Les élections présidentielles au Mexique c’est pour Juillet et les candidats affichent un certain nombre de soutiens. Certains intellectuels s’engagent. D’autres considèrent la situation tellement déplorable qu’ils doutent sur la capacité des politiques à changer quoi que ce soit ! Aujourd’hui Carlos Fuentes et Elena Poniatowska nous livrent leur point de vue….
L’écrivain Carlos Fuentes pense qu’aucun des trois principaux candidats à l’élection présidentielle du 1er juillet n’est à la hauteur des défis du Mexique. Depuis 2007, les Mexicains assistent à une montée de l’insécurité et de la criminalité qui a fait plus de 50.000 morts.
Les postulants des trois grands partis sont l’ancien gouverneur Enrique Peña Nieto, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), l’ancienne ministre Josefina Vazquez Mota, du Parti d’action nationale (PAN, droite au pouvoir), et l’ancien maire de Mexico Andrés Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche).
« Les trois candidats sont mauvais, il y a trop de disparité entre leur personnalité et la gravité des problèmes, confie Carlos Fuentes. Cependant, il y a des gens valables dans les trois partis. » Par exemple, Beatriz Paredes, dirigeante du PRI, candidate à la mairie de Mexico, contrôlée encore par le PRD.
La dégradation du personnel politique « n’est pas exclusive du Mexique, c’est un phénomène mondial », précise l’écrivain. Ainsi, les primaires des républicains aux Etats-Unis lui semblent un spectacle comique. Ses sympathies vont plutôt vers les indignés de Madrid, les Occupy Wall Street et les révoltes d’Afrique du Nord.
Jadis, ces mouvements commençaient en Amérique latine, note l’écrivain, mais les nouvelles technologies de communication et les réseaux sociaux semblent avoir déplacé l’épicentre des changements. Cela dit, il y a un potentiel d’indignation au Mexique, du côté des « ni-ni », ces jeunes qui ne peuvent poursuivre des études ni trouver un emploi, formant ainsi un sous-prolétariat.
« Les injustices sont tellement terribles, qu’un changement révolutionnaire s’impose, affirme Carlos Fuentes. Espérons que cela se fasse de manière pacifique, par voie électorale. Autrement, la violence sera inévitable, le statu quo ne peut pas durer toujours. »
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Contrairement à Carlos Fuentes, qui critique les trois principaux candidats à la présidence du Mexique, l’écrivaine Elena Poniatowska est pleinement engagée dans la campagne électorale. Son candidat est Andrés Manuel Lopez Obrador (dit AMLO), du Parti de la révolution mexicaine (PRD, gauche).
Après le scrutin contesté de 2006, elle est restée à côté d’AMLO, qui n’a pas reconnu la victoire de Felipe Calderon (du Parti d’action nationale, PAN, droite) et s’est déclaré seul « président légitime ».
Pour la remercier, AMLO l’a nommée ministre de l’éducation d’un « cabinet fantôme » destiné à incarner son nouveau projet de « République de l’amour ».
Elena Poniatowska ne voit pas de différences entre le PAN et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), au pouvoir entre 1929 et 2000, favori de la présidentielle du 1er juillet. Elle admet que le PRD a déçu bon nombre de ses partisans. « Mais AMLO est le seul homme d’Etat qui a parcouru tout le pays, il est à l’écoute des gens », justifie-t-elle.
Elle se dit « bouleversée », « scandalisée » par l’insécurité et la criminalité que subissent les Mexicains. Depuis 2007, on compte plus de 50.000 homicides.
Les assassins et les victimes sont souvent très jeunes : « La génération des ‘ni-ni’, qui ne parvient pas à faire des études ni à trouver un emploi, est devenue la chair à canon des cartels de la drogue. Planter du pavot est plus rentable que cultiver le maïs. »
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