Pourquoi la France ? – Luis Miguel Ramos Mena, gestionnaire francophile !
Publié le 15/11/2009 par " Alain Figadere "
Le Grand Journal inaugure avec ses lecteurs francophiles une série de portraits sur le thème “Pourquoi le français”. Qui sont ces Mexicains qui connaissent bien la France, l’aiment, en parlent la langue mais que nous ne croisons pas tous les jours ?
Pourquoi le choix de la France et quelles leçons ont-ils à nous apporter sur nous-mêmes et sur les relations franco-mexicaines…?
Aujourd’hui Luis Miguel Ramos Mena, financier et entrepreneur.
Originaire du nord du Mexique, de la ville de Torreón (Coahuila), Luis Miguel Ramos Mena, qui est né en 1954, a cependant vécu presque toute sa vie à Guadalajara puisqu’il s’y trouve depuis plus d’un demi-siècle. Plusieurs fois étudiant à Paris-Dauphine, il travaille aujourd’hui dans l’immobilier. Parcours d’un fin connaisseur de la France !
Premier contact
En 1975, il connaît son premier contact avec la France avec un stage en gestion financière de trois mois effectué à Nantes au sein de la société Defontaine. Il l’obtient par l’intermédiaire de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques. M. Ramos Mena nous avoue cependant qu’il avait initialement demandé à travailler en Suisse, mais on l’envoya en Loire-Atlantique, dans la ville des ducs de Bretagne…
Mention très bien…
Après cette expérience initiale en France, Luis Miguel Ramos Mena passera neuf mois à São Paulo, au Brésil, travaillant dans une société de crédit hypothécaire et foncier. Puis il regagne la France, rejoignant de nouveau la société Defontaine, pendant un an, en 1977-1978.
Il s’inscrit dans la foulée à l’université de Paris-Dauphine au sein du DEA « Performances économiques et financières des organisations », option finance. Intégrant en 1979 le doctorat d’Yves Simon (spécialisation finance internationale), il présente trois ans plus tard sa thèse, « L’investissement étranger direct et la dette extérieure dans le développement économique du Mexique », sous la direction d’Yves Simon, le jury formé par les professeurs Alain Cota, Dominique Roux et Daniel Soulier et obtient la mention très bien…
De retour au Mexique, M. Ramos Mena travaille dans différentes entreprises, la principale étant le groupe Sidek, opérant dans le domaine touristique et industriel. Il en sera le directeur financier jusqu’à la fin des années 80/début 90. Il rejoint ensuite le secteur de la finance, puis ouvre sa propre affaire dans le domaine industriel, qu’il gère de 1992 à 2001.
Intellectuels et grands chefs
Durant cette dernière période, désireux de se recycler (« pour rajeunir un peu »), il prend une année sabbatique et se réinscrit à Paris-Dauphine, en études en économie appliquée. Luis Miguel Ramos Mena est alors un habitué de la France : au début des années 90, il se rend dans le pays presque tous les deux mois car il travaille avec un groupe minier ayant des relations commerciales avec la Belgique.
Il noue en France des liens avec de nombreux industriels, intellectuels – notamment le grand peintre surréaliste cubain Wilfredo Lam – ou… grands chefs (tels Jean-Pierre Vigato, du restaurant Apicius, dans le quartier de Villiers à Paris, ou Jean Sabine, ancien chef à la Grande Cascade, dans le bois de Boulogne, également chef des cuisines au Quai d’Orsay durant treize ans). Il se montre sensible à « l’hospitalité et la gentillesse » des Français…
Projet immobilier de 300 appartements
En 2002, M. Ramos Mena rejoint au Mexique un groupe immobilier constructeur, où il est actif jusqu’à la fin de 2007. Depuis, il se consacre avec son cabinet et des investisseurs du pays à monter des projets immobiliers (appartements, petites maisons). Il travaille actuellement sur un projet de 300 appartements, qu’il souhaite mener à bien avec un groupe de Mexico. Il possède les terrains avec ses associés, et les banques et investisseurs apportent les fonds. C’est son propre frère, diplômé de l’Ecole nationale des ponts et chaussées à Paris et possédant son entreprise avec une vaste expérience dans le domaine de la construction, qui bâtit les édifices ; il est notamment le constructeur de plusieurs tours d’appartements situées à León (Guanajuato).
La crise internationale financière et immobilière, et plus particulièrement la crise mexicaine, a cependant beaucoup touché et ralenti les affaires : « Les acheteurs n’achètent pas, les banques ne prêtent pas d’argent… on est un peu dans une période d’impasse économique d’”après-guerre”, mais heureusement sans destruction, sans violence et sans morts. » Toutefois, restant optimiste, M. Ramos Mena table sur une reprise de l’économie dès l’an prochain. « Il faut que ça bouge et que la croissance revienne !», s’enthousiasme-t-il.
Trois filles tout aussi proches de la France…
Luis Miguel Ramos Mena parle couramment le français. Il l’a d’abord appris chez les maristes dans le secondaire jusqu’au baccalauréat, puis à l’Alliance française et lors de ses nombreux séjours en France. C’est au sein de sa famille qu’il a été encouragé et poussé à se tourner vers la langue et la culture françaises, nous confie-t-il.
Il est père de trois filles, qui sont tout aussi proches que lui de la France… L’aînée a suivi Sup de Co Montpellier et travaille aujourd’hui à Mexico comme gestionnaire dans le secteur import-export dans une entreprise industrielle productrice de bouteilles et flacons – fournissant notamment Rémy Cointreau. La deuxième, plus « artiste», a étudié à Créapole, rue de Rivoli à Paris, une école supérieure des arts appliqués formant aux métiers de la création. Et la dernière, actuellement à l’université de Guadalajara, a récemment postulé pour étudier un an à Rennes, à quelques lieues de la ville où son père découvrit la France voilà trente-quatre ans !…
Luis Miguel Ramos Mena pose sur la photo en vignette jointe à cet article devant une œuvre de l’un de ses amis artistes, Carlos Rodal, de Jalisco, une variation sur Jardín nocturno en el planeta CR-1964, et sur cette dernière photo devant une toile de Wilfredo Lam.
Ludovic Moreau-Delacquis -(www.legrandjournal.com.mx)
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