Renforts en Afghanistan : les USA font pression sur Paris
Publié le 01/12/2009 par " Le Grand Journal "
Nicolas Sarkozy, qui a parlé lundi avec Barack Obama, n’exclut pas de reconsidérer son refus d’augmenter le contingent.
«Rien n’est exclu.» Selon l’entourage de Nicolas Sarkozy, qui s’est entretenu lundi au téléphone avec Barack Obama, la France n’écarte pas l’idée de reconsidérer à terme son refus d’envoyer des renforts en Afghanistan. À la veille de l’annonce du président américain de dépêcher des soldats supplémentaires pour lutter contre les talibans, le président de la République a conversé une quarantaine de minutes avec son homologue qui l’a «informé de ses intentions». L’Élysée se refusait à préciser si, lors de cette conversation, le chef de la Maison-Blanche a formulé une requête précise concernant l’envoi de nouvelles troupes. Nicolas Sarkozy «a confirmé que la France resterait pleinement engagée en Afghanistan (…) aussi longtemps que nécessaire », se borne à rappeler la présidence française.
Toutefois, autour de Nicolas Sarkozy, on est conscient qu’ «après les annonces de renforts américains, Barack Obama va être confronté aux questions du Congrès qui lui demandera : “Et les alliés, que font-ils de plus ?”» Jusqu’à présent, la France a toujours refusé d’augmenter son contingent en Afghanistan, fort de quelque 3 300 militaires. «Il n’est pas question un seul instant d’augmenter les effectifs», a souligné Hervé Morin, la semaine passée.
En tout état de cause, Paris ne se déterminera pas avant la conférence de Londres qui doit réunir, le 28 janvier, les pays présents en Afghanistan et le président Hamid Karzaï. «L’annonce du président Obama ne saurait entraîner, de façon mécanique, l’envoi de troupes supplémentaires», relève-t-on à l’Élysée. Surtout, «la décision américaine doit être suivie d’engagements beaucoup plus précis du président afghan, en terme de d’amélioration du recrutement de l’armée, de formation de la gendarmerie et de lutte contre la corruption». À Londres, «on aura une vision beaucoup plus claire de ce que Hamid Karzaï veut faire», poursuit-on à l’Élysée. «S’il a besoin de quoi que ce soit, on examinera de près sa demande.»
Jeudi, Hillary Clinton a téléphoné à Bernard Kouchner, ainsi qu’à une dizaine de ses homologues. Selon Le Monde , la secrétaire d’État aurait réclamé 1 500 soldats français supplémentaires. Le département d’État n’a guère repris ce chiffre à son compte, lundi. Mais un de ses responsables indiquait que les efforts de la secrétaire d’État ont suscité «une réaction positive» chez ses partenaires.
Le Figaro
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