Moscou-Washington, une “remise à zéro” périlleuse

Publié le 03/07/2009 par " Le Grand Journal "

russie etats unis Moscou Washington, une remise à zéro périlleuseVingt ans après la chute du mur de Berlin, la guerre froide a encore de lourdes répercussions sur la scène internationale. Les États-Unis et la Russie sont en effet contraints de rediscuter leur traité mutuel de désarmement nucléaire avant la fin de l’année 2009, l’actuel texte arrivant à échéance le 5 décembre.

Ce traité de réduction des armes stratégiques (START-1) a été conclu en 1991 entre le président américain George Bush (père) et le président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, quelques mois avant l’effondrement de l’Empire soviétique. Il prévoyait alors une réduction de 30 % des arsenaux stratégiques offensifs russes et américains. Cet objectif a été largement atteint, puisque START-1 a conduit notamment à une réduction des arsenaux des deux pays de 10.000 à moins de 6.000 têtes nucléaires, une ambition renforcée depuis par plusieurs autres traités. Mais l’échéance est désormais incontournable.

C’est donc avec l’impérieuse nécessité de trouver un nouvel accord que le président américain Barack Obama entamera lundi sa première visite en Russie depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Il aura une série d’entretiens avec son homologue Dmitri Medvedev, lundi et mardi. À cette occasion, le Kremlin a indiqué vendredi que les deux chefs d’État devraient signer un document contenant des objectifs chiffrés de réduction de leurs arsenaux stratégiques. “Il n’y aura pas de date. Il y aura de toute évidence des chiffres et des sommes”, a indiqué le principal conseiller diplomatique du Kremlin, Sergueï Prikhodko, qui s’est empressé de préciser que la déclaration qui sera signée aura un “caractère politique et non légal”. “Elle engagera les parties politiquement, mais ne sera pas contraignante juridiquement.”

Les États-Unis prêts à intégrer aux négociations le bouclier antimissile

Sergueï Prikhodko a par ailleurs affirmé que les États-Unis étaient prêts à intégrer aux négociations leur projet de bouclier antimissile en Europe. C’est une exigence de Moscou, qui y voit une menace pour sa défense. “Qu’est-ce qui est important pour nous ? C’est le lien entre armes offensives (missiles stratégiques) et défensives (bouclier antimissile)”, a souligné le conseiller. “Les Américains se rapprochent de ce point de vue. Ils sont d’accord avec la nécessité d’un tel lien”, a affirmé Sergueï Prikhodko. Washington n’a pas confirmé cette affirmation.

Une entente cordiale affichée, donc, qui a toutefois été entachée d’un curieux échange d’amabilités entre les deux pays vendredi. Dans une interview à l’agence Associated Press, le président américain a estimé que l’actuel Premier ministre russe Poutine avait “un pied dans la vieille manière de conduire les affaires, et un pied dans la nouvelle”. Ce à quoi Vladimir Poutine a répondu : “Nous ne savons pas faire le grand écart, nous sommes fermement debout sur nos deux jambes et regardons toujours vers l’avenir.”

Le président américain a aussi jugé “important” que Poutine comprenne qu’une approche des relations américano-russes datant de la guerre froide était “dépassée”. Là aussi, l’ancien président russe a répondu à Barack Obama du tac au tac, appelant les États-Unis à renoncer à leur “mentalité des blocs”. Des propos qui ne tombent pas forcément au meilleur moment, à l’heure où Washington et Moscou entendent concrétiser leur promesse de ” remettre à zéro ” leurs relations, comme ils l’ont déclaré en avril dernier, en marge du sommet du G20, à Londres.

Le Point.fr

A lire aussi :

Dites nous ce que vous en pensez

If your website is claim enabled, it will be notified that you have posted here.

Vous êtes sur Twitter ?!
Identifiez-vous et vous n'aurez pas à le refaire.

Copyright © Le Grand Journal du Mexique. Responsable de l'édition : Alain Figadère.
Réalisation : MotsAndCo