel battage, soit une volonté de redorer le blason d’une équipe gouvernmentale sérieusemnt ébranlée par de multiples affaires, sans se soucier des conséquences négatives , non seulement pour les relations politiques, économiques et culturelles bilatérales, mais aussi pour la personne qu’on prétendait défendre. Tout celà est fort malheureux, et je partage entièrement la position de tous ceux qui appellent à la reprise de la concertation (JMG Le Clézio, Mmes les Conseillères de l’AFE, Mr le conseiller de l’ADFE.
La justice d’abord !!! La France au travers du scandale que représente la gestion du dossier Cassez, et le montage médiatique a été insultée par le gouvernement et la justice Mexicaine. Le peuple mexicain lui a droit à une justice de qualité et tout ceux qui souhaitaient sacrifier Florence sur l’hôtel de leurs petits intérêts en seront pour leur frais…Le Mexique doit changer et ne doit plus d’un côté écraser son peuple et de l’autre essayer de montrer au monde une image de pays démocratique qu’il n’est pas! Florence deviendra un symbole, celui de la lutte contre l’impunité et les classes régnantes qui font fi des valeurs universelles que sont les droits de l’homme et la liberté de la presse. La communauté française du Mexique devra un jour répondre de sa position quand le peuple aura mis fin à ces habitudes insupportables d’une élite qui manie la justice à son bon vouloir. La république bananière ne semble pas être celle que l’on croit!! Quand on sème le vent on récolte la tempête!! et dieu sait que ça souffle dur de partout en ce moment!!