Netanyahu juge certaines idées de Mitchell “intéressantes”
Publié le 25/01/2010 par " Le Grand Journal "
JERUSALEM – Benjamin Netanyahu a réaffirmé dimanche qu’Israël conserverait pour l’éternité certains secteurs de Cisjordanie, après avoir jugé “intéressantes” certaines idées de l’envoyé américain George Mitchell sur une reprise des négociations israélo-palestiniennes.
“J’ai entendu aujourd’hui quelques idées intéressantes au sujet de la reprise du processus” de paix, a-t-il rapporté aux membres de son cabinet lors du conseil des ministres hebdomadaire, à l’issue de sa rencontre avec Mitchell.
“J’ai également exprimé mon espoir que ces nouvelles idées ouvrent la voie à la reprise du processus. Si les Palestiniens y sont également prêts, nous allons sans aucun doute nous retrouver dans un processus diplomatique”, a poursuivi Benjamin Netanyahu.
A l’issue du conseil, il s’est rendu dans les colonies juives de Maale Adumin, Ariel et Gush Etzion, où il a planté des arbres.
“Notre message est clair: Nous plantons ici, nous resterons ici, nous construirons ici. Cet endroit constituera pour l’éternité une partie inséparable de l’Etat d’Israël”, a-t-il lancé à Gush Etzion.
“Cela montre qu’il existe un consensus national sur l’importance de conserver à jamais ces parties intégrantes de l’Etat d’Israël. J’encourage tous les membres du Parlement à aller planter des arbres dans les blocs (de colonies) de notre terre.”
RENCONTRE ABBAS-MITCHELL À AMMAN
Ses prédécesseurs avaient, eux aussi, manifesté l’intention de conserver les trois blocs de colonies dans le cadre d’un éventuel accord de paix.
George Mitchell, qui a effectué une douzaine de navettes infructueuses entre les deux parties pour tenter de relancer le processus de paix au point mort depuis plus d’un an, a vivement invité vendredi Mahmoud Abbas à renouer sans condition le dialogue avec les Israéliens.
Le président de l’Autorité palestinienne, qui exige au préalable le gel des constructions dans les implantations juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, lui a opposé une fin de non-recevoir.
Lors de nouvelles discussions dimanche à Amman avec Mitchell, Abbas a réitéré cette exigence.
“Il est prématuré de parler de véritable avancée”, a dit son porte-parole, Nabil Abou Rdainah, à propos des déclarations de Netanyahu. “Le président Abbas a réaffirmé (à Mitchell) son désir de paix”, a-t-il cependant ajouté.
Mitchell a déclaré avoir eu un “entretien productif” avec Abbas, sans fournir davantage de détails.
Le Premier ministre israélien a consenti récemment un “moratoire” de dix mois sur les mises en chantier dans les colonies mais ce moratoire ne concerne ni Jérusalem-Est, ni les projets en cours de réalisation.
Malgré l’insistance de Washington, l’Autorité palestinienne a donc jugé l’initiative largement insuffisante.
La Cour internationale de Justice a jugé illégales les implantations juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
L’Express
22 janvier 2010
Mission difficile pour George Mitchell au Proche-Orient

RAMALLAH, Cisjordanie – Alors que son représentant spécial George Mitchell a entamé jeudi une nouvelle et difficile navette entre des Israéliens et Palestiniens en plein échange acrimonieux, Barack Obama, qui souhaitait vite les ramener à la table des négociations, a reconnu avoir été trop optimiste.
“C’est vraiment très dur (…) et si nous avions anticipé plus tôt certains de ces problèmes politiques de la part des deux camps, nous n’aurions pas suscité des attentes si fortes”, a confié le président américain dans une interview au magazine Time parue jeudi.
Mais il s’est dit résolu à continuer d’oeuvrer avec les deux parties pour tenter de faire des progrès vers une solution à deux Etats, une Palestine souveraine qui pourrait se consacrer à son développement et un Etat israélien qui serait en sécurité.
Ce mea culpa d’Obama, un an après sa prise de fonctions, est formulé alors que son émissaire George Mitchell a repris sa mission de médiation entre Israël et l’Autorité palestinienne, après une douzaine de navettes infructueuses en 2009.
Il est arrivé dans la région dans un climat encore dégradé par les accusations mutuelles entre les deux camps, qui se reprochent mutuellement de ne pas vouloir négocier.
Avant d’être reçu par le président Shimon Peres, Mitchell a reconnu, lui aussi, les “complexités et difficultés” de la quête de la paix au Proche-Orient, mais il n’a pas fait référence aux échanges acrimonieux entre les deux parties.
Le principal négociateur palestinien, Saëb Erekat, a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir “imposé de nouvelles conditions pour les négociations et d’avoir annoncé son intention de poursuivre l’occupation” de la Cisjordanie quoi qu’il arrive.
“Benjamin Netanyahu a dit ‘non’ à un gel des colonies, ‘non’ à un partage de Jérusalem, ‘non’ aux frontières de 1967, ‘non’ au droit des réfugiés palestiniens. Maintenant, il veut conserver la vallée du Jourdain”, a-t-il affirmé.
“Nous avions espéré entendre un engagement clair en faveur de négociations sans conditions préalables. Au lieu de cela, nous avons entendu M. Netanyahu tenter de dicter ses conditions et préjuger de leur issue.”
“ALLONS-Y !”
La veille, devant la presse diplomatique, Netanyahu s’en était vivement pris à l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, accusée d’avoir repoussé l’invitation américaine à reprendre les négociations sans conditions, en insistant sur un gel préalable de la colonisation.
“Les Palestiniens ont grimpé dans un arbre et ils s’y sentent bien. Des gens leur apportent des échelles. Nous leur apportons des échelles. Et plus les échelles sont hautes, plus ils grimpent haut”, a déclaré le chef du gouvernement israélien.
“Les Palestiniens empilent exigence sur exigence. Il faut leur dire d’être justes et honnêtes, leur dire: ‘Entamons les négociations pour la paix, allons-y!’” a-t-il dit. “Je suis prêt pour la paix. Est-ce que les Palestiniens sont prêts pour la paix ?”, s’est-il interrogé.
Un conseiller de Mahmoud Abbas a souligné que le président palestinien attendait davantage d’Israël, avant de reprendre les discussions. “Les garanties américaines ne suffisent pas”, a déclaré à Reuters Nabil Abou Rdaïnah.
“Ce dont nous avons besoin, c’est un engagement d’Israël à mettre en oeuvre la feuille de route, ce qui signifie un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale”, a-t-il ajouté.
“C’est la question essentielle et c’est là-dessus que les Américains devraient obtenir une réponse des Israéliens dans les prochains jours.”
Mitchell a rencontré Netanyahu jeudi à Jérusalem mais, à son habitude, il s’est montré peu disert et on ignore si des perspectives plus positives se sont dégagées de leurs discussions à huis clos. L’émissaire américain doit rencontrer vendredi des responsables palestiniens à Ramallah.
Des Palestiniens ont estimé qu’Israël avait mis un obstacle supplémentaire en travers de la route de Mitchell en accordant le statut d’université à un établissement sis dans une colonie juive en Cisjordanie.
Cette annonce du ministre de la Défense Ehud Barak, qui applique là une décision ministérielle de 2005, a coïncidé avec l’arrivée de George Mitchell. Pour Erekat, elle “s’inscrit dans la politique de dicter les choses plutôt que de négocier”.
“Chaque fois que le sénateur Mitchell vient dans la région, ils l’accueillent de la sorte”, affirme le négociateur palestinien.
L’Express
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