Eric López, jeune musicien Mexicain, auteur-compositeur-interprète, quitte son Mexique natal à 19 ans pour s’installer un moment à Berlin avant de choisir Paris où il y vit depuis. Sa musique reflète la diversité de son projet initial « radioacoustik », alliant rock, pop, hip-hop et rumba. Le Grand Journal l’a interviewé pour vous !
De nos archives…(7 août 2012)
Des rythmes piquants, une pincée de sensualité, un zeste de mélancolie… des saveurs latines qui font voyager dans un monde musical sans frontière. Son nouvel opus «No le temo» sort le 18 juin sur toutes les plates-formes numériques. Pour en arriver là, Eric López a dû déployer beaucoup d’énergie et d’ingéniosité ! Entre autres, affronter les diverses problématiques d’un artiste d’aujourd’hui. Comment se faire connaître et diffuser son travail ? Comment tirer au mieux profit des médias dont le rôle de « passeur » tend à s’ébranler.
Eric López nous a reçu à la Dame de Canton, une jonque transformée en salle de spectacle, ancrée face à la bibliothèque François Mitterrand, le long de la Seine à Paris.
Juste après ses balances et à une heure de ce concert tellement important pour la suite de sa carrière, il a gentiment répondu à nos questions.
LGJ : Eric López, bonjour. Un nouvel album en sortie sur toutes les plates-formes numériques le 18 juin prochain, peux-tu nous raconter le chemin de croix que cela a dû être pour faire aboutir ce projet ?
EL: Tout a commencé lorsque j’ai monté mon projet Radioacoustik en France. L’idée était de ramener la Pop/Rock espagnol en France parce que quand on écoute la radio ici on entend rarement de la vrai Pop/Rock espagnole. Souvent c’est de la salsa ou de la musique tropicale, mais c’est vrai que ce créneau est un peu oublié ou bien, inconnu en France.
Donc du coup, je me suis dit qu’il fallait que je concrétise ce projet et qu’il aboutisse à la sortie d’un CD franco-mexicain. Je suis donc parti au Mexique à la recherche d’un producteur. J’ai trouvé Oscar Rivero de Discospangea qui a bien voulu me produire quatre morceaux. On a fait une coproduction et j’ai fini en France deux autres morceaux enregistrés ici avec mes musiciens français. Cela nous a pris environ deux ans. Ensuite il a fallu finaliser avec le mastering, le graphisme. Depuis trois mois nous avons le produit fini et nous avons décidé de le lancer et d’y aller à fond !
LGJ: Ce qui est intéressant, c’est que le lancement se fait, comme beaucoup de produits musicaux aujourd’hui, à travers les plates-formes numériques. Ce n’est pas un CD « physique » qui va être distribué dans les bacs et arriver dans les mains des acheteurs potentiels. Est-ce que cette nouvelle manière de travailler est plus facile, plus difficile, porteuse d’espoirs pour des musiciens comme vous qui ont du mal à se faire entendre ?
EL: C’est vrai que c’est beaucoup plus accessible pour
le public. Mais c’est aussi un petit piège car n’importe qui peut s’inscrire sur ces plates-formes ! Si avant il y avait 10,000 artistes, aujourd’hui il y en a 10,000,000 qui sont là, donc il faut vraiment connaître. L’enjeu maintenant, c’est la promotion pour se faire connaître et arriver jusqu’à l’oreille des gens pour qu’ils sachent que l’on existe. Je pense que c’est ça le plus compliqué !
LGJ: A l’époque, lorsque les maisons de disques signaient un artiste, elles mettaient en place autour de celui-ci, une promotion doublée d’une communication, d’un budget marketing pour le faire connaître. Est-ce qu’aujourd’hui, avec internet, les plates-formes numériques permettent de communiquer et de faire ce marketing nécessaire ?
EL: Complètement, pour l’instant, c’est ce que nous faisons. Je suis en auto-production, c’est maintenant qu’on attaque ! Avec les réseaux sociaux, notamment Facebook, on met une info et immédiatement tout le monde est au courant, c’est l’avantage de ces réseaux ! Je n’étais pas forcément pour, mais je dois reconnaître que c’est très efficace et que, petit à petit, ça porte ses fruits ! Je ne me sers de Facebook qu’à des fins professionnelles. C’est un outil de communication très important pour moi.

LGJ: Donc cela signifie qu’aujourd’hui tu travailles tout seul. A la fois, interprète, auteur, compositeur , tu enregistres, fais le graphisme… Tu as quand même quelques personnes qui t’entourent, notamment le management et des aspects plus fastidieux comme le commercial etc. ?
EL: Pas pour l’instant! C’est vrai que c’est l’un de mes objectifs prioritaires que d’être mieux entouré. Pour la sortie du CD, Delphine Berger, attachée de presse professionnelle, fait un gros boulot mais en dehors de ça, c’est moi tout seul qui fait le reste. L’objectif c’est de trouver un manager, un tourneur, qui puissent aider à développer le projet?
LGJ: Comment peut-on, aujourd’hui, avec un produit entièrement numérique, intéresser les radios, aller les voir ? On sait que les radios aujourd’hui sont la clé de voûte des carrières artistiques, ce sont elles qui tiennent tout, certains parlent même d’un diktat des radios. Que fait -on pour les intéresser ?
EL: C’est vrai, c’est très compliqué d’attirer l’attention des médias et des radios sur soi. Pour l’instant, on a vraiment ciblé en se dirigeant vers les radios ouvertes à mon style musical. On a eu quelques retours positifs notamment avec FIP, du groupe Radio France, qui a mis un titre en rotation, «descùbrete». Ce morceau correspond au format radio, il ne dépasse pas les 3,30mins.
LGJ : Tu as eu des retours de ton public, via les réseaux sociaux, de ces passages radio ?
EL: Non, je pense que c’est encore un peu trop tôt, le seul retour que j’ai, ce sont des gens assez proches de moi et donc ils ne sont pas forcément probants, puisque assez subjectifs.
LGJ: On va terminer cet entretiens car tu joues dans une heure, on va donc te laisser te concentrer. Tu as joué, il y a un an et demi, à la scène bastille, une autre salle parisienne, qu’est-ce qui a changé entre-temps ?
E L: Ça c’est beaucoup solidifié depuis. On a eu la sortie d’album, et la concentration s’est portée sur l’efficacité. C’est très compact aujourd’hui, mes musiciens savent ce qu’ils ont à apporter pour sublimer le répertoire. A chaque concert nous sommes encore meilleurs !
LGJ: Pour finir, quels sont les projets de Radioacoustik dans un proche avenir ?
EL: Pour commencer, je souhaiterai faire une tournée dans les différents villes de la petite et grande couronne d’île de France. Avoir un peu de presse pour partir jouer en province, s’entourer d’une équipe de professionnels pour aller plus loin y quién sabe… en México.
LGJ: Merci, bon concert et à Mercredi pour ton «show case» privé à la Mexcaleria, nous serons là. Hasta pronto !