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Rubrique : Economie

Le Parlement tourne la page des 35 heures, les cadres en première ligne

Publié le 23/07/2008 par Le Grand Journal

xavier-darcos.jpgLe texte de Xavier Bertrand (Travail) assouplit davantage les possibilités de moduler, pour les autres salariés, les horaires en fonction des pics d’activité dans l’entreprise, une disposition introduite par les lois Aubry et qui avait contribué à rendre parfois impopulaires les 35 heures.

Tout au long des débats, la gauche a bataillé ferme contre une “régression sociale”, affirmant que les salariés auraient de “lourdes déconvenues” sur les gains promis par le gouvernement en termes d’heures supplémentaires.

Le premier volet du texte, sur la réforme de la représentativité syndicale, est plutôt consensuel, car il reprend les grandes lignes de l’accord patronat-CGT-CFDT d’avril.

Ainsi, un syndicat devra recueillir au moins 10% des suffrages pour participer aux négociations dans une entreprise (8% dans la branche et au niveau national).

En revanche, la partie temps de travail, ajoutée unilatéralement par le gouvernement, est très sévèrement critiquée par l’opposition et les syndicats, qui y voient une “déréglementation sans précédent” du droit du travail, 10 ans tout juste après le vote de la première loi Aubry sur les 35 heures.

Nicolas Sarkozy a lui-même qualifié cette réforme de “dernière étape pour réparer les dégâts des 35 heures”. “C’est la fin des 35 heures imposées”, nuance M. Bertrand.

Avec ce texte, si la durée légale de 35 heures est maintenue, chaque entreprise pourra de fait négocier sa durée du travail et ses contreparties en dérogeant aux obligations jusqu’ici établies par les branches.

Concrètement, l’employeur pourra dépasser le contingent d’heures sup actuel (maximum 220 heures/an), sans plus avoir à demander l’autorisation de l’inspection du travail, sous réserve de ne pas dépasser 48 heures par semaine.

Les “forfaits”, qui concernent surtout les cadres, sont étendus aux salariés “autonomes”, définition floue que la majorité UMP a renoncé à mieux encadrer.

L’employeur pourra désormais demander individuellement à ses cadres de renoncer à des jours de repos et de travailler jusqu’à 235 jours par an, voire davantage -dans la limite de 282 jours- si un accord collectif conclu dans d’entreprise l’autorise.

Le plafond de 235 jours, déplorent les syndicats, ne fait que préserver 25 jours de congés payés, les 52 samedis et 52 dimanches de l’année et le 1er mai. “Les cadres peuvent dire adieu à leurs RTT!”, dénonce la CFTC.

Un amendement introduit au Sénat prévoit que les jours fériés chômés (25 décembre, 14 juillet…) dans une entreprise devront le rester.

La gauche s’apprête à saisir le Conseil constitutionnel contre ce texte jugé “scélérat”.

“Votre esprit revanchard ne se limite pas à supprimer les lois Aubry, mais autorise la semaine de 48 heures. Ce sont toutes les luttes sociales que vous faites voler en éclat, vous nous ramenez à 1919″, a dénoncé Martine Billard (Verts).

“Vous offrez un outil de dumping social aux employeurs”, a dénoncé Roland Muzeau (PCF). C’est un texte qui “marquera d’une pierre noire notre droit social”, a renchéri Alain Vidalies (PS).

A l’inverse, l’UMP a jugé mercredi que ce texte donne “la possibilité aux salariés de travailler plus pour gagner plus”.

AFP -(www.legrandjournal.com.mx)

1 Commentaire(s) pour cet article

  1. Par Yann

    Quel est-il ce droit social, le “je-veux-en-faire-le-moins-possible-et-qu’on-me-paye-le-plus-possible” ? Faut-il rappeler que la France est un des pays où l’on travaille le moins au monde ? Peut-être que vient de là la fameuse baisse du pouvoir d’achat, entre autres problèmes dérivés de mauvaises décisions prises par la gauche en son temps.
    Vu de loin, on dirait que les choses commencent enfin à changer. Quelqu’un devait se taper le sale boulot… Tant mieux que l’actuel gouvernement l’ait compris et soit passé à l’action.

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Edito

La planète finance a le regard tourné vers Washington. Les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (G7) se rencontrent ce vendredi pour parler de la crise qui ébranle le système financier international et, surtout, des moyens pour restaurer la confiance. Par la suite, une réunion est prévue avec leurs homologues de grands pays émergents qui craignent une contagion. Les débats se prolongeront samedi lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), garant de la stabilité financière mondiale. Le secrétaire d'Etat Henry Paulson, veut renforcer l'effort collectif face à la crise. C'est lui qui a souhaité la rencontre élargie entre pays industrialisés et pays émergents. Henry Paulson a toutefois déjà mis en garde contre toute attente démesurée de la réunion du G7. «Les pays sont différents, les systèmes financiers sont différents et les besoins et les politiques sont différents», a-t-il déclaré mercredi soir. Son pessimisme se comprend. Le plan Paulson de 700 milliards de dollars a été salué en Europe, mais aucun pays n'a pris des mesures fortes pour endiguer la crise. En réalité, les pays se déchirent même à l'intérieur de l'Union européenne. Il n'empêche que le G7 pourrait annoncer des mesures visant à stabiliser le taux de change du dollar. Sa volatilité est en effet l'une des raisons qui ont affaibli l'économie américaine. Signe avant-coureur, le cours de l'or a baissé ces dernières heures dans l'attente que le billet vert reprenne son rôle de valeur refuge. Mais avec leurs poids politiques et économiques, les ministres des Finances du G7 pourraient donner une impulsion pour que le FMI assume de nouvelles responsabilités. A cet effet, son directeur le français Dominique Strauss-Kahn n'arrête pas de revendiquer de nouveaux pouvoirs pour intervenir lorsque le système financier est en crise. «Notre point de vue est que la situation est très grave et nous pouvons résoudre les problèmes si nous agissons vite, énergiquement et de façon concertée», a-t-il déclaré jeudi. Pas plus tard que ce mardi, Robert Zeollick, président de la Banque mondiale (BM), a appelé à la fondation d'un nouveau multilatéralisme, avec une profonde réforme des institutions comme le G7, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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