Un G8 de bric et de broc
Publié le 09/07/2009 par " Le Grand Journal "
Les discussions entre les pays industrialisés du G8 et les pays émergents du G5, réunis jeudi 9 juillet à L’Aquila (Italie), devaient essentiellement tourner autour de la question climatique en vue de développer une croissance verte.
L’économie a repris le dessus.
Bien que les pays émergents l’aient rejeté hier, les huit pays les plus riches de la planète, réunis en sommet à L’Aquila, s’arc-boutent sur le projet utopique de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par rapport à 1990, et de 80 % ou plus celles des pays industrialisés, afin de limiter le réchauffement global à 2 °C. Une attitude jusqu’auboutiste qui tranche avec le refus du Forum des principales économies (MEF), qui associe le G8 et les grands pays émergents, de se fixer pareil objectif.
Si l’objectif de développer une croissance verte semble sur le papier emporter l’assentiment du plus grand nombre, les moyens pour y parvenir diffèrent d’un pays à l’autre. Le Brésil s’est engagé sur la voie des énergies renouvelables avec les agrocarburants tandis que la Chine (classée au premier rang des pays pollueurs depuis 2008) et l’Inde, quoique toujours dépendantes du charbon, développent leurs capacités en solaire et en éolien.
Selon le responsable brésilien des négociations climat, Luiz Alberto Figuereido Machado, « l’échéance de 2050 se révèle non crédible sans objectif intermédiaire en 2020 ».
Time is money
Prenant acte du léger mieux de la conjoncture tout en restant très prudents sur les chances d’une reprise durable, les membres du G5 (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud) et du G8 (Etats-Unis, Russie, Canada, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Japon) se sont engagés à « résister au protectionnisme » et à « encourager l’ouverture des marchés », et affirment aussi vouloir conclure en 2010 les négociations de Doha sur la libéralisation du commerce mondial. Entamées en 2001, ces négociations, qui doivent lever des milliers de droits de douane et réduire les subventions à l’agriculture dans les pays riches, sont bloquées depuis des années par des affrontements Nord-Sud sur les dossiers agricoles et industriels. Ces pays indiquent qu’ils se réuniront au niveau des ministres du Commerce avant le sommet de Pittsburgh du G20, les 24-25 septembre prochain aux Etats-Unis. Ils promettent également de mettre en commun leurs efforts afin de soutenir leur demande intérieure.
Pétrole contre nourriture ?
Sur la question du pétrole, les dirigeants du G8 et du G5 ont appelé les pays producteurs et consommateurs de pétrole à « améliorer la transparence et à renforcer leur dialogue » afin d’atténuer la volatilité des prix et ses impacts dévastateurs sur l’économie des pays développés et/ou émergents. Last but not least, l’aide aux pays pauvres, en particulier à l’Afrique, sera le thème principal du dernier jour du sommet alors que le G8 s’est engagé à respecter ses promesses de 2005 d’augmenter de plus de 26 milliards de dollars par an son aide à l’Afrique d’ici 2010, un chiffre réduit depuis à environ 22 milliards. Les versements étalés sur trois ans tendraient à financer les investissements dans la production agricole dans des pays du Sud, Le président du Fonds international pour le développement agricole (Fida), Kanayo Nwanze, a salué cette initiative qui constitue « un basculement de l’aide alimentaire, qui revient à donner un médicament à un enfant qui est déjà malade, vers une initiative destinée à aider les pays à mettre eux-mêmes en place les bonnes politiques afin de produire de la nourriture ».
France Soir.fr
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