Violence : 26 corps retrouvés morts à Guadalajara, au Mexique
Publié le 24/11/2011 par " Thomas Goubin "
Les autorités mexicaines ont retrouvé 26 corps à l’intérieur de véhicules abandonnés sur un important carrefour de Guadalajara, la deuxième ville du pays, ont rapporté jeudi des responsables locaux. Selon des médias locaux, les corps ont été découverts avec un message laissé par des cartels de la drogue.
Le bureau du procureur général local a annoncé qu’il y avait 26 morts répartis dans trois véhicules abandonnés tôt jeudi matin autour de “los arcos del Milenio”, une imposante oeuvre de l’artiste Mexicain Sebastian se trouvant au carrefour des avenues Lazaro Cardenas et Mariano Otero á une encablure du centre des expositions de Guadalajara.
Les cadavres ont été découverts à l’intérieur de trois camionnettes, à demi nus, pieds et poings liés. “Il y a eu au total 26 cadavres, tous de sexe masculin et d’un âge compris entre 25 et 35 ans”, a déclaré lors d’une conférence de presse Fernando Guzman, le secrétaire général du gouvernement de l’Etat de Jalisco, dont Guadalajara est la capitale.
La majorité des victimes sont mortes par asphyxie et plusieurs corps étaient à demi dénudés. Certains d’entre eux portaient sur le corps les inscriptions “Milenio” et “Zetas”, a ajouté M. Guzman. Ces signatures font référence au cartel du Milenio, organisation de narcotrafiquants de l’Etat voisin du Michoacan, et au groupe criminel des Zetas, organisation créée et dirigée par d’anciens militaires d’élite de l’armée mexicaine. Tous sont morts asphyxiés après avoir été martyrisés, dans ce qui ressemble à une vengeance de la part d’un des cartels le plus puissants du pays.
Guadalajara, qui abrite 4,5 millions d’habitants et est le chef lieu de l’Etat de Jalisco, a été jusqu’ici pratiquement épargnée par les violences qui ensanglantent le pays depuis le début de sa lutte contre les cartels de la drogue.
Guadalajara doit accueillir à partir de la fin de la semaine la Foire internationale du livre, considérée comme la plus importante du monde hispanophone. D’importants auteurs et éditeurs y sont attendus, comme le prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa ou l’Allemande Herta Müller, ainsi que le Colombien Fernando Vallejo qui sera honoré d’un prix.
Cela fait 49 personnes assassinées en deux jours, puisque 23 autres avaient déjà été exécutées par le cartel de Sinaloa.
Bastion du cartel de Sinaloa, dirigé par le trafiquant le plus recherché du Mexique, Joaquin Guzman, dit “Le Petit”, Guadalajara a vu les meurtres augmenter lorsque d’autres gangs ont commencé à contester la domination de ce cartel.
Ces exécutions sèment la consternation car les habitants se sentaient jusqu’alors à l’abri dans les grandes métropoles.
Article du 2 février 2011 – Violence mardi soir à Guadalajara : Les réseaux sociaux réactifs

Pour la première fois de son histoire, Guadalajara a été paralysée en plusieurs points par des narcobloqueos. Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate, jusqu’à devancer les médias traditionnels. De fausses rumeurs y ont aussi été véhiculées, comme un appel pour une marche pour “vivre en paix“.
Les évènements de la soirée débutèrent peu après 20h30 par l’attaque à la grenade d’un commissariat de Tonalá. Dans la foulée, six points de la zone métropolitaine de Guadalajara étaient paralysés par des narcobloqueos, notamment à quelques pas du flambant neuf pont Alberto Matute, et sur la route de Chapala aux abords de l’aéroport.
Une triste première pour la deuxième ville du Mexique, qui allait embraser les réseaux sociaux. Avant les médias généralistes, des photos du bus pris en otage, évacué, puis brûlé par les malfaiteurs sur Lopez Mateos, en contrebas du pont Alberto Matute, circulaient sur Facebook et Twitter. Chaque narcobloqueo était relayé avec plus ou moins de précision, mais toujours avec célérité.
Propre aux nouveaux réseaux sociaux, la circulation instantanée de l’information entre plus ou moins proches a manifestement conduit les tapatíos à prendre des mesures de précaution. Une fois l’onde de choc des différents méfaits des narcotraficants transmise, les rues de Guadalajara sont devenues désertes.
Un appel sur Facebook pour une marche contre la violence
Quelques rumeurs, désormais démenties, ont circulé, comme le vol d’une citerne du pétrolier Pemex, que les délinquants auraient menacé de faire exploser. L’humour noir grinçait aussi sur les murs de facebook : “Idées pour les Jeux Panaméricains : lancement de grenades, tir avec corne de bouc, et saut de narcobloqueo.”
Devant l’inquiétante montée de la violence à Guadalajara, qui peut renvoyer au terrible exemple de la dégradation vécue par Monterrey, les Jeux Panaméricains pourraient être cependant considérés comme la chance de la ville : le Mexique ne pouvant se permettre pour son image à l’international d’organiser une compétition continentale dans une ville à feu et à sang.
La société civile active de la Perle de l’Occident est aussi sa chance. Mardi soir, devant la multiplication des narcobloqueos, des étudiants de l’ITESO ont appelé sur Facebook à une marche nommée “Plus une goutte de sang ! Nous n’avons pas peur !”. Elle partira ce mercredi à 16h du croisement entre avenida Chapultepec et Vallarta. A 11h, mercredi matin, près de 2000 personnes s’étaient inscrites à l’évènement.
Selon Fernando Guzmán Pérez Peláez, secrétaire du Gouvernement de l’Etat de Jalisco, les attaques ont été attribuées au groupe “La Resistencia”, bras armé du cartel de “La Familia Michoacana”. Deux membres de l’organisation criminelle avaient été arrêtés dans les heures précédents les violences selon les autorités. Officiellement, aucune victime n’a été à déplorer.
Voir : La page de la marche pour la paix
Thomas Goubin -(www.legrandjournal.com.mx)
Photo 1 : Flickr, diana_eugenia
Photo 2 : Twitter
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