Le cinéaste italien Dino Risi est mort

Publié le 07/06/2008 par " Le Grand Journal "

dino risi Le cinéaste italien Dino Risi est mortLe réalisateur de «Parfum de Femme», surnommé le « père de la comédie italienne », s’est éteint à son domicile de Rome à 91 ans. Il avait reçu en 2002 un Lion d’or du festival de Venise pour l’ensemble de son œuvre.

Le cinéma italien perd un de ses réalisateurs fétiches. Le réalisateur de « Parfum de Femme » Dino Risi, surnommé le « père de la comédie italienne », s’est éteint samedi, chez lui, à Rome, à l’âge de 91 ans. Il avait tourné avec les plus prestigieux acteurs italiens du vingtième siècle, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Sophia Loren et Marcello Mastroianni mais aussi Catherine Deneuve, Romy Schneider ou encore Coluche. Né le 23 décembre 1916 à Milan, diplômé en médecine et spécialisé en psychiatrie, Dino Risi a d’abord été critique, scénariste et producteur de documentaires avant de se lancer dans le cinéma.

Il fait ses débuts comme assistant de Mario Soldati pour «Piccolo mondo antico» (1941) et d’Alberto Lattuada pour «Giacomo l’idealista» (1942). Il tourne ensuite une vingtaine de courts-métrages dans les années 40. Dans les années 1950, il s’installe à Rome pour se consacrer entièrement au cinéma. En 1951, il tourne «Vacanze col gangster» et en 1955 «Pain, Amour, Ainsi soit-il», avec Sophia Loren. Le premier film qui vaut à Risi un succès personnel véritable est «Pauvres mais beaux» (»Poveri ma belli»), farce critique tournée en 1956. Dés lors, il devient l’un des grands réalisateurs de comédies à l’italienne, avec de très grandes réussites comme « Le Fanfaron», «Les Monstres».

Son «Parfum de Femme», comédie amère sur un officier aveugle écartelé entre l’envie d’aimer et le désir de mourir, est deux fois sélectionné aux Oscars et lui vaut les honneurs à Cannes. Vittorio Gassman reçoit le grand prix d’interprétation masculine au festival de 1975. Le film fait l’objet d’un remake hollywoodien sous le titre «Le Temps d’un week-end» avec Al Pacino et Chris O’Donnell. En 2002, le réalisateur à la crinière blanche neigeuse reçoit un Lion d’or du festival de Venise pour l’ensemble de son œuvre. La même année, il tourne une dernière fois et réalise pour la télévision « Les jeunes filles de Miss Italie ».

Le «Billy Wilder made en Italy»

Ce prince de la comédie maniait aussi à la perfection l’autodérision et n’avait pas peur des jugements à contre-courant. Peu après la condamnation par le Vatican, en juin 2007, des dépassements dangereux sur la route considérés comme «une occasion de pécher», le cinéaste répliquait ironiquement: «Alors je suis un assassin», en allusion à son film culte «Le Fanfaron», dont le titre original en italien est «Le dépassement» (»Il sorpasso»). «Je pense que le Vatican perd du terrain et pour cette raison appuie de plus en plus sur l’accélérateur», avait-il ajouté.

La presse italienne lui a rendu un hommage appuyé. «Avec Mario Monicelli, Nanny Loy, Ettore Scola, Luigi Comencini, il a été un des grands maîtres de la comédie à l’italienne», a commenté La Repubblica. Il était «une sorte de Billy Wilder made en Italy», ajoute le journal. «L’Italie perd un père noble et essentiel de son cinéma et de sa culture», a estimé de son côté le maire de Rome Gianni Alemanno, décrivant Dino Risi comme «l’un des maîtres de la saison belle et intense de la comédie italienne».

TV5 Monde-(www.legrandjournal.com.mx)

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