Cinéma – En pleine affaire Florence Cassez, ce polar brut et efficace dresse le portrait d’un Mexique sous le joug du crime organisé. Le réalisateur Gerardo Naranjo s’explique.
Selon Felipe Calderón, président de la République du Mexique, la moitié de la police de son pays est corrompue. Bien plus que cela, estime Gerardo Naranjo, réalisateur de « Miss Bala ». « Le crime organisé domine notre vie. La loi n’existe pas au Mexique. On peut corrompre les policiers, les hommes politiques, les militaires. Nous avons permis que le crime entre dans notre vie. » Inquiet de cet état de fait, il en a fait un film.
Laura (Stephanie Sigman), jeune Mexicaine issue d’un milieu modeste, rêve d’une vie meilleure. Pour cela, elle va se présenter, avec une amie, à l’élection de Miss Basse-Californie. Ses rêves de papier glacé vont basculer lorsqu’elle se retrouve prise par hasard dans une fusillade et kidnappée. Qui sont ces tueurs ? Que veulent-ils ? Mystère. Le parti pris de Naranjo est de mettre le spectateur dans la même incompréhension que son héroïne.
Ballottée et instrumentalisée par des gens dont elle ignore tout, elle sait simplement qu’ils ont pouvoir de vie et de mort sur elle, comme sur les puissants. « Je ne voulais surtout pas donner la parole aux criminels, insiste Gerardo Naranjo, comme le font tous les films américains, genre “Scarface”. Et encore moins les montrer comme des gens heureux, qui font la fête tout en jouant avec la vie. »
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