Benjamin Netanyahu recherche un compromis sur les colonies
Publié le 25/08/2009 par " Le Grand Journal "LONDRES – A la veille de sa rencontre cruciale avec George Mitchell, Benjamin Netanyahu a déclaré mardi chercher une formule permettant à la fois de relancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens et de laisser les colons juifs “mener une vie normale”.
Le Premier ministre israélien a jusqu’ici résisté aux pressions de la nouvelle administration Obama pour un gel de la colonisation en Cisjordanie afin d’obtenir une reprise du dialogue israélo-palestinien.
A l’occasion d’une tournée en Europe, il aura mercredi à Londres un entretien avec l’émissaire des Etats-Unis pour le Proche-Orient.
Mardi, à l’issue d’une rencontre d’une heure avec son homologue israélien, Gordon Brown a apporté son soutien aux efforts déployés par le président américain Barack Obama pour débloquer l’impasse diplomatique au Proche-Orient, ainsi qu’à l’appel des Etats-Unis pour un gel des activités de colonisation.
Le chef du gouvernement britannique a qualifié d’”obstacle à une solution à deux Etats” ces implantations installées en Cisjordanie occupée. Pour lui, un gel israélien des colonies rapprocherait aussi l’Etat hébreu de la normalisation recherchée de ses relations avec le monde arabe.
Prenant la parole devant son hôte, le chef du gouvernement israélien a écarté toute idée de réduction des constructions de logements israéliens à Jérusalem-Est, considérée par l’Etat juif comme sa “capitale indivisible et éternelle”.
“Nous n’acceptons aucune restriction à notre souveraineté (…) Jérusalem n’est pas une colonie”, a déclaré “Bibi” Netanyahu en réponse à une question.
Faisant allusion à ses futurs entretiens avec George Mitchell, le Premier ministre israélien a dit “rechercher une formule de compromis nous permettant de promouvoir un processus de paix et permettant à ces résidents (colons) de vivre normalement”.
Les appels occidentaux au gel de la colonisation juive en Cisjordanie vont dominer les entretiens du Premier ministre israélien à Londres et à Berlin.
POSITIONS ÉLOIGNÉES
A la veille de son départ pour la Grande-Bretagne, le groupe israélien “La Paix maintenant”, hostile à la politique de colonisation, a affirmé dimanche que plus de 40.000 unités de logement allaient être construites dans le cadre de projets déjà validés – et ce malgré le moratoire annoncé la semaine dernière.
Benjamin Netanyahu verra à Londres mardi Gordon Brown, puis mercredi l’émissaire au Proche-Orient du président américain Barack Obama, George Mitchell.
Il se rendra ensuite à Berlin, où il s’entretiendra jeudi avec Angela Merkel, qui a comme Gordon Brown critiqué la politique d’implantations juives dans les territoires occupés.
Ce dossier est à l’origine d’un différend d’une gravité sans précédent depuis dix ans entre les Etats-Unis et son allié israélien, le président Barack Obama voulant relancer les pourparlers de paix, au point mort depuis l’offensive israélienne de décembre et janvier derniers dans la bande de Gaza.
Depuis plusieurs semaines, George Mitchell tente d’obtenir le gel des activités de colonisation en Cisjordanie, comme l’exige la “feuille de route” acceptée en 2003 par l’Etat juif et les Palestiniens.
Israël défend son droit à construire de nouveaux logements au nom de la croissance démographique “naturelle” de la population juive des colonies.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, se refuse à reprendre les pourparlers de paix avec Israël tant que la colonisation n’aura pas été suspendue.
Quelque 500.000 Juifs vivent aux côtés de deux millions et demi de Palestiniens dans des enclaves en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, partie arabe de la ville sainte que les deux parties revendiquent comme capitale légitime.
Selon des informations publiées dans la presse israélienne avant le voyage de Benjamin Netanyahu, les positions d’Israël et des Etats-Unis demeurent éloignées.
Le Premier ministre israélien serait prêt à geler les activités de colonisation durant six mois – à l’exception des projets déjà lancés, et sous réserve que ce geste s’accompagne de progrès vers une normalisation des relations avec les pays arabes. Washington réclamerait une suspension d’au moins deux ans.
L’Express.fr
A lire aussi :



