Bernard Madoff serait atteint d’un cancer en phase terminale
Publié le 24/08/2009 par " Le Grand Journal "
Le financier, qui purge une peine de 150 ans de prison, souffrirait d’un cancer en phase terminale selon le New York Post. L’information a été démentie par l’administration pénitentiaire.
Bernard Madoff serait atteint d’un cancer en phase terminale, affirme ce lundi le New York Post. Le tabloïd américain cite notamment un codétenu du financier américain, condamné à 150 ans de prison pour avoir mis au point une fraude géant de 65 milliards de dollars, selon lequel il prend “une vingtaine de comprimés par jour” et “ne va pas très bien”.
Les autorités pénitentiaires fédérale ont démenti cette information. “Bernie Madoff ne souffre pas d’une maladie en phase terminale et les médecins n’ont pas posé de diagnostic de cancer”, a fait savoir par courriel Traci Billingsley, porte-parole du Bureau fédéral des prisons (FBP). “L’article du New York Post est plein d’inexactitudes”.
Le très réputé Wall Street Journal affirme également de son côté que Bernard Madoff est gravement malade, sans préciser de quel cancer il souffre.
latribune.fr – (www.legandjournal.com.mx)
Article du 29 juin 2009
Le rêve américain, qu’incarnait Bernard Madoff, a fait long feu. Hier, la justice de son pays l’a condamné à 150 ans de prison pour avoir floué des dizaines de milliers d’épargnants, dont de nombreux Français. Il a présenté des excuses à ses victimes ruinées.
Le juge a ordonné la confiscation de ses avoirs, à hauteur de 171 milliards de dollars, en attendant la fin de l’enquête.
Bernard Madoff, matricule 61727-054, a quitté hier le centre pénitentiaire de Manhattan (New York) sans sa nouvelle peau, la combinaison orange vif des prisonniers qui lui fait tant horreur. Mercredi dernier, l’arnaqueur avait osé adresser au juge Chin une requête portant sur sa mise : il souhaitait endosser le costume pour se présenter à l’audience et, ainsi, demander élégamment pardon aux représentants de ses victimes avant l’énoncé de la sentence.
Voici donc M. Madoff, 71 ans, arrivant à 10 heures tapantes (16 heures en France) au tribunal new-yorkais, portant beau : complet gris de belle facture, cravate en soie sur chemise blanche.
Il est encadré par deux agents fédéraux, qui passent au centre d’une horde de photographes. Il s’agit de ne pas rater l’image, probablement la dernière, du financier déchu en tenue de ville. Dans le prétoire, 250 personnes – sans téléphone ni Blackberry pour éviter les fuites – attendent avec impatience ces mots d’excuse qu’il a dit vouloir prononcer, enfin ! Depuis la révélation du scandale, en décembre 2008, Bernard Madoff a fait preuve d’un cynisme qui dépasse l’entendement, à la hauteur des pertes abyssales qu’endurent ses victimes.
Elles sont des dizaines de milliers dans le monde, des centaines en France – personnalités, sociétés, fondations ou petits épargnants qui avaient investi dans des sicav et fonds de placement, via leur banque hélas liée à la firme Madoff. Laquelle attirait sa clientèle avec des rendements de 7 % quand la Bourse, déjà, ne tenait plus ses promesses.
« Je savais qu’un jour viendrait où je serais arrêté »
Face à la dizaine de victimes que le collectif a déléguées, Bernard Madoff n’a pas baissé la tête, ont rapporté les observateurs massés dans la salle d’audience. Il les a écoutés, ces gens privés de procès – l’arnaqueur a préféré la procédure du « plaider coupable » plutôt qu’un dépeçage public de son œuvre –, et leur a ensuite demandé pardon. « Je vivrai avec cette souffrance, ce tourment, pour le reste de ma vie. »
La fin de son existence, il la passera derrière les barreaux. A 11h35, le juge Denny Chin, parlant d’escroquerie « renversante qui s’est étendue sur plus de 20 ans », a prononcé la sentence : « Bernard Madoff est condamné à 150 ans de prison. Ainsi en a décidé cette cour ». Il a évoqué l’exemplarité de la peine, que le défenseur de Madoff avait tenté de ramener à 12 ans, équivalent de l’espérance de vie de son client.
Un tonnerre d’applaudissements a suivi les propos du magistrat, et le condamné s’en est allé, portant moins beau. Il se doutait que cela finirait ainsi. Lors de sa déclaration de culpabilité en mars 2009, l’ancien président du Nasdaq avait admis qu’il flirtait avec le risque : « Quand j’ai commencé à frauder, je savais que ce que je faisais était criminel. Je pensais en finir vite avec ce schéma de Ponzi, être capable de m’en extraire. Finalement, cela s’est révélé impossible.
Au fil des années, j’ai réalisé qu’un jour viendrait où je serai arrêté. » Bernard Madoff – Bernie pour les intimes – finira donc ses jours dans un pénitencier, où il aura tout loisir de dispenser, à ses codétenus, des cours sur le schéma de Ponzi.
L’ardoise pourrait être multipliée par trois
Ce système pyramidal inventé par Charles Ponzi, qui sévissait au début du XXe siècle, fonctionne grâce aux flux permanents de fonds : pour rémunérer ses anciens clients, on utilise l’argent des nouveaux. La crise des subprimes, et la débâcle financière qui a suivi, ont contraint les investisseurs à réclamer leur mise, si possible enrichie des intérêts promis, que le financier a été incapable de leur restituer.
Le montage s’est écroulé dans un fracas assourdissant, l’onde de choc se propageant sur tous les continents. Selon une estimation des enquêteurs, à ce stade de leurs investigations, le capital dilapidé s’élève à 65 milliards de dollars (46 milliards d’euros), mais l’ardoise pourrait être multipliée par trois.
Dans cette perspective, le juge a exigé la confiscation des avoirs de Madoff à hauteur de 171 milliards de dollars (121,6 milliards d’euros) – un montant virtuel puisque la fortune du clan, même totalement saisie, n’atteint pas le milliard. Du moins officiellement.
Peu importe, au demeurant, car même s’ils possédaient cent propriétés à Hollywood et à Palm Beach, les Madoff ne pourraient pas rembourser leurs victimes. La plupart d’entre elles ont perdu jusqu’au dernier de leurs deniers, certaines préférant le suicide à la ruine, tel l’intermédiaire français Thierry de la Villehuchet qui s’est tué à Noël 2008.
Ruth Madoff consent à vider son compte bancaire
Parmi les clients abusés, des Américains qui espéraient faire fructifier une centaine de milliers de dollars en prévision de leur retraite, le système outre-Atlantique étant basé sur la capitalisation volontaire. Ceux-là n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. D’autres envisagent une issue : vendre leur maison pour espérer un minimum vieillesse. Ruth Madoff, l’épouse bien aimée de Bernie, devrait elle aussi modifier son train de vie. La blondissime Ruth, mariée depuis près de cinquante ans, avait certes un temps travaillé dans la société Madoff, mais l’essentiel des noisettes amassées était versé au tronc commun.
La justice a déjà saisi les trois villas du couple, dont une sur la Côte d’Azur, leur luxueux penthouse new-yorkais, leurs bateaux et un avion, ce qui devrait jeter Ruth à la rue. Une façon de parler car la dame de 67 ans est une femme d’affaires avisée : en décembre, la veille de l’arrestation de Bernie, elle avait retiré à sa banque 15 millions de dollars (10,6 millions d’euros) et s’apprêtait à conserver 80 millions de dollars (56,8 millions d’euros). Sous la pression populaire et fédérale, elle a rendu vendredi la totalité de la somme – moins 2,5 millions pour ses vieux jours.
Madoff condamné, l’enquête se poursuit. Il s’agit toujours de déterminer la responsabilité de l’entourage du charismatique patriarche, savoir si le clan – l’épouse, les fils, le frère, les neveux – est aussi innocent qu’il le prétend. Pour l’instant, seul le comptable a été mis en examen. Bernie, l’ancien maître nageur de Long Island dont la communauté juive et le monde de la finance saluaient la success story, jure que sa famille ne savait rien. Il la protège, ce qui permettra peut-être aux fils chéris de continuer à chasser le gnou et à pêcher le saumon aux quatre coins du monde.
France Soir.fr
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