Franck Berton, avocat français de Florence Cassez a passé six jours au Mexique pour faire le point sur le dossier de sa cliente. Des rumeurs annoncent une décision prochaine de la cour suprême mais selon le journal La voix du Nord, le père Pedro Arellano de l’Église mexicaine lui aurait annoncé détenir les preuves de l’innocence complète de Florence Cassez. Analyse.
La présence de Maître Franck Berton au Mexique n’est pas un hasard. Son accolyte Agustin Acosta, avocat Mexicain qui suit depuis des années le dossier Cassez avec beaucoup d’attention sent le vent tourner et les rumeurs vont bon train sur une décision prochaine de la cour suprême dans un environnement favorable, l’église ayant réalisé un travail de fond qui va certainement aider les juges. Par ailleurs l’opinion publique a intégré le fait que le montage médiatique de cette affaire est avéré.
Une bonne nouvelle : Au Mexique le judiciaire s’émancipe de l’éxécutif
L’affaire Cassez représente aujourd’hui un enjeu beaucoup plus large. La réforme constitutionnelle qui replace la présomption d’innocence, l’interdiction de la torture et des fabrications de preuve et qui mets le respect des droits de l’homme au centre de la procédure, marque un moment d’histoire de la justice mexicaine selon maître Acosta qui déclare dans la Voix du Nord : « C’est pour cela que l’affaire Florence Cassez est cruciale pour notre pays. La décision de la Cour suprême arrive à un moment où cette réforme peut prendre corps, où notre justice peut enfin s’émanciper. En fait, cette décision va bien au-delà du cas de Florence».
Selon la presse, le juge qui établira le rapport que l’on attend, Arturo Zaldivar est un ancien avocat, élégant quinquagénaire grisonnant qui a intégré la Cour suprême – le plus haut organe judiciaire du pays – au mois de décembre 2009 et qui incarne une liberté, une indépendance de la justice à laquelle aspire tout le pays. C’est un homme très respecté.
Zaldivar et les quatre juges qui composeront avec lui la juridiction de jugement auront une semaine pour rendre leur décision (accepter ou non la solution proposée). Il y aura immanquablement des pressions…mais il y a aussi l’évolution de la justice : « Mon confrère Agustin Acosta me dit que l’an dernier, la Cour suprême a acquitté huit personnes victimes de fabrications de preuves, comme l’a été Florence. C’est nouveau et c’est plein d’espoir ! » dit Franck Berton.
Nous sommes donc visiblement face à un tournant dans les relations entre l’éxécutif et le judiciaire depuis quelques mois, situation que nous soulignions dans un article intitulé « Du refifi entre le président Calderon et le président de la Cour Suprême de Justice » et qui disait :
« Le président de la Cour Suprême de Justice (SCJN), Juan Silva Meza, a présenté le 15 décembre son bilan annuel en présence du président, Felipe Calderón, du procureur général de la République, Marisela Morales, et du ministre de l’Intérieur, Alejandro Poiré. Il a réitéré son refus de voir le travail des juges dénigré et discrédité après avoir rappelé que nombre de ces derniers ont été victimes de la délinquance organisée et qu’ils risquent leur vie au quotidien en exerçant ce métier. » CQFD.
L’église aussi apporte son soutien et annonce détenir des preuves de l’innocence de Florence Cassez
L’information n’a pas encore été reprise par la presse Mexicaine mais le journal La Voix du Nord et le journaliste qui accompagnat Franck Berton ont depuis Lundi publié plusieurs articles sur un religieux, Pedro Arellano, secrétaire adjoint de la Pastorale sociale de l’Eglise mexicaine et directeur de la commission pénitentiaire de l’Eglise mexicaine qui annonce « détenir les preuves de l’innocence complète de Florence Cassez ».
Me Arellano avait été démis de ses responsabilités au sein de la Pastorale sociale, l’une des huit commissions de la Conférence des évêques du Mexique, fin novembre, tout en conservant son poste de directeur de la commission pénitentiaire de l’Eglise mexicaine mais rétabli dans ses fonctions de secrétaire adjoint de la Pastorale sociale de l’Eglise mexicaine un peu plus tard.
Pedro Arellano, avait été chargé en 2010 par l’Eglise mexicaine de diriger une équipe d’enquêteurs, experts juridiques et criminologues, sur le cas de la Française, emprisonnée depuis décembre 2005. C’est Nicolas Sarkozy, qui avait parlé de Florence Cassez lors de sa visite à Rome, en octobre 2010. Benoît XVI avait alors demandé à la conférence épiscopale de Mexico d’enquêter et les pères ont mis vingt-sept hommes sur le coup.
Cette équipe avait rédigé un rapport de 44 pages – un “amicus curiae” (“ami de la Cour”) – destiné à donner une “opinion juridique” sur le cas de Florence Cassez devant la justice mexicaine. Ce rapport avait conclu à la “totale innocence” de la Française.
« Les preuves ont été falsifiées dans le dossier de Florence [et] le gouvernement en est à l’origine», souligne le père Pedro Arellano qui a dirigé cette enquête. Son contenu n’a pas été rendu public mais ses conclusions ont été transmises à la Cour suprême du Mexique, qui a accepté, en mars, d’examiner un recours en révision du dossier de la Française et qui doit statuer en dernier recours sur ce cas, probablement au cours du premier semestre 2012.
La nouveauté c’est que le père Arellano, qui subit des pressions de toutes parts y compris de sa hiérarchie, dit détenir les preuves de l’innocence de Florence Cassez… »Elle n’a pas seulement eu un procès inéquitable, mais aussi sur l’aspect criminel, nous avons les preuves de son innocence complète.” Des preuves ? Frank Berton en a fait un bond. « Ce rapport-là, il me le faut ! », dit-il, conscient que personne n’a mis tant de moyens pour enquêter sur l’affaire de sa cliente.
Mais selon la Voix du Nord Pedro résiste : « Ce rapport est secret parce que certains témoignages, de policiers notamment, ont été reçus sous le sceau de la confession. Ces gens-là nous ont dit que nous serons délivrés du secret de la confession le jour où le président Calderon et le ministre Genaro Garcia Luna auront quitté le pouvoir. Ce jour-là, nous serons autorisés à le rendre public. » souligne le père Arellano.
Quand on dit à Pedro qu’il est inouï de penser que cette jeune femme est en prison depuis plus de six ans alors que tant de gens la pensent innocente, il continue de sourire : « C’est courant, ici….Et il multiplie les exemples. Et il dit qu’il a sorti des centaines d’innocents, depuis vingt-sept ans »
D’ailleurs, Agustin Acosta, le confrère mexicain de Frank Berton, le confirme : « Celui qui a eu l’idée de demander l’aide de l’église a eu mille fois raison. L’église catholique est très importante, ici. » La preuve ? Pour la prochaine visite du pape, à la fin du mois de mars, les cartels les plus durs ont décrété d’eux-mêmes une « trêve papale ».
Et si Benoit XVI en profitait pour penser à Florence Cassez ? souligne La Voix du Nord. Quoi qu’il en soit Genaro Garcia Luna ne sera plus ministre de la sécurité publique à la fin de l’année et son successeur ne souhaitera certainement pas porter le poids de ses erreurs pour ne pas en dire davantage sur les exactions d’un individu qui restera dans la mémoire de tous comme le talon d’achille du président Calderon.
Lire les articles complets de la Voix du Nord
Pedro Arellano : deux exemples parmi tant d’autres… La Cour suprême : une décision historique et… imminente ? L’homme qui dit détenir les preuves de l’innocence de Florence Cassez Frank Berton : une visite qui en appelle d’autres Florence Cassez s’ouvre à nouveau à l’espoir A lire également sur le Grand Journal Crise diplomatique France-Mexique: Le suivi au jour le jour Isabel Miranda de Wallace – Activiste ou manipulatrice ? Affaire Cassez au jour le jour – l’Eglise rétablit dans ses fonctions Pedro Arellano
j espere que dans ce rapport il y aura des explication sur le train de vie de cettte francaise au mexique!!
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@Jack
il n’y a aucune explication à avoir sur le train de vie de Florence Cassez au Mexique vu que son train de vie était tout à fait normal : elle travaillait dans un hôtel à Mexico. Son ex-petit-ami, Israel Vallarta gagnait 40 000 pesos par mois.
Je vous suggère de visiter le blog mexicoporflorencecassez.wordpress.com. Si vous parlez espagnol vous apprendrez plein de choses très intéressantes sur le fonds de l’affaire : par exemple, Ezequiel (une des victimes) était le fils d’un kidnappeur, Cristina(la 2° victime) était la femme de ménage d’Eduardo Margolis, grand ami de Genaro Garcia Luna…
Avant de dire n’importe quoi, la moindre des choses est de s’informer.
Ou attendez que l’église donne les preuves de l’innocence de Florence Cassez qu’elle dit détenir.
j’oubliais : vous apprendrez comment la police a rempli la première déclaration d’Israel dans laquelle il « econnaissait » sa culpabilité.
C’est très enrichissant… vous verrez
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