Sarkozy obtient plus des banques, veut que le G20 suive
Publié le 25/08/2009 par " Le Grand Journal "
PARIS – Nicolas Sarkozy a annoncé mardi que les banques françaises avaient accepté de mettre en oeuvre les règles les plus contraignantes à ce jour en matière de bonus et s’est engagé à pousser les pays du G20 à aller aussi loin.
Le chef de l’Etat a demandé en outre aux banques, qu’il recevait pour la septième fois en moins d’un an, de tout faire pour respecter leurs engagements en matière de financement de l’économie.
Il a souhaité notamment que leur production de crédits à l’habitat reparte à la hausse avant la fin de l’année et qu’elles accordent une attention particulière aux PME.
Rentré la veille au soir de plus de trois semaines de vacances, le président de la République a voulu s’emparer immédiatement d’un sujet, les bonus des opérateurs de marché, dans lequel il voit “une question de morale” après la crise financière mondiale qui a obligé nombre de gouvernements à voler à la rescousse de grandes banques.
“J’ai été scandalisé de voir les leçons de la crise si vite oubliées par certains alors que la page de la crise n’est pas tournée, même s’il y a eu de bonnes nouvelles”, a-t-il dit devant la presse à l’issue de la réunion.
En conséquence, il a exprimé la volonté que la place financière de Paris soit “irréprochable” sur la question et demandé aux banques françaises, qui les ont acceptées, de mettre en oeuvre de nouvelles règles allant au-delà du code de bonne conduite qu’elles avaient adopté début 2009 et qui se situait déjà au meilleur niveau des pratiques internationales.
Parmi celles-ci, figurent l’étalement dans le temps des bonus des traders à hauteur d’au moins 50% sur trois ans et la création d’un système de “malus” qui revient à l’annulation du versement de ces bonus différés si leur banque enregistre entre-temps des pertes dans ses activités de marché.
Comme dans l’administration Obama aux Etats-Unis, est créé en outre un poste de “tsar” des rémunérations des traders dans les banques bénéficiant d’une aide publique.
Le poste revient à Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international, qui sera chargé de contrôler les grilles de rémunération des opérateurs de marché et de valider les 100 plus élevées dans chaque banque.
SANCTIONS PLUS SÉVÈRES
“Aucun Etat n’a adopté des règles aussi précises et aussi contraignantes”, s’est félicité le chef de l’Etat, en annonçant qu’elles se traduisaient par une division par deux, à 500 millions d’euros, des bonus prévus par BNP Paribas.
La première banque française avait suscité un tollé chez les syndicats et dans la classe politique en confirmant début août des informations de presse selon lesquelles elle avait mis en réserve dans ses comptes du premier semestre un milliard d’euros pour les rémunérations variables accordées en fin d’année aux 17.000 employés de sa banque de financement et d’investissement.
S’exprimant en tant que président de la Fédération bancaire française, le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, a souligné que les banques françaises avaient “pris l’engagement clair et vérifiable de se situer au meilleur niveau mondial de sécurité et d’éthique en matière de rémunération des salariés et des banques de financement et d’investissement”.
Concédant que, comme dans la lutte contre les paradis fiscaux, l’efficacité passait par une action internationale, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de porter la question au niveau du G20, qui se réunit fin septembre à Pittsburgh, aux Etats-Unis.
Il a estimé que tous les pays se devaient d’adopter des règles de transparence et de responsabilité du niveau de la France et souhaité que le G20 aille dans le sens d’une limitation globale des bonus bancaires.
Ceci pourrait passer, selon lui, par un plafonnement des bonus distribués à un pourcentage des revenus générés par les activités de marché d’une banque ou encore des taxes spécifiques sur ces bonus.
Le président français a encore estimé que les pays du G20 devaient s’engager sur des sanctions plus sévères contre les banques récalcitrantes. Il a proposé ainsi que, comme la France a décidé de le faire immédiatement, les Etats ne leur accordent plus le moindre mandat pour quelque opération.
“Il est naturellement indispensable que de telles bonnes pratiques soient appliquées dans tous les pays. C’est la condition pour assurer la pérennité du dispositif exigeant auquel nous nous soumettons aujourd’hui, c’est la condition pour réduire les risques de nouveaux excès et d’une nouvelle crise”, a dit Baudouin Prot à sa sortie de l’Elysée.
L’Express.fr
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