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Rubrique : Culture-People

Qui sera élue capitale européenne de la culture ?

Publié le 22/07/2008 par Le Grand Journal

art.jpgQuatre villes françaises sont en lice pour le titre de 2013. À la clé, des visiteurs et des rentrées d’argent supplémentaires.

Pas question de prendre des vacances : à Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille, les équipes sont sur le pont. Au coude-à-coude, c’est à qui décrochera le titre de capitale européenne pour l’année 2013. Après quatre ans de course de fond, c’est le sprint final.

D’ici un mois, le dossier de candidature sera déposé au ministère de la Culture. À Marseille, il est déjà chez l’imprimeur. À Lyon, l’équipe fignole la visite du jury, début septembre. Au programme : «un grand défilé costumé des compagnies de danse régionales dans les rues, suivi d’un déjeuner pour montrer l’évolution de notre gastronomie traditionnelle», confie Jérôme Delormas, le directeur artistique de Lyon 2013. Concurrence oblige, pas question de dévoiler le nom du fameux restaurant. Dix jours plus tard, rendez-vous à Paris pour le grand oral. Le nom du gagnant sera dévoilé d’ici au 31 décembre. Mais quel jour exactement, mystère…

Entre les villes, la tension monte car les enjeux se chiffrent en millions d’euros. Remporter le titre si envié, c’est gagner dix à quinze ans dans le développement. «C’est l’occasion d’exister davantage dans le paysage national et européen. Quand les entreprises innovantes regardent où s’installer, elles ont deux critères : les écoles et la cultu re», ajoute Pierre Cohen, le maire de Toulouse.

Comme lui, Alain Juppé (Bordeaux), Jean-Claude Gaudin (Marseille) et Gérard Collomb (Lyon) rêvent de faire aussi bien que Martine Aubry. Capitale européenne en 2004, Lille a attiré 9 millions de visiteurs pour 72 millions d’euros de recettes. Depuis, les lumières sont restées allumées et la capitale des Flandres s’est transformée en une grande ville européenne plébiscitée par les entreprises comme par les touristes.

Pour Bruxelles, Lille 2004 est de loin l’une des meilleures capitales européennes depuis la création du concept par Melina Mercouri, ministre grecque de la Culture, en 1985. Son idée : rapprocher les Européens, en désignant deux villes par an. Cette année, ce sont Liverpool et Stavanger (Norvège). La France a déjà été à l’honneur à trois reprises : Paris 1989, Avignon 2000, Lille 2004. En 2013, une autre ville française partagera le trophée avec une ville slovaque. Parfois le choix est catastrophique. Gêne 2004 et Luxembourg 2007 ont été des flops monumentaux. L’Union européenne, qui verse des subventions allant de 200 000 euros à 1 million d’euros à chaque gagnant, n’a pas apprécié. Jean-Claude Gaudin a retenu la leçon : «si Marseille gagne, cela ne coûtera pas cher à l’Europe. Nous financerons les 100 millions d’euros nécessaires», a-t-il promis.

Selon les calculs de Bernard Latarjet, directeur de la candidature de Marseille 2013 : «Un euro investi va générer 6 euros de recettes. Nous devrions engra nger 600 millions d’euros de recettes, séduire 2 à 3 millions de touristes supplémentaires et attirer 1 million de croisiéristes.» Encore faut-il que les jurés n’aient pas le même raisonnement que ceux de l’America’s Cup. En 2004, ces derniers avaient préféré Valence à Marseille à cause de ses conflits sociaux à répétition. La situation ne s’est pas améliorée : à la gare Saint-Charles, le TER vers Toulon est en grève perlée depuis bientôt un an !

Attentif à l’opinion des Français
Officiellement, chaque ville a une chance sur quatre de gagner. Mais en coulisses, les lobbys s’agitent. Personne ne l’avouera, mais la différence sera sans doute politique. Deux villes de droite (Bordeaux, Marseille) sont face à deux villes de gauche (Toulouse, Lyon).

Début 1998, en pleine cohabitation, la victoire de Lille avait été interprétée comme un geste de Jacques Chirac envers son premier ministre Lionel Jospin. Dix ans plus tard, le contexte est radicalement différent. Cette fois, l’Élysée détient toutes les manettes et, de surcroît, la présidence de l’Europe. Six des treize jurés ont été nommés par le gouvernement. À Bruxelles, le président du jury, le Britannique sir Robert Scott, a déjà prévenu qu’il serait attentif à l’opinion des Français.

Une déclaration qui a bien stressé Toulouse et Lyon. Nicolas Sarkozy pourrait, en effet, être tenté de ­faire plaisir à son ami Jean-Claude Gaudin qui a l’avantage d’être au cÅ“ur du chantier Union de la Méditerranée. Mais sachant que Marseille songe à se porter candidate pour les JO de 2024, L’Élysée pourrait aussi favoriser Bordeaux. Une façon de «neutraliser» Alain Juppé qui ne loupe pas une occasion de critiquer Nicolas Sarkozy sur son blog. Fin du suspense avant la fin de l’année…

Le Figaro - (www.legrandjournal.com.mx)

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Edito

La planète finance a le regard tourné vers Washington. Les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (G7) se rencontrent ce vendredi pour parler de la crise qui ébranle le système financier international et, surtout, des moyens pour restaurer la confiance. Par la suite, une réunion est prévue avec leurs homologues de grands pays émergents qui craignent une contagion. Les débats se prolongeront samedi lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), garant de la stabilité financière mondiale. Le secrétaire d'Etat Henry Paulson, veut renforcer l'effort collectif face à la crise. C'est lui qui a souhaité la rencontre élargie entre pays industrialisés et pays émergents. Henry Paulson a toutefois déjà mis en garde contre toute attente démesurée de la réunion du G7. «Les pays sont différents, les systèmes financiers sont différents et les besoins et les politiques sont différents», a-t-il déclaré mercredi soir. Son pessimisme se comprend. Le plan Paulson de 700 milliards de dollars a été salué en Europe, mais aucun pays n'a pris des mesures fortes pour endiguer la crise. En réalité, les pays se déchirent même à l'intérieur de l'Union européenne. Il n'empêche que le G7 pourrait annoncer des mesures visant à stabiliser le taux de change du dollar. Sa volatilité est en effet l'une des raisons qui ont affaibli l'économie américaine. Signe avant-coureur, le cours de l'or a baissé ces dernières heures dans l'attente que le billet vert reprenne son rôle de valeur refuge. Mais avec leurs poids politiques et économiques, les ministres des Finances du G7 pourraient donner une impulsion pour que le FMI assume de nouvelles responsabilités. A cet effet, son directeur le français Dominique Strauss-Kahn n'arrête pas de revendiquer de nouveaux pouvoirs pour intervenir lorsque le système financier est en crise. «Notre point de vue est que la situation est très grave et nous pouvons résoudre les problèmes si nous agissons vite, énergiquement et de façon concertée», a-t-il déclaré jeudi. Pas plus tard que ce mardi, Robert Zeollick, président de la Banque mondiale (BM), a appelé à la fondation d'un nouveau multilatéralisme, avec une profonde réforme des institutions comme le G7, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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