Les banquiers tentent de désamorcer la polémique sur les bonus

Publié le 07/08/2009 par " Le Grand Journal "

OFRTP-FRANCE-BANQUE-BONUS-20090807PARIS – Les banquiers français s’efforcent de désamorcer la polémique née de la confirmation par BNP Paribas d’une provision de près d’un milliard d’euros pour les bonus de fin d’année des salariés de ses activités de banque de financement et d’investissement.

“Il y a beaucoup de malentendus”, a déclaré Ariane Obolensky, la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), à la radio France Inter. “Pour l’instant, il s’agit de provisions dans des comptes. Il n’y a aucune décision de versement de bonus en cours d’année.”

Ariane Obolensky s’est surtout attachée à expliquer que les bonus ne se limitaient pas aux seuls traders opérant sur les marchés financiers internationaux, mais qu’ils concernaient l’ensemble des salariés travaillant dans la banque de financement et d’investissement.

“Ces fameux bonus sont en fait des rémunérations variables que reçoivent les professionnels de la banque de financement et d’investissement. Ce ne sont pas seulement les fameux traders qui hantent un petit peu les esprits maintenant”, a tenu à souligner la directrice générale de la FBF.

“Ce sont également des gens qui aident à faire des financements pour les avions, à faire des augmentations de capital pour les entreprises, à permettre aux entreprises de se financer sur le marché obligataires. Et tous ces gens-là ont une part de leur rémunération qui est variable”, a-t-elle ajouté.

A l’origine de la polémique, BNP Paribas s’est aussi fendu vendredi d’une note explicative à l’attention des journalistes sur les métiers de la banque de financement et d’investissement (BFI), qui vont du financement des entreprises au conseil en opération financières en passant par les activités de marché.

“Cette activité (la BFI, ndlr) telle qu’elle est pratiquée par les banques françaises est non seulement utile mais indispensable au financement de l’économie réelle, des entreprises et des exportations”, écrit le service presse de la banque dans un courriel.

“RISQUE DE DÉLOCALISATION DE LA MATIÈRE GRISE”

Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, a de son côté expliqué que sa banque avait maintenu en France une grande partie des effectifs de sa BFI.

“C’est une source importante d’emplois directs et indirects. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui sont en jeu, que nous avons réussi pour l’instant à localiser pour une grande part en France”, a-t-il déclaré à la presse à l’issue de la réunion des banquiers à Matignon.

D’autres professionnels de la finance dénoncent la diabolisation des traders.

“Il est frappant de voir comment il est possible de dénigrer une profession sans savoir même ce qu’elle représente”, fait remarquer Marc Touati, directeur général délégué de Global Equities dans une note hebdomadaire d’études économiques dont le titre est “Bonus: Attention à la désinformation !”.

“Nombreux parmi ceux qui vilipendent les traders ne savent même pas en quoi consiste leur métier”, poursuit-il.

“On est en train de faire un procès, comme on aime bien en France, sur les banques”, a commenté pour sa part Jean-Marie Gianno, administrateur salarié de BNP Paribas et par ailleurs membre du syndicat CFDT, lors d’un entretien téléphonique avec Reuters.

“Je peux concevoir que des rémunérations élevées puissent choquer. Sauf que si ça doit choquer, il faut que ça choque partout et donc fixer des limites sur les bonus des traders au plan mondial, et pas seulement pour certains en Europe. Sinon il y aura un risque réel de délocalisation de la matière grise”, a -t-il ajouté.

L’administrateur salarié de BNP Paribas rappelle à cette occasion que la banque d’affaires américaine Goldman Sachs a provisionné près de 11 milliards de dollars depuis le début de l’année pour les bonus de ses salariés.

L’Express.fr

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