Economie: la France en route vers une reprise «laborieuse»

Publié le 18/12/2009 par " Le Grand Journal "

Reprise FranceLa France s’en sort mieux que la plupart de ses voisins. Mais la croissance continuera d’être modeste au premier semestre de l’année prochaine. Mi-2010, le chômage (y compris dans les DOM) devrait atteindre 10,2 %.

«Une sortie de ­récession laborieuse.» La France semble tirée d’affaire, mais les mois qui arrivent seront loin d’être brillants. C’est le constat dressé par l’Insee, dans la note de conjoncture de fin d’année qu’elle publie vendredi.

Certes, l’Hexagone fait partie d’un groupe de pays – comprenant aussi l’Allemagne et les États-Unis – marqué par une reprise de l’activité, alors qu’un autre groupe (Japon, Royaume-Uni, Italie, ­Espagne) devrait connaître une rechute dans les mois à venir. Mais la croissance « peinerait à rejoindre son rythme tendanciel », indique l’Institut de conjoncture. En fait, le malade se remet doucement : la récession a pris fin au printemps dernier, et, depuis, le PIB progresse doucement, de 0,3 % à 0,4 % par trimestre. Le début de l’année prochaine devrait se poursuivre sur le même rythme : la croissance atteindrait 0,4 % sur les trois premiers mois de 2010, puis 0,3 % les trois suivants.

Sous ces hypothèses, l’acquis de croissance à mi-2010 serait déjà de 1,1 %. Et si la France continuait sur le même rythme d’activité jusqu’à la fin de l’année, 2010 se solderait sur une progression du PIB de 1,5 %, a calculé l’Insee. Le gouvernement, qui avait – pour une fois, et certainement volontairement – péché par pessimisme, ne pourra que se féliciter de ce chiffre. Dans ses dernières prévisions officielles, Bercy prévoit une croissance de 0,75 % en 2010.

Regain d’inflation

Au ministère des Finances, on est pourtant loin de tenir un discours victorieux. Oui, la France fait mieux que ses voisins, y répète-t-on à l’envi ; oui, le plan de relance a permis d’éviter que la France ne s’enfonce dans une récession violente et durable. «Mais on a encore des mois difficiles devant nous», note l’entourage de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde.

De fait, en 2010, les moteurs de la croissance ne tourneront qu’au ­ralenti. La consommation des ­mé­nages devrait, comme traditionnellement, rester le principal soutien à l’activité. Mais, le pouvoir d’achat étant amputé au premier semestre par un regain d’inflation et par la disparition des mesures de soutien exceptionnelles (suppression du dernier tiers de l’impôt sur le revenu, prime de solidarité…), la consommation «ne fonctionnerait pas à plein régime», souligne l’Insee.

Les entreprises, elles, devraient subir la lenteur de la reprise de la demande. L’investissement «repartirait progressivement, mais des surcapacités toujours importantes en limiteraient le rebond». L’industrie, après un rebond à la mi-2009, devrait de nouveau souffrir. Notamment le secteur automobile, qui va pâtir de la réduction de la prime à la casse dès le 1er janvier. Plus globalement, l’impact du plan de relance devrait d’ailleurs s’atténuer progressivement.

Le marché du travail va encore enregistrer des pertes d’emplois. Moins, toutefois, que ces derniers mois : après avoir perdu 170 000 postes au second semestre 2009, le secteur privé en détruirait encore 125 000 au premier semestre 2010. Mi-2010, le chômage (y compris dans les DOM) devrait atteindre 10,2 %. «On sera sorti de la crise quand le chômage recommencera à baisser», avait estimé Nicolas Sarkozy, en présentant lundi dernier le grand emprunt.

Le Figaro

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