Prix de la mise en scène à Cannes en 2012, le film controversé de Carlos Reygadas « Post Tenebras lux », dans les salles mercredi en France, est une parabole parfois déroutante sur la violence qui étreint le Mexique. Dossier.
Tourné dans les forêts de l’État de Morelos (centre), « Post Tenebras Lux » (la lumière après les ténèbres, en référence à un verset de la Bible) suit une famille de citadins qui a quitté la capitale pour s’installer à la campagne avec leurs habitudes et moeurs venues d’ailleurs.
Ils prennent peu à peu leurs marques dans cet environnement qui ne semble les accepter qu’avec réserve, en butte notamment à l’hostilité d’un frère, jusqu’à ce que Juan, le jeune père de famille, soit victime de l’un de ses employés.
Ainsi résumés, les mots ne disent rien des multiples pistes qu’emprunte la caméra du réalisateur, dans cette nature forte et comme perpétuellement en rage, dans la boue, sous les orages.
Des chevaux au grand galop, des vaches, des chiens – dont celui de la maison, battu par Juan -, des arbres qui tombent dans la brume, l’échangisme de corps dégradés dans les vapeurs d’un sauna, des bribes de conversation, sans début ni fin… le cinéaste mexicain, Prix du Jury en 2007 à Cannes avec « Lumière silencieuse », s’enorgueillit de ce que son film soit impossible à résumer et difficile à saisir.
Long-métrage le plus sifflé de la sélection cannoise l’an dernier, il avait également divisé le jury, selon les confidences de son président Nanni Moretti.
« Ne pas pouvoir le résumer est le plus grand compliment qu’on puisse faire au film: si vous pouviez le faire facilement, ça voudrait dire qu’on pourrait simplement lire le synopsis, ce serait suffisant », estimait Carlos Reygadas sur la Croisette en mai 2012.
Quant à cette scène-choc, burlesque, où un personnage s’arrache la tête dans un geyser de sang, « tous les Mexicains la comprennent parce qu’ils sont confrontés en permanence à cette violence », plaidait-il, évoquant le déchaînement de barbarie que provoquent les duels des barons de la drogue.
« Le Mexique est le pays des têtes coupées par excellence. L’anthropophagie et le sang sont dans la tradition du pays, autant que les tamales », spécialités populaires à base de maïs cuites dans des feuilles de bananiers. « Le véritable titre de mon film devrait être +ma terre saigne+. Ou, +le Mexique saigne+ », expliquait Carlos Reygadas.

Le Prix de la mise en scène a été attribué dimanche soir à Cannes au Mexicain Carlos Reygadas pour « Post tenebras lux », parabole sur la violence qui étreint le Mexique. Par ailleurs, quelques jours auparavant, la douane c’est s’invité à la fête du mexicain Carlos Reygadas…
Le cinéaste, qui s’exprimait en français, a remercié le jury composé « d’hommes et de femmes libres, je pense », ainsi que « les membres de la presse qui n’ont pas arrêté de me flatter depuis 3 ou 4 jours », a-t-il ironisé, l’accueil de son film ayant été très mitigé et les critiques de la presse acerbes.
Le cinéaste mexicain Carlos Reygadas, Prix de la mise en scène à Cannes pour « Post tenebras lux », le film le plus sifflé de la sélection, a également divisé le jury, a confié dimanche soir le président Nanni Moretti.
Acclamé à ses débuts et déjà Grand Prix en 2007 pour « Lumière silencieuse », Reygadas, né en 1971 à Mexico, représente une voix forte du cinéma mexicain même si la presse de son pays a diversement apprécié ce quatrième long métrage.
« Une partie du jury s’est montrée sensible aux risques que Reygadas a pris. Mais je ne sais rien de la polémique qui a agité les journalistes », a déclaré le cinéaste italien.
« Certains jurés ne sont jamais entrés dans le film, d’autres ont ressenti une vive émotion et ce sentiment n’a fait que croître au fil des jours. De toutes façons, nous n’avons jamais cherché l’unanimité », a-t-il ajouté, signalant que le Reygadas avait été le plus discuté avec le film de Léos Carax « Holy Motors », finalement écarté.
Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, a également défendu le réalisateur et son film: « La tradition de Cannes est de présenter des oeuvres qui font débat, sinon à quoi bon? Nous nous attendions à ce que le film de Reygadas soit beaucoup moins bien accueilli », a-t-il même indiqué.
Dès son premier film « Japon », Reygadas était le venu présenter en Quinzaine des réalisateurs.
Tourné dans les forêts de l’Etat de Morelos, « Post Tenebras Lux » (la lumière après les ténèbres, référence à un verset de la Bible) suit une famille de citadins qui s’est installée à la campagne, dans une nature forte et perpétuellement en rage dans la boue et les orages.
Des chevaux au grand galop, des vaches, des chiens, l’échangisme de corps dégradés dans un sauna parisien: Reygadas assume que son film est impossible à résumer et difficile à saisir. « Sinon on pourrait se satisfaire du synopsis, ce serait suffisant », disait-il en conférence de presse.
Même si la salle, égarée, explose de rire quand un personnage s’arrache la tête dans un geyser de sang. Cette scène, « tous les Mexicains la comprennent parce qu’ils sont confrontés en permanence à cette violence » a-t-il plaidé, évoquant le déchaînement de barbaries des barons de la drogue. « Le véritable titre de mon film devrait être « ma terre saigne ». Ou, « le Mexique saigne ».
Quant aux sifflets, il les prend disait-il « comme un hommage ».
Les douanes se sont invitées à la fête du film du mexicain Carlos Reygadas, en course pour la Palme d’or. Un débarquement qui s’est conclu… par une saisie de mezcal, a raconté Jean Labadie, président de la société Le Pacte qui coproduit Post Tenebras Lux et le distribue en France.
La soirée du film de Carlos Reygadas, en compétition au Festival, a été interrompue par une descente en nombre de policiers et de douaniers. «Toute la villa a été fouillée. Les buffets ont été détruits et la nourriture jetée dans des poubelles. C’était un peu excessif. On ne sait pas ce qu’ils cherchaient.»
«Des bouteilles venant de la valise diplomatique avaient été offertes par l’ambassade du Mexique pour la fête organisée à Cannes autour de Carlos Reygadas. Les douanes ont saisi cet alcool», poursuit Jean Labadie.
L’ambassade du Mexique à Paris a confirmé l’origine du mezcal, affirmant toutefois que la valise diplomatique n’avait pas été utilisée: «L’Institut mexicain du Cinéma a envoyé cet alcool à Cannes depuis Mexico, via notre ambassade, pour la fête de Carlos Reygadas. Nous avons agi de bonne foi. Pour le moment, nous n’avons pas été notifié de la saisie», a déclaré le service de presse.
Plusieurs dizaines de bouteilles de Mezcal livrées sur le lieu de la fête ont fait l’objet d’une saisie conservatoire et devront être déposées dans les prochains jours au service des douanes des Alpes-Maritimes, selon Jean Labadie qui se déclare «étonné» par l’importance des moyens policiers déployés (une trentaine de policiers et de douaniers, selon lui).
«Nous étions en smoking, comme des pingouins, et nous n’avions pas avec nous les papiers attestant de la provenance diplomatique de la Mezcal», a-t-il raconté, jugeant que ce contrôle «surréaliste» était resté «courtois», précisant que «la police a interdit aux barmen de servir quoi que ce soit, même de l’eau». «C’était stressant, mais finalement nos invités se sont amusés de la situation et ils garderont un souvenir de cette soirée!», a ironisé le producteur et distributeur.
La fête avait été organisée au château du Suquet, dans le Vieux Cannes, lieu couru du Festival, animé par le club parisien Le Cercle et qui accueille de nombreuses fêtes de films. Interrogés par l’AFP, les services des douanes ont confirmé le contrôle refusant de donner plus de précisions.
Commentaire
Il est temps que l’affaire Cassez se termine car entre la France et le Mexique, rien ne va plus et les douanes n’agissent pas ainsi sans un ordre de mission et un objectif clair et avoué !!
Source – AFP
U n b e l i e v a b l e ….
Pauvre France… y Viva Mexico !! Félicitations Carlos y viva el Mezcal, del
bueno por supuesto !!!
De una admiradora.