Portrait – Une Mexicaine dans les couloirs d’Angoulême
Publié le 19/05/2009 par " Alain Figadere "
ÉCHANGE. Rencontre avec Kena Huerta Berthier. La jeune femme passe un semestre à Angoulême pour y enseigner l’espagnol, la langue de son pays. Le point sur son expérience.
Avec sa chemise blanche boutonnée haut et sa jupette de toile denim, Kena Huerta Berthier semble tout droit sortie d’une pension pour jeunes filles de bonne famille.
Discrète et réservée, cette jeune fille à la fine trentaine vient de Zacatecas, état éponyme, Mexique. Mais, depuis septembre, elle a quitté le pays de la tequila pour celui du cognac et partage ses heures entre trois établissements scolaires de Charente : « Douze heures par semaine, entre le Lisa et les collèges de Puygrelier et Romain-Roland. »
Pour autant, au bout de sept mois d’enseignement, elle ne se voit pas poursuivre sur cette voie une fois rentrée chez elle. « J’admire les profs… Peut être que je ne serai pas capable de faire comme eux », avoue-t-elle d’un demi-sourire.
Programme d’échange
Une opportunité que n’a pourtant pas manquée cette licenciée de lettres quand elle a vu une annonce de l’Alliance française. « Cela fait plusieurs années que je voulais venir en France. Mais pour être retenue, il faut avoir terminé ses études… Et avoir moins de 31 ans. C’était la dernière chance pour moi. »
La décision ne fut pas simple à prendre, toute angoissée qu’elle était de quitter sa famille pour la première fois de sa vie. Une manière aussi, d’affiner son français débité de la voix chevrotante de ceux qui ne sont pas sûrs d’eux : « Je sentais pourtant que j’avais assez étudié et qu’en fait, il me manquait surtout de la pratique. »
De son expérience angoumoisine, Kena ne veut pas trop parler. Tout se mélange dans ses souvenirs encore trop frais pour être classés. « La France, c’est magique », s’enthousiasme-t-elle. Même si, parfois, le mal du pays la prend, notamment lorsqu’elle évoque la nourriture de son pays, là-bas, « de l’autre côté de la flaque ».
Rompre les idées reçues
Mais ce séjour aura au moins eu le mérite de rompre certaines idées reçues et autres topiques qui collent aux Français. « On m’avait dit que les Français ne sont pas aimables avec les touristes. J’avais peur. Mais en fait, j’ai été très bien accueillie même si ici, on est un peu moins tactile qu’au Mexique. »
Au-delà de son expérience, Kena Huerta Berthier sera également venue à la rencontre de ses origines. « Selon l’histoire de ma famille, j’ai un ancêtre qui aurait été maréchal de Napoléon. »
Des aïeux venus de France qui ont d’ailleurs poussé la jeune fille à étudier le français à 19 ans. Peu courant dans un pays où les étudiants ont souvent le choix entre l’anglais… Et l’anglais. Mais des études gagnantes puisque la Mexicaine du Lisa aimerait bien rester en France l’an prochain : « Je joue du piano et de la guitare. J’ai envie de tenter les concours des conservatoires d’Angoulême et de Bordeaux. »
Auteur : Benjamin Ferret - www.sudouest.com – (www.legrandjournal.com.mx)
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