Le Goncourt et le Renaudot distinguent deux succès commerciaux
Publié le 04/11/2009 par " Le Grand Journal "
Pour la quatrième année d’affilée, le Goncourt récompense la galaxie Gallimard, primée cette année pour « Trois Femmes puissantes » de Marie NDiaye . Le Renaudot va à « Un roman français » de Frédéric Beigbeder.
Couronné hier par l’académie Goncourt, «Trois Femmes puissantes» de Marie NDiaye publié chez Gallimard était déjà un succès, et figurait parmi les quatre meilleures ventes de la rentrée littéraire 2009, soit des ouvrages vendus à plus de 50.000 exemplaires, selon l’institut Gfk. La romancière franco-sénégalaise, récompensée par le prix Femina en 2001 pour « Rosie Carpe », l’a emporté au premier tour face à deux auteurs des Editions de Minuit – Jean-Philippe Toussaint ( «La Vérité sur Marie») et Laurent Mauvigner (« Des hommes ») – et à Delphine de Vigan ( «Les Heures souterraines ») publiée chez JC Lattès.
Si la maison dirigée par Irène Lindon apparaît comme la grande perdante de l’édition 2009, la galaxie Gallimard asseoit en revanche sa suprématie sur la première distinction littéraire. « Trois Femmes puissantes » lui apporte son quatrième prix Goncourt d’affilé. Un éditeur parisien qui à la Foire du livre de Francfort, il y a quinze jours, était interrogé sur les prix littéraires ironisait : «Au GalliGraSeuil [NDLR utilisé pour désigner le trio Gallimard- Grasset -Le Seuil qui dans le passé, se partageait régulièrement les prix littéraires], a succédé Galligalli. On verra si cela se confirme cette année ».
En 2006, la maison de la rue Sébastien-Bottin avait déjà décroché le Goncourt pour « Les Bienveillantes », le roman de l’américain Jonathan Littell. L’annéesuivante, c’est « Alabama Song » de Gilles Leroy publié par Mercure de France, maison dans le giron de Gallimard, qui l’a reçu. En 2008 enfin, le prix est revenu à l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi pour son roman « Syngué sabour » (« Pierre de patience »), publié chez P.O.L, autre éditeur de la constellation Gallimard.
Le prix Renaudot, également attribué hier à l’issue du traditionnel repas chez Drouant, est revenu à un autre succès de librairie, « Un roman français » de Frédéric Beigbeder. Un pari gagné pour son éditeur Grasset qui après avoir perdu de l’argent l’an dernier, a misé dans sa rentrée 2009 sur des auteurs plus commerciaux (Patrick Poivre d’Arvor, Samuel Benchétrit ).
Comme chaque année, les prix auront un effet stimulant sur les ventes. Dès hier, Gallimard qui a déjà imprimé « Trois Femmes puissantes » à 155.000 exemplaires a annoncé qu’il procéderait à un nouveau tirage pour tenir compte de l’effet d’entraînement du bandeau rouge du Goncourt. Les trois derniers romans primés ont allègrement dépassé les 100.000 exemplaires l’année de l’attribution du prix (lire graphique). Véritable phénomène éditorial, « Les Bienveillantes » ont même atteint les 500.000 exemplaires. Régulièrement, le Goncourt s’accompagne d’un pic de vente la semaine qui suit l’attribution du prix et d’un autre pic à la veille des fêtes de Noël.
Soutenu par son prix, « Un roman français » devrait poursuivre sa belle carrière commerciale. Avant même d’être distingué, le livre, sorti le 18 août, avait été commandé à 180.000 exemplaires par les libraires, selon Antoine Boussin, le directeur commercial de Grasset. Le prix Renaudot devrait susciter une demande supplémentaire de 60.000 à 70.000 exemplaires avec l’espoir d’approcher les 300.000 exemplaires d’ici à la fin de l’année.
Les Echos
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