Cap sur le Mexique à la rencontre d’une des rares femmes à plonger des falaises d’Acapulco, d’une scientifique sur les traces des origines de la vie, et sur une cité de pêcheurs de crevette devenue l’empire de la Pemex. La journaliste Véronique Veber temoigne sur les conditions de tournage á Ciudad Del Carmen.
Le programme : Rencontre avec une jeune plongeuse des falaises d’Acapulco. Une scientifique découvre une mer préhistorique où vivent des espèces marine de l’époque des dinosaures. Enfin, zoom sur Ciudad Del Carmen, cité de pêcheurs de crevettes devenue l’empire de la Pemex.
Journaliste au Mexique : un métier à haut risque
« Quand nous partons sur des zones à risque comme le Mexique il y a des précautions à prendre. Le plus important est d’être accompagné par quelqu’un qui connaît bien le coin et dans lequel vous pouvez avoir totalement confiance.
Le problème au Mexique c’est que les gens vivent avec la peur au ventre et dans une sorte de paranoïa bien compréhensible. La fixeuse avec laquelle j’ai travaillé nous a permis de rentrer en contact avec l’administration mexicaine et le service de communication de PEMEX… C’est grâce à elle que nous avons pu accéder aux plateformes. Très vite quand l’enquête s’est compliquée et que nous avons compris que nous étions susceptibles d’interviewer des personnes qui avaient maille à partir avec les cartels, sa position a été claire : cette mère de deux enfants vivant à Mexico n’a pas souhaité assister à des interviews sensibles ou aller voir des personnes susceptibles d’être reliées à un trafic. Dans ce genre d’enquête chacun doit décider en son âme et conscience ce qu’il veut faire. Denis Bassompierre (le cadreur qui m’a accompagné) et moi nous ne vivons pas dans ce pays et 15 jours plus tard nous savions être rentrés à Paris. Nous n’encourrions pas les même risques qu’elle donc nous avons décidé de continuer.
Pour les interviews les plus sensibles, nous sommes passés par quelqu’un de confiance qui connaissait Ciudad del Carmen sur le bout des doigts : Lourdes Vadillo, la militante écologiste présidente de l’association Marea AZUL. Elle nous a ouvert toutes les portes dans cette ville où PEMEX a autorité sur tout. Quand nous étions dans des endroits dont on nous avait interdit l’accès, l’idée était de rester le moins longtemps possible. Faire ce qu’il y a à faire et s’en aller. Sans des personnes comme elle, il n’y aurait pas eu de reportage.
Pendant notre séjour à Ciudad del Carmen un ingénieur pétrolier a été enlevé… C’est le problème au Mexique. Tout est calme en apparence et puis tout d’un coup tout dérape. Avec une caméra vous êtes évidemment très vite repéré et beaucoup plus vulnérable. Filmer dans la rue est un problème. La police est sur votre dos toutes les 5 minutes…. même quand vous êtes bardé d’autorisations. Et dans un pays où la corruption règne en maitre, il est très difficile de savoir qui joue avec qui… On nous a toujours dit, » si vous avez un problème…. n’allez surtout pas voir la police ! » Réputée très corrompue elle soutire régulièrement de l’argent et certains policiers corrompus sont des sources de renseignements pour le crime organisé.
Lors de ce tournage, il n’y a eu qu’un seul moment un peu délicat. Nous avions réussit à rentrer sur le port de pêche, et nous voulions filmer un déchargement de crevettes, or, cette zone portuaire est sous contrôle de PEMEX. Aucune camera n’y est autorisée et les quelques chalutiers présents sont très isolés au milieu des convoyeurs pétroliers. Nous filmions l’entrée d’un chalutier dans le port quand un homme est arrivé directement sur Denis Bassompierre avec une barre de fer. Il n’y a pas eu d’explication possible (nous voulions juste voir la débarque des crevettes). Il nous a violemment menacés et nous avons préféré partir. Les ports mexicains sont aujourd’hui le lieu de beaucoup de trafics. Nous dérangions, c’est sûr, mais pourquoi ? Nous ne l’avons jamais vraiment su. »
Véronique Veber – Blog France 3
Voir la bande annonce sur le site France 3-Thalassa
Je n’ai pas TV5 et pour une fois le regrette. L’introduction est bien écrite, sensible et dénote une grande intuition et perspicacité.
Je suis fan de Thalassa, j’espere donc pouvoir regarder l’emission du 14 janvier sur TV5…
Que des choses pareilles se passent au Mexique c’est vraiment triste et effrayant, j’en ai honte…