Vins – Un bordeaux supérieur à l’accent mexicain !!
Publié le 01/12/2009 par " Le Grand Journal "
«Cuauhtemoc ». Ce nom aztèque désigne l’aigle fondant sur sa proie. C’est aussi le nom du dernier empereur mexicain. C’est encore le nom du trois mats école de la marine mexicaine. C’est maintenant aussi le nom d’un Bordeaux supérieur !!
C’est enfin la carte de visite d’Alfredo Ruiz. L’ancien consul du Mexique et haut fonctionnaire du ministère des Finances, a su entrer dans le cercle fermé de la noblesse du bouchon bordelais.
Le cheveu en aile de corbeau, la silhouette souple et racée et la démarche altière, Alfredo Ruiz a naturellement l’allure d’un hidalgo. « J’aurais pu être ministre mais les élections présidentielles ont changé le parti au pouvoir… »
Le Mexicain est redevenu, un temps, avocat, conformément à sa formation initiale. Mais associé d’un cabinet de pénalistes, il aurait constamment été en butte aux représentants de l’État, ce qui ne cadrait pas avec son attachement à l’appareil administratif de son pays.
Au précédent propriétaire du château Fonchereau qui lui proposait de l’aider à la commercialisation de son vin au Mexique, Alfredo Ruiz a carrément proposé d’acheter le domaine. « Nous avons formé un groupe avec deux amis, des frères de toute ma vie », sourit notre homme.
La demeure ne manque pas de classe. Une partie du logis précède le XVe siècle. Montaigne et Montesquieu auraient fréquenté les lieux. Dans un parc d’un hectare se répartissent, l’orangerie, la gentilhommière, le pigeonnier qui annonce les maisons nobles et une chapelle propre qui marque le rang de l’hôte.
Deux chênes trois fois centenaires trônent au milieu d’un bois vénérable. « Ils donnent de l’ombre et de l’allure… Ils me font penser à mes parents », note le viticulteur.
Les trois compères sont séduits par le site mais le personnel en place, leur tourne le dos. Seul l’oenologue accepte de rester et d’aider les nouveaux venus qui, sans ambages, ne nient pas rien connaître à l’élaboration du lait de la vigne.
Nouvelle équipe
Les conquistadors à rebours créent une nouvelle équipe de sept personnes qui assument les différentes fonctions : notoriété, vigne, chais et commercialisation.
Toute la récolte est mise en bouteille au château par un prestataire et l’essentiel repasse l’Atlantique. Mais depuis 2006, date du rachat, le domaine est confronté à une exceptionnelle série de mauvaises années, de tempêtes, de crise et de grêle.
Patience
Les trois hommes, dont les familles traditionnellement goûtent régulièrement les vins de France et notamment de Bordeaux, découvrent que la production de la sève d’automne, est une oeuvre de patience.
Le père d’Alfredo l’avait pourtant mis en garde : « Produire du vin est un défi ; produire du vin en France en est un autre ! » Toutefois 2009 a eu de belles journées et Fonchereau a trouvé une société mexicaine qui diffusera une part croissante de la production. Encore faut-il compléter les rangs de vignes, affiner encore les méthodes aux chais et réaliser un bâtiment de stockage.
« Le grand »
Sur les 50 hectares de la propriété, 10 sont couverts de bois, 32 produisent du vin. Essentiellement du Bordeaux supérieur rouge. Plus de 60 % de la propriété est plantée en merlot, le reste en cabernet. Alfredo Ruiz est fier également de son Entre-deux-Mers blanc sec et de son crémant. Il n’existe qu’une cuvée de ce Bordeaux supérieur, appelée « le grand ». Histoire d’évacuer toute confusion. « Cuauhtemoc », dans l’esprit du personnage, cela vaut toutes les opérations d’image pour le château.
Source – Sud-Ouest
Lire aussi sur Vinisfera en espagnol – Château Fonchereau. Tres amigos conquistando Burdeos
Infos
Château Fonchereau Adresse :8 Allee Fonchereau
33450 Montussan (France)
Site internet – www.fonchereau.com
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