Le G20 divisé sur comment prévenir une nouvelle crise bancaire
Publié le 04/09/2009 par " Le Grand Journal "
Les ministres des Finances des pays du G20, réunis vendredi à Londres pour une réunion de deux jours préparatoire au sommet de Pittsburg, sont apparus divisés.
Alors que les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international montrent que l’économie mondiale semble sur la voie de la guérison, les grands argentiers de la planète sont divisés sur la façon de faire en sorte que la reprise soit durable et que les banquiers ne jouent pas à nouveau avec le feu en matière de prise de risque.
Les ministres sont d’accord pour dire que les mesures de relance adoptées par les divers pays et institutions financières pour enrayer la récession doivent encore rester en place pendant un certain temps face à une reprise qui s’annonce fragile, mais, la France et l’Allemagne sont opposées au plan américain qui veut obliger les banques à mettre en réserves des proportions de fonds propres plus importantes, a-t-on dit à Reuters de source du G7.
En outre, les Européens veulent des restrictions plus dures sur les rémunérations des banquiers. La France veut des limites strictes.
“L’opinion publique dans la plupart des pays européens, y compris ici au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, a été sidérée, horrifiée par le montant des rémunérations versées”, a déclaré la ministre française de l’Economie Christine Lagarde.
Mercredi, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a proposé un nouvel accord international qui remplacerait les règles prudentielles dites de Bâle II, mises au point par les Européens et acceptées internationalement.
Le secrétaire au Trésor veut que le nouveau cadre soit élargi avec des fonds propres plus importants pour les banques et qu’il entre en vigueur fin 2012.
Il s’agit pour les Etats-Unis de mettre un frein à certaines pratiques très risquées des banques en matière de prêt considérées comme un des facteurs de la grave crise financière qui a éclaté à l’automne dernier.
Les banquiers centraux européens se sont employés à défendre Bâle II.
NE PAS RÉPÉTER LES ERREURS DU PASSÉ
Le ministre britannique des Finances Alistair Darling a déclaré à Reuters qu’il soutenait le plan américain mais reconnu que les responsables politiques n’étaient pas tous d’accord.
Le chancelier de l’Echiquier a estimé qu’il était plus important qu’aucun pays ne soit d’un optimisme béat au sujet de la reprise malgré les signes de redémarrage.
Le FMI prévoit désormais que une contraction de 1,3% en moyenne au niveau mondial en 2009, soit un peu moins que celle de 1,4% prévu en avril. Pour 2010, il voit une croissance de 2,9%, au lieu de 2,5%.
“Il y a le risque que les gens se disent : le travail est fait, maintenant nous pouvons ralentir”, a déclaré Alistair Darling à Reuters. “Ces erreurs, nous les avons faites auparavant, notamment Aux Etats-Unis à la fin des années 30 (…) et ils se sont retrouvés à nouveau en récession.”
Les marchés financiers veulent maintenant savoir quand les gouvernements vont commencer à retirer les milliards injectés dans la machine économique ou quand les taux d’intérêt vont commencer à être relevés.
Pour l’heure, les responsables n’en sont qu’au stade des discussions au sujet de ces stratégies de sortie de cirse. Il ne s’agit pas de dire quand elles seront appliquées.
Selon des sources du G7, le communiqué du G20, qui doit être publié samedi, contiendra sans doute d’engagement de conserver des politiques dites accommodantes aussi longtemps qu’il sera nécessaire.
“Dénouer les mesures de relance trop tôt comporte un risque réel de faire dérailler la reprise, avec les conséquences potentiellement importantes pour la croissance et l’empli”, a déclaré le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn lors d’une conférence à Berlin.
Les responsables du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, les quatre pays émergents formant le bloc “BRIC” ont rencontré Timothy Geithner vendredi. Dans un communiqué, ils ont demandé que les deux grosses institutions mondiales de financement, le FMI et la Banque mondiale, fassent entendre davantage leur voix.
Le point.fr
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