Puebla – Le Black Cat Bones Café accueille l’art sous toutes ses formes!

Publié le 13/11/2009 par " Nicolas Quirion "

Fabien BCBCEn plein centre de Puebla, le Black Cat Bones Café  ouvre ses portes à tout les curieux et les gourmets…  Café, galerie et plus encore: voila un endroit qui devrait combler tous les poblanos à la recherche d’une alternative culturelle! Interview de Fabien Thévenot, maître des lieux.

Le Grand Journal: Bonjour Fabien, peux-tu nous raconter en quelques mots ton parcours et ce qui t’a amené au Mexique ?

Fabien Thévenot: Mon parcours est un peu compliqué, il ne faut chercher aucune linéarité ou ligne directrice dedans. Ou alors peut-être l’amour de l’art, sous bien des formes.

A l’origine, j’ai arrêté les études très tôt, je suis rentré dans le milieu de l’organisation de concerts à l’age de 20 ans par l’intermédiaire de l’objection de conscience. Parallèlement à ça j’ai toujours été très impliqué dans le mouvement Punk/Hardcore, j’ai monté mon label très tôt, fais de la musique pendant un moment, organisé pas mal de concerts, de tournées, voyagé avec moult groupes à travers l’Europe et outre-atlantique avec mon propre groupe. En 15 ans je n’ai pas arrêté de déménager, j’ai toujours eu la bougeotte. J’ai vécu dans pas mal de régions en France, j’ai aussi vécu quelques années en Suisse et pas mal de temps au japon également.

Quand j’en ai eu un peu marre de cette vie (vers 30 ans), je suis venu me poser à Lyon où j’ai enfin passé mon bac et repris des études de cinéma. Là j’y ai rencontré Pola, une jeune Mexicaine qui allait devenir ma femme quelques années plus tard. Elle m’a fait visiter son pays à plusieurs reprises, j’ai rencontré sa famille, me suis accoutumé à la vie ici. Le Mexique est un pays qui ne m’avait jamais trop fais fantasmer, (j’étais plutôt branché par l’Asie à l’époque), mais en arrivant j’ai eu un gros coup de cœur et pour moi il est vite devenu évident qu’on finirait par y déménager. Pola voulait elle aussi revenir à terme dans son pays après 7 ans passés en France, et quand nous sommes arrivés au point de rupture, nous avons bouclés nos valises et nous les avons posées à Puebla il y a à peu près un an de cela.

LGJ: BLACK CAT BONES CAFE c’est un peu plus qu’un simple café… Peux-tu nous expliquer le « concept »?

F.T: Ouvrir un simple café ne nous intéressait pas, nous voulions créer un lieu galerie BCBCdédié aux Arts Graphiques, à l’Art Moderne (je déteste le mot “Art Contemporain” qui me semble très loin de nos préoccupations), mais aussi un lieu possédant un cadre agréable où on pourrait se poser en écoutant un bon disque de rock ou de free-jazz en buvant un café de bonne qualité et en goutant les bonnes pâtisseries de la patronne.

A la base BLACK CAT BONES était une petite maison d’édition que nous avons montée en France en 2006, spécialisée dans les ouvrages d’illustrations. Ce qui explique que lorsque nous sommes arrivés au Mexique, ouvrir un lieu dédié à ce type d’art nous est tout de suite venu à l’esprit.

Le BLACK CAT BONES CAFÉ est donc un lieu sur deux étages. En bas, un café avec des tables et un coin salon, et sur la mezzanine une galerie d’art où nous exposons surtout des sérigraphies, des peintures, des dessins, des travaux qui proviennent autant d’illustrateurs que de studios de graphic design.

BCBC interieurNous tentons aussi d’organiser des réunions de clubs littéraires et de clubs cinéphiles, parce que ce sont des choses qui nous passionnent aussi beaucoup, peut-être autant que les Arts Graphiques.

Bref, nous voulions en faire un lieu où nous pourrions organiser nos expos, vendre des livres d’art, mais aussi un lieu ouvert où les gens peuvent se réunir pour causer ciné, littérature, proposer des trucs, venir nous soumettre leurs projets, leurs créations.

On est un peu difficiles, mais très ouverts ! Nous ne souhaitons pas que le lieu soit défini à 100%, nous voulons vraiment garder une grande marge de manœuvre, faire ce que nous aimons au moment où nous le voulons.

LGJ: Puebla est une grande ville avec une forte présence étudiante, mais est aussi réputée être assez austère par certains aspects… Comment ce genre de lieu trouve-t-il sa place ici ? discussion BCBC

F.T: Je n’ai jamais trop compris cette réputation d’austérité et de conservatisme que se traine Puebla depuis des années. Si on me dit “austérité”, je pense à la grisaille Lyonnaise, aux visages fermés que l’on croise à longueur de rues en France, à l’ennui généralisé qui semble avoir pris possession des centre-villes de la plupart des grandes villes Européennes, qui ne sont désormais guère plus que des Hypermarchés à ciel ouvert.

Quand je me lève tôt le matin, que je traine dans les rues de la ville en compagnie de mon chien et que j’observe la ville s’éveiller, les rues s’animer, que je vois la vitalité et la spontanéité des habitants, les sourires que je peux croiser en une quinzaine de minutes, je t’avoue que le mot “austérité” n’est pas le premier qui me vient à l’esprit.

Le BLACK CAT BONES CAFÉ ne trouve donc pas sa place dans la ville, j’ai plutôt le sentiment que ce sont les gens qui lui trouvent un intérêt, un sens, une utilité. Jusque là nous n’avons pas fais tellement de publicité, nous avons laissé le bouche à oreille fonctionner et laissé un peu les gens venir à nous.

LGJ: Quelles sont les activités que vous proposez ?

F.T: Nous organisons une expo par mois avec un vernissage à chaque fois, un groupe littéraire se réunit également chaque semaine, et un groupe cinéphile est en train de se constituer. Sinon, nous organisons aussi de temps en temps des “signatures” de livres (le dernier en date étant celui de Jorge Alderete), des rencontres avec des artistes.

Nous travaillons aussi à l’organisation de soirées mixant musique, art et performances.

LGJ: On constate que toutes les cultures, aussi bien mexicaines que françaises ou anglo-saxonnes trouvent leur place dans le café… Comment s’opère ce mélange ?

BCBC facadeF.T: Il s’opère très simplement. Nous aimons tout un tas d’artistes, nous leur écrivons, et ceux qui n’ont pas la grosse tête, qui cultivent une certaine curiosité et qui ont un minimum le goût du risque acceptent parfois de travailler avec nous. Nous ne réfléchissons pas vraiment en terme de nationalité, nous cherchons juste à travailler avec des artistes qui nous parlent (dans le sens figuré comme au sens propre).

C’est parfois un peu plus difficile de travailler avec les anglo-saxons, l’aspect “business” bloque parfois un peu les choses (nous avons très peu de moyens, il nous faut donc organiser des expos avec un budget très très serré), mais nous souhaitons avant tout nous inscrire dans une démarche cosmopolite.

LGJ: Il y a des projets que tu aimerais développer à plus long terme ?

F.T: Des tonnes ! Publier à nouveau des livres (et pas que des livres d’illustrations, la littérature nous fait aussi méchamment de l’œil), développer notre petit “shop” qui se trouve à l’intérieur du café où nous vendons des livres, des t-shirts et des objets de graphic-design.

BLACK CAT BONES CAFÉ

3 oriente # 207 planta alta, zócalo
(a media cuadra de la catedral)
Puebla de Zaragoza

Propos recueillis par Nicolas Quirion -(legrandjournal.com.mx)

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Il y a 3 commentaires sur l'article “Puebla – Le Black Cat Bones Café accueille l’art sous toutes ses formes!”

Par Georges NOURIANNo Gravatar Linux Firefox 3.5.3:

Bonjour Fabien et en particulier, Nicolas Quirion, qui m’a presque fait croire qu’il s’agissait d’une blague!

Eh, non, c’est bel et bien un entretien entre un journaliste et un passionné d’ART.

Ma surprise fut de courte durée mais d’une intensité rare, lorsque j’ai lu ces deux phrases qui ouvrent l’introduction: (ouvre ses portes à tout les curieux et tout les poblanos )…Vous vouliez dire: TOUS les curieux et TOUS les poblanos?

C’est juste pour te narguer, mon cher et inestimable Nicolas Quirion

Je vous écrirai plus longuement la prochaine fois…

Continuez à nous faire rêver et, surtout, nous faire sourire tendrement

Georges Nourian

Par Nicolas QuirionNo Gravatar Windows XP Firefox 3.6:

Bonjour Georges,

Merci pour votre intérêt et pour m’avoir donné l’occasion de réviser le texte qui comportait en effet quelques erreurs!

Par contre -ma mémoire doit me jouer des tours- je ne me rappelle pas avoir fait votre connaissance? Ou si?

Quoi qu’il en soit bon courage dans vos projets!

Par NOURIANNo Gravatar Windows Vista Internet Explorer 8.0:

Salut Nicolas,

Vous et moi, avons des connaissances en commun…Lygie, Marie-Anne, Christine vous disent quelque chose?

De toute façon, c’est un honneur de faire votre connaissance.

A très bientôt, cher ami

Georges

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